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N° 3
MARS 2005
La France condamnée par sa propre justice.
La traque fiscale des frontaliers.
Les douaniers: ces hors-la-loi qui nous rançonnent.  
Une argumentation élaborée de longue date.
Ces ânes de Savoyards.
Les roquets du préfecticule
Les fruits sont mûrs.
Polynésie française
vers le changement?
Clémenceau
Sors voir les deux bateaux, que je les compte!
Constitution européenne:
quatre peuples ont déjà dit oui.
Pays Basque:
nouvelle étape vers l'émancipation.
Sortir du nucléaire?
Débat entre Patrice Abeille et Bertrand Lefebvre.
Montagne
Souvenir de 1953.
Savoisien
Petit, méfie-toi des Français
Université de Savoie
Comment on se forme à l'Université de Savoie.
France
Magie républicaine.
Islam
Islam et Europe
La mosquée de Cordoue
La quatrième croisade.
Le "musée de Sainte-Sophie"
Islam et Islamisme politique.
Le Canada va-t-il devenir un État islamique?
Environnement
Les riches heures du projet REACH.
Chimie shame...
Michel FONTAINE
Libérer sa voie
Ha bon! vous ne le saviez pas...
Quand le Droit fut courbé contre la Ligue savoisienne.
Qui a assassiné Joseph Fontanet?
Le lobby turc de Jacques Chirak.
L'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.
Sorties et rendez-vous
Permanence de Chambéry.
Découvrez la Slovénie avec la Ligue savoisienne.
Invitation chablaisienne.
Fête de la Savoie
Fête de la Savoie: une cuvée 2005
Allocution de Patrice ABEILLE
 
 
La France condamnée par sa propre justice.
Jean de Pingon.
Le 3 février dernier la Tribune de Genève titrait à la Une: "Les contrôles à la douane sont illégaux". En sous-titre on pouvait lire: "Les gabelous français ne peuvent plus opérer de contrôle douanier à l'intérieur de la zone franche, estime le tribunal de Saint-Julien. Même la TVA ne peut y être réclamée. Mais ce jugement, lourd de conséquences, est contesté."
Que s'est-il donc passé?
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À ces points
de passage
autour de Genève,
la présence des
douaniers français
est illégale.
 

La traque fiscale des frontaliers.
 
Comme le foncier est hors de prix à Genève, de nombreux Genevois choisissent d'acquérir une résidence secondaire ou principale en Haute-Savoie. Depuis l'annexion plusieurs préfets se sont plu à dénoncer à leurs supérieurs l'annexion rampante à laquelle se livrent les Genevois, qui, petit à petit, achètent les sols de France pour y planter le drapeau suisse. Rendons ici hommage à ces fonctionnaires qui savent si bien dénoncer l'étranger qui menace l'intégrité territoriale. Durant la dernière guerre mondiale ils ont fait leurs preuves dans ce domaine. Aujourd'hui, avec tout autant de zèle, ils font la chasse aux Suisses. Une chose importe en cette affaire: sauvegarder les apparences! Que ces Suisses payent la TVA sur leurs voitures, ainsi ils seront munis de plaques françaises et ne se remarqueront plus dans le cortège des frontaliers qui passent chaque jour la frontière. À cette fin les douaniers français, dont l'intelligence n'égale que l'honnêteté, se transforment en fins limiers: ils pistent discrètement les Suisses qui passent la frontière plus que de raison, localisent leur résidence en Savoie, puis les arrêtent un jour à la frontière. L'infâme délinquant genevois est alors démasqué, on sait tout de lui, on connaît son adresse, il n'a d'autre solution que se montrer docile et coopérer en payant une amende pour sa faute et la TVA sur sa voiture: son véhicule deviendra alors une voiture française, munie de plaques estampillées d'un "F". C'est alors la Rédemption pour l'indigne étranger qui pourra continuer à vivre en terre française puisqu'il aura au cul la marque française. La morale sera sauve et les héroïques douaniers toucheront une substantielle part sur la dîme payée par l'indigne étranger.

Les douaniers: ces hors-la-loi qui nous rançonnent.
 
Tout aurait pu continuer ainsi si une Genevoise, propriétaire d'une résidence dans la zone franche, n'avait été un jour arrêtée par les douaniers français. Après CINQ HEURES d'interrogatoire ("retenue douanière", procédure équivalant à une garde à vue mais pour laquelle la présence d'un avocat "n'est pas obligatoire"!) la malheureuse avoua tout ce que les douaniers lui demandèrent d'avouer et fut autorisée à rentrer en terre helvétique après signature d'un procès-verbal qui valait condamnation (aux yeux des douaniers).
Habituellement ce genre d'affaire ne franchit jamais la barre des tribunaux. Le Suisse paye l'amende, la voiture devient française, et les choses rentrent dans l'ordre républicain. Ou bien, s'il recourt aux service d'un avocat bien instruit du droit international, la douane française classe l'affaire et ferme les yeux.
Mais depuis 2002, la parenthèse des cohabitations étant refermée, l'ordre naturel est revenu en France, c'est à dire la justice inféodée au pouvoir politique. Est-ce pour cela que la direction des douanes a estimé qu'elle pouvait transmettre cette affaire à un tribunal sans courir le risque de se faire condamner? Voulait-elle faire un exemple? Toujours est-il que cette affaire fut portée en justice à l'instigation des douanes.
Ici nous manquons de mots pour remercier l'obscur bureaucrate des douanes qui a décidé de porter cette affaire en justice. Je tiens également à saluer le directeur régional des Douanes du Léman, qui n'a pas dû oublier la lettre que je lui adressais le 4 janvier 1992. Dans cette lettre je lui expliquais en quoi il était un hors-la-loi. À présent c'est un tribunal français qui le notifie aux douaniers français, ces hors-la-loi qui nous rançonnent sur la frontière depuis des lustres!

Une argumentation élaborée de longue date.
 
C'est Me. Arnaud Bastid, avocat au Barreau de Bonneville, qui assista la Genevoise devant le Tribunal de Saint-Julien; il plaida la relaxe au nom du respect des traités internationaux qui établissent les petites zones franches autour de Genève.
Après sept semaines de réflexion Mme. Joëlle Beylard-Ozeroff, présidente du Tribunal, donna raison à Me Bastid: selon son jugement tout contrôle douanier en zone franche est prohibé et la TVA est assimilable à une taxe douanière en zone franche. Conclusion du jugement: "La verbalisation de la prévenue s'est ainsi faite en contradiction avec les dispositions internationales du traité de Turin de 1816 reprises par l'arrêt de la Cour de la Haye (7 juin 1932) directement applicable en droit français".
Rendons hommage à la présidente Beylard-Ozeroff dont l'avancement est à présent fortement compromis.
Ce dont il faut bien avoir conscience ici, c'est que c'est l'État français qui a été condamné au premier chef. C'est lui qui a passé, en catimini, des accords avec la Suisse pour installer ses douaniers sur la frontière au mépris des traités internationaux.
Les chiens de garde de la république française, installés dans leurs niches frontalières, ne mordent que très rarement, mais ils aboient pour effrayer Genevois et Savoyards qui doivent oublier leur passé commun et leurs siècles d'entente harmonieuse, et bien comprendre que la Savoie est désormais propriété française, et qu'on ne franchit pas les limites de cette propriété sans montrer patte blanche aux roquets qui la gardent.
L'argumentation développée par Me. Bastid est celle que j'ai élaborée de longue date, on la trouve dans mon ouvrage "Savoie Française, histoire d'un pays annexé" au chapitre intitulé " L'affaire de la Cour de justice de La Haye" (voir encadré). C'est celle de la Ligue savoisienne.

Ces ânes de Savoyards.
 
Le jugement prononcé par le Tribunal de Saint-Julien, en faisant triompher mon argumentation, éclaire d'un jour nouveau la question de Savoie.
Cependant le journaliste de la Tribune de Genève agrémente son commentaire d'un rappel historique; il nous apprend que "contrairement aux zones de 1815 et 1816 établies par décision internationale, celle de 1860 était une concession unilatérale accordée aux Savoyards. Paris put donc supprimer cette dernière en 1919 à l'occasion du traité de Versailles". Le journaliste titre ainsi sa réflexion: "Carotte pour les Savoyards".
En d'autres termes: les Savoyards sont des ânes qu'on a fait avancer vers la France avec une carotte nommée grande zone franche, ou zone d'annexion; une fois les Savoyards devenus français, la France pouvait retirer la carotte en supprimant la grande zone franche; quant aux ânes de Savoyards, ils n'ont rien à dire aujourd'hui!
Cette thèse est celle de Paul Guichonnet. Elle est indéfendable.
En premier lieu parce que le traité d'annexion est un traité international.
En second lieu parce qu'un peuple était contractant de ce traité, ce qui lui donne bien plus de valeur que les traités de 1815 et 1816.
C'est l'article premier du traité du 24 mars qui stipule que cette annexion sera effectuée "sans nulle contrainte de la volonté des populations", c'est pour cela que les Savoisiens ont été appelés à voter; au préalable leur souverain les avait déliés de leurs liens d'allégeance envers lui, cela signifie qu'ils se sont prononcés en hommes libres, seuls propriétaires de leur pays. La volonté des populations s'exprima par les bulletins "OUI ET ZONE" qui firent ainsi entrer l'extension de la zone franche, devenue zone d'annexion, dans le traité international du 24 mars 1860. Que le vote ait été truqué ne change rien à l'affaire, il ne faut pas confondre le fond et la forme.
Je suis toujours stupéfait de voir avec quelle aisance un journaliste peut écrire une chose et son contraire. Ainsi Michel Eggs, dans son commentaire du jugement de Saint-Julien, reprend mes thèses et mêmes mes mots (sans, bien sûr, me citer); il évoque "les sommes colossales" que représente la perception de la TVA en zone franche. Cette première partie illustre le triomphe de mes thèses et la défaite de celles de Paul Guichonnet, historien stipendié et décoré par la France. Mais dans la seconde partie de son papier M. Eggs vient nous expliquer que la grande zone franche était une concession unilatérale que la France était en droit de supprimer, thèse de Paul Guichonnet, Dieu ait son âme.
 
Que faut-il en conclure?

Les roquets du préfecticule.
 
Le 4 février, lendemain du jour où la Tribune de Genève fit paraître l'article sur le jugement du tribunal de Saint-Julien, se tenaient au casino de Genève les Assises Transfrontalières; il n'y était question que du jugement relatif aux zones franches. Certains prédisaient la naissance de l'équivalent d'une petite Union Européenne dans la région, d'autres rappelaient que ce n'est pas le Tribunal de Saint-Julien qui fait la jurisprudence, ou que ce n'est pas avec de vieux traités que l'on pourra régler la situation actuelle; enfin le préfet de région déclara: "Je vous confirme la bonne nouvelle, les douanes ne vont pas se retirer ce soir de la frontière".
Arrogance toute française, ce préfecticule qui n'avait rien à faire en ces lieux —il n'est pas élu, ce n'est pas un acteur économique, il n'a aucun lien culturel avec cette région, ce n'est qu'un godillot nommé par Paris pour espionner sur la frontière— venait pérorer à Genève et faire le bravache en lançant qu'il maintenait ses roquets dans leurs niches frontalières!
Qu'il les laisse, et qu'il les attache bien dans leurs guérites, les Savoisiens savent désormais qu'ils ne sont là que pour garder les moutons...
Le jugement de Saint-Julien sera cassé par la Cour d'Appel de Chambéry, qui répondra aux ordres de Paris? É capoué? Cela importe peu, si la courageuse Genevoise est déterminée elle ira jusqu'au bout, jusqu'à une cour internationale qui ne pourra que lui donner raison, alors on verra si les petits roquets du préfet Lacroix ne désertent pas la frontière!
Si tel ne devait pas être le cas et si cette affaire devait se terminer avant que d'aboutir, il faudra que la Ligue Savoisienne multiplie les affaires de ce genre sur la frontière afin de faire triompher le droit... Et si un citoyen suisse portait l'affaire devant un tribunal helvétique?
 
Les fruits sont mûrs.
 
Mais qu'on ne s'y trompe pas: notre but n'est pas de chasser les douaniers français de la frontière. Notre but est de chasser les institutions françaises hors de Savoie, de virer dehors la puissance annexante et tout ce qui symbolise cette francitude que nous exécrons. Cela serait arrivé depuis longtemps si la France, en sus de la zone franche, n'avait supprimé la zone neutre, et envoyé les Savoisiens au cimetière de Verdun, mais ce n'était que partie remise.
Ce n'est certes pas un tribunal qui délivrera la Savoie, le jugement de Saint-Julien n'a qu'un mérite: montrer aux indécis que mes thèses, fondées sur le droit international, peuvent être reconnues même par un tribunal français, cela ne va pas plus loin.
La Savoie ne peut renaître que d'un vaste mouvement populaire, pour l'heure elle est en train de crever, nos entreprises ont beau être novatrices et dynamiques, elles n'en demeurent pas moins dans le système français et sont de plus en plus victimes des délocalisations pour échapper à ce système. Un vaste mouvement populaire? Il ne faut pas attendre que la Savoie soit un champ de ruines pour le faire naître, à présent les Savoisiens ne manquent pas d'arguments pour faire avancer leurs idées. Les Savoyards n'ont plus qu'un choix: crever avec la France ou faire renaître la Savoie qui sera un État démocratique, prospère, pacifique et européen.
La France n'a d'autre légitimité en Savoie qu'un "vieux traité" de 1860 qui est caduc à plus d'un titre, le dernier étant constitué par sa notification irrégulière en 1947.
Les fruits sont mûrs dans les vergers de mon pays.
JdP.
 
Cordon fiscal ou contrôle douanier?
 
(...) N'oublions pas, n'oublions surtout pas, que les gouvernements suisse et français étaient d'accord dès le début de l'affaire pour supprimer toutes les zones et que c'est une votation populaire qui les contraignit à se retrouver devant la Cour de Justice de La Haye! Ne nous étonnons donc pas de constater qu'au lendemain même de la décision de ce tribunal les gouvernements préparaient déjà l'abus de droit afin de revenir aux termes du marché passé en 1919 sur le dos des Savoisiens: "...donnant-donnant; maintien et garantie de la neutralité suisse contre neutralisation et franchises zonières de la Savoie..."
Cet abus de droit avait pourtant été prévu à la page 167 de l'arrêt du 7 Juin 1932:
 
"Une réserve doit être faite pour le cas d'abus de droit car il est certain que la France ne peut échapper à l'obligation de maintenir les zones, en créant, sous le nom de cordon de surveillance, un cordon douanier. Mais la Cour ne saurait présumer l'abus de droit."
 
Arrangement ou abus de droit?
 
La Cour avait fort bien présumé! La France réalisera cet abus de droit, cela se fera progressivement et la supercherie passera quasiment inaperçue bien que faisant l'objet d'actes officiels entre les gouvernements suisse et français. Ces actes sont autant de violations du droit international. (...)
Arrangement ou abus de droit? Le cas de la douane de Bardonnex a valeur d'exemple en cette affaire: il y a de cela quelques années la douane française demeurait encore aux emplacements que lui avait assignés la cour de justice internationale, bien en retrait de la frontière politique, aux limites de la petite zone franche de 1815. On avait alors l'impression de franchir deux douanes pour se rendre en Suisse. Ainsi, en venant d'Annecy, une première douane était-elle installée au Châble, puis une seconde à Saint-Julien. En réalité il n'y avait qu'une douane: au Châble où des agents des douanes étaient habilités à percevoir des taxes douanières. La "douane" de Saint-Julien n'en était pas une, il n'y avait là que des policiers, seulement habilités à effectuer des contrôles de police, et des agents des contributions indirectes cantonnés dans des bâtiments dont l'enseigne n'était pas "Douane" mais "Bureau Fiscal". Ces agents n'étaient absolument pas habilités à effectuer des contrôles douaniers; ils n'étaient là que pour habituer la population frontalière à une présence d'apparence douanière à la frontière afin de préparer l'abus de droit.
Cet accord franco-suisse qui transféra la douane du Châble à Bardonnex s'appelle un "Arrangement"; cette appellation est assez parlante. Ces arrangements entre deux pays ont certes une valeur légale en tant qu'accords bilatéraux, ... mais peut-on ainsi s'arranger avec le droit international? (...)
Ainsi les douaniers qui officient aujourd'hui sur la frontière politique le font-ils au mépris du droit, dans la plus totale illégalité.
Et ce n'est pas seulement le droit international qui est bafoué; c'est également le droit national: c'est le parlement français qui décida, le 27 décembre 1933, par une loi, que "les territoires situés entre la frontière et la ligne des douanes cesseraient à dater du 1er Janvier 1934 d'être assujettis au régime douanier français." Cette loi avait été promulguée suite à l'arrêt de la Cour de La Haye.
 
T.V.A ou taxe douanière?
 
Aujourd'hui les agents des douanes établis illégalement à la frontière ne manquent pas de cynisme et ils réclament la T.V.A en prétendant que ce n'est pas là une taxe douanière puisqu'elle est perçue sur tout le territoire français: mais la T.V.A, lorsqu'elle est perçue au franchissement de la frontière, devient une taxe douanière, il n'y a qu'un douanier pour oser soutenir le contraire! Une taxe imposée du fait de l'importation peut-elle être autre chose qu'une taxe douanière?
Les sommes perçues ainsi, en toute illégalité, sont colossales; pour exemple, durant la seule année 1994, les Douanes Générales du Léman ont perçu, au titre des droits et taxes, une somme équivalente aux chiffres d'affaires cumulés des deux premières entreprises de Haute-Savoie (Entremont et Évian). Avec deux cents employés les douanes du Léman ont payé, en une année, le coût faramineux des fameux essais nucléaires de 1995! À noter que, pour la douane, le chiffre d'affaire n'est pas éloigné du bénéfice, ce qui n'est pas le cas pour des sociétés qui produisent autre chose que paperasseries et tracasseries.
Et cela dure depuis plus d'un demi-siècle. Rappelons qu'en matière de taxes indûment perçues il est d'usage, en droit international, d'accorder à ceux qui ont été abusés des indemnités compensatoires. L'addition pourrait être très lourde!
Extrait du livre de Jean de Pingon, Savoie française, histoire d'un pays annexé, ed. Cabédita, 1996.
 
Sauvons les Douanes de Bastia!
 
Sous ce titre en gros caractères, c'est Arritti, l'hebdomadaire du Parti de la Nation Corse (PNC, autonomiste), qui nous alerte sur le dramatique manque de moyens de la douane maritime en Corse. Pour surveiller 1000 kilomètres de côtes, sur lesquelles les trafics en tout genre ne sont pas rares, elle ne dispose que de trois vedettes si vétustes qu'elles ne sortent que 8 jours par mois. Et la vedette de Bastia doit être réformée et son équipage de 15 agents déplacé.
La Savoie peut faire quelque chose: lorsque les Douanes françaises seront contraintes de respecter la zone de 1816, elles pourront y prélever des fonctionnaires et les envoyer en Corse. L'administration dispose même d'une vedette douanière sur le Léman, alors que le droit international interdit les contrôles douaniers sur le lac!
 
 
Polynésie française: vers le changement?
Une élection territoriale partielle a eu lieu le 13 février dans la circonscription la plus peuplée de la Polynésie française, comportant 13 communes de Tahiti et Mooréa. Le taux de participation est monté à presque 80%, ce qui démontre l'importance de l'enjeu politique. L'indépendantiste Oscar Temaru a largement remporté son pari: sa liste Union pour la démocratie (UPLD) a devancé de plus de 6000 voix celle de Gaston Flosse, l'ami de Jacques Chirac qui a présidé le gouvernement du territoire pendant 20 ans. Pour mémoire, l'écart n'était que de 397 voix lors de l'élection générale du 23 mai 2004, partiellement annulée par le Conseil d'État.
Pourtant des candidats autonomistes, alliés à Oscar Temaru au printemps, faisaient cette fois liste à part sous la bannière de l'ADN (Alliance pour une Démocratie Nouvelle) soutenue par l'UDF française, au risque de casser la dynamique du changement incarnée par Temaru. L'ADN n'a obtenu que 10% des suffrages, l'UPLD rafle donc la prime majoritaire et obtient 25 sièges à l'assemblée du "pays d'outre-mer".
Toutefois la situation politique n'est pas clarifiée, à cause du maintien en place des élus de mai 2004 dans les autres îles. Les deux courants principaux se retrouvent à l'égalité parfaite à l'assemblée avec 27 députés chacun. Le Conseil d'État, en refusant d'organiser de nouvelles élections générales, a voulu sauver Gaston Flosse à tout prix mais sa décision bancale provoque une confusion supplémentaire.
Le lendemain de l'élection partielle, une élue de l'ADN décidait de se rallier au rassemblement dirigé par M. Temaru, lui donnant une voix de majorité avec 28 députés. Dès le 18 février, une motion de censure a recueilli 30 voix, soit la majorité absolue (les 28 de l'UPLD et les deux restantes de l'ADN). Gaston Flosse n'est donc plus président de la Polynésie française, pour la deuxième fois (M. Temaru avait été élu en juin 2004, puis renversé en octobre suite à la défection d'un député de son groupe). L'élection du nouveau président devrait avoir lieu le 28 février: le suspense aura probablement pris fin lorsque vous aurez entre les mains l'édition de mars du Savoisien (le n°3), mais alors que nous mettons sous presse rien n'est encore joué.
Oscar Temaru, qui s'oppose depuis 30 ans à Gaston Flosse, a pris soin de ne pas proposer une indépendance immédiate de l'archipel, qui demeure très dépendant des financements de métropole. Il veut d'abord assainir la gestion du territoire, rompre avec le clientélisme et les pratiques douteuses du système Flosse. Mais son programme à plus long terme demeure l'indépendance, ou plutôt la souveraineté dans l'interdépendance (le statut de tous les États souverains du monde, dont aucun ne vit en autarcie). Oscar Temaru, c'est bien connu, est indépendantiste, ce qui ne l'empêche pas d'être maintenant à la tête du parti le plus représentatif de Polynésie française. Voilà qui donne à réfléchir en Savoie, où règne le "paradoxe savoisien" exposé l'année dernière par L'Écho de Savoie...

Billet.
Sors voir les deux bateaux, que je les compte!
Sacré Jeanne d’Arc, 45 ans pas une ride (nous parlons du navire porte-hélicoptères...), encore une bonne année et normalement la retraite! Néanmoins comme l’âge de la retraite est passé, elle est repoussée, elle risque d’attendre 2010. Et le petit dernier, tout jeune qu’il est (il est né en 2001) il a bien eu des petits problèmes, trop lourd à cause du plomb qu’il a fallu rajouter autour des réacteurs, en plus il était myope, les verres protecteurs de la passerelle capables de résister aux obus magnétiques déformaient la vision du pont. Du fait qu’il n’avait encore pas menti son pont était trop court. Enfin il prend la mer: au cours d’essais dans les Caraïbes, à pleine puissance il casse une pale d’une de ses deux hélices. Le bateau faisait des sauts d’un mètre! Depuis ils lui ont remis les hélices de son oncle le Clemenceau, maintenant il traîne un peu la patte, mais il doit en recevoir des toutes neuves en 2006. Pour l’instant il est en convalescence à coté de Toulon en Méditerranée. Vaudrait-il mieux le faire fonctionner à l’eau bénite plutôt qu’à l’eau lourde?
Le Charles De Gaulle (vous l'avez reconnu) a coûté 3 milliards d'euros selon le Canard enchaîné. Avez-vous remarqué que depuis le tsunami qui a ravagé une partie des côtes asiatiques, aucun journaliste n'a osé demander où se trouvait le porte-avions français et à quoi il pouvait bien servir?
Gilles Rosset.

Constitution européenne: quatre peuples ont déjà dit oui.
Après la Lituanie en novembre et la Hongrie en décembre, la petite Slovénie (2 millions d'habitants dans l'est alpin, à peine deux fois la taille de la Savoie) est devenue le premier février 2005 le troisième État à ratifier le traité établissant une Constitution pour l'Europe. La Slovénie a choisi la voie parlementaire. Un référendum paraissait inutile au gouvernement et à presque tous les partis politiques, ayant à l'esprit que les Slovènes avaient approuvé l'adhésion de leur pays à l'UE, en mars 2003, à l'écrasante majorité de 90%. Sur la Constitution, un sondage indiquait en janvier que seulement 10% des personnes interrogées se prononçaient contre, les autres se partageant entre partisans du "oui" (54%) et indifférents (36%). Visiblement ce qui compte pour les Slovènes, c'est d'être dans l'Union européenne et que cette Union fonctionne.
Il est significatif de remarquer que les trois États qui ont ratifié la Constitution en premier sont des États de dimensions modestes, où l'on ne se passionne pas pour un texte juridique mais où l'on a la très forte intuition qu'il y a tout à gagner et rien à perdre dans la nouvelle organisation européenne. Cette constatation avait pesé lourd dans le vote des Savoisiens lors de leur Neuvième Congrès: à 81% ils avaient voté "oui" à la ratification.
Le 20 février c'est l'Espagne qui a accepté la Constitution européenne: ses électeurs ont été consultés par référendum, le premier d'une série qui sera longue. Le "oui" l'a emporté facilement en représentant presque 77% des suffrages exprimés, contre 17% de "non" et 6% de bulletins blancs.
Trois communautés autonomes se signalent par un taux élevé de bulletins "non": Euzkadi (34%, et même 41% dans la province de Gipuzkoa), Navarre (29%) et la Catalogne (28%). Là, les nationalistes et indépendantistes ont voulu marquer leur différence avec l'opinion espagnole.
La participation au scrutin, avec seulement 42% de votants, a été la plus basse jamais observée depuis la restauration de la démocratie en Espagne en 1977. Il est vrai que dans un pays aussi europhile que l'Espagne, qui s'est épanouie de façon spectaculaire depuis son adhésion à l'Union européenne, le résultat du référendum était joué d'avance. Mais on verra aussi dans cette abstention record un signe inquiétant du désintérêt des peuples européens pour des institutions qui conditionnent bien des aspects de la vie quotidienne mais qu'ils ont beaucoup de mal à comprendre. L'abstention, dans la plupart des États, avait déjà été la grande gagnante de l'élection du Parlement européen. La Constitution, qui doit simplifier le fonctionnement de l'UE, arrivera bien tard, si seulement elle arrive, pour regagner de la crédibilité.
Le référendum français (probablement en juin prochain) se profile à haut risque. Les Français, nostalgiques de la puissance passée de leur pays, sont encore plus hermétiques que les autres peuples aux affaires européennes. Il faudrait peut-être leur conseiller de voter "oui" pour une seule raison, jamais évoquée: contrairement au traité de Nice actuellement en vigueur, le projet de Constitution permet à un État de quitter l'Union européenne...

 

 
Pays Basque: nouvelle étape vers l'émancipation.
Le calendrier accélère encore pour le plan Ibarretxe (du nom du président du gouvernement de la communauté autonome d'Euzkadi, qui propose aux Basques du sud un nouveau statut de souveraineté en association avec le royaume d'Espagne.
Le Parlement espagnol (les Cortès) qui devait se prononcer en mars, a avancé son débat au premier février. Sans surprise, les députés espagnols ont repoussé la demande du Lehendakari (tel est le titre officiel du président Ibarretxe) à une majorité écrasante de 313 voix contre 29. Le Premier Ministre espagnol José-Luis Rodriguez Zapatero a toutefois ouvert officiellement la voie à la mise au point d'un nouveau statut d'autonomie.
Cette ouverture ne détourne pas Juan José Ibarretxe de son projet plus ambitieux que l'autonomie: la souveraineté-association (une formule qui rappelle le statut avancé par le Parti Québecois, qui fut rejeté de justesse par référendum il y a moins de dix ans). Pour clarifier la situation, il a avancé d'un mois l'élection du Parlement basque, qui sera renouvelé le 17 avril prochain. Si une majorité se dessine autour du PNV (Parti Nationaliste Basque), la voie sera libre pour une consultation des électeurs de la communauté d'Euzkadi par référendum. L'émancipation des peuples d'Europe n'est pas une abstraction: les choses bougent, il n'y a qu'en France que l'on n'en parle pas!
 
 
Sortir du nucléaire?
 
Débat entre Patrice Abeille et Bertrand Lefebvre.
 
Sur les thèmes de l'électricité nucléaire, de l'énergie en général, des gaz à effet de serre (fortement suspectés d'accélérer le réchauffement de la planète), des relations entre engagement écologique et engagement savoisien, nous vous livrons les principaux éléments d'un débat interne au Savoisien et à la Ligue savoisienne. Ce débat a commencé lorsque Bertrand Lefebvre a suggéré de soutenir dans Le Savoisien la campagne du réseau "Sortir du nucléaire" contre la construction par EDF d'une centrale d'un type nouveau dénommé EPR.
 
Bertrand Lefebvre (extrait du projet d'article):
Le réseau "Sortir du Nucléaire" continue inlassablement son travail d'information pour nous prouver que d'autres choix en matière de politique énergétique sont possibles. Cette fédération de près de 700 associations à ce jour vient de sortir une nouvelle édition de la brochure "Par ici la sortie... du nucléaire". Remise à jour, c'est une formidable somme de travail et surtout d'arguments qui devraient clouer le bec des derniers irréductibles, qui s'accrochent encore à des idées reçues (et entretenues) du genre: "oui mais l'énergie nucléaire ne contribue pas à l'effet de serre, oui mais l'énergie nucléaire nous garantit une indépendance énergétique, oui mais si on arrête le nucléaire c'est le retour à la bougie", etc. Commandez cette brochure, lisez-la, parlez-en!
Le réseau nous offre aussi le plaisir de tester une forme de "résistance citoyenne" à l'encontre de l'État français et de l'un de ses "dinosaures publics exception française que tout le monde nous envie": EDF. En représailles à la décision du gouvernement de lancer la construction d'un premier "nouveau" réacteur EPR, le réseau propose une action de blocage administratif d'EDF. Il suffit de payer sa facture au moyen de plusieurs chèques dont le total correspond au montant exact; cela contraindra l'entreprise à les encaisser manuellement, et si beaucoup le font, cela conduira à une belle pagaille!
 
Patrice Abeille:
Concernant le réseau "sortir du nucléaire":
1. Je sais que certains des partis qui sont nos alliés au sein de l'ALE et en particulier de R&PS diffusent les appels de ce réseau. J'avais donc reçu déjà le document concernant EDF que tu m'as envoyé.
2. Toutefois je ne souhaite pas que la Ligue savoisienne s'associe à cette campagne, car nous avons la chance de ne pas avoir une seule centrale nucléaire en Savoie. La politique française nous fournit de nombreuses occasions de nous diviser, et je privilégie l'unité des Savoisiens autour des thèmes qui nous sont propres.
3. Je suis moi-même un anti-nucléaire de la première heure, puisque j'ai participé à la grande manifestation du Bugey, en juillet 1971, organisée par Pierre Fournier et l'équipe de Charlie-Hebdo. Je n'ai jamais accepté la prétention d'EDF à avoir toujours raison contre tous avec la puissance de l'État français.
4. Toutefois, au fil des années récentes, j'ai découvert la problématique du réchauffement climatique, lié probablement (ce n'est pas encore tout à fait certain) à l'augmentation des émissions de CO2.
5. Recherchant de la documentation autour de certains articles de Pascal Garnier, je suis tombé sur un site très intéressant, que je te recommande: www.manicore.com
Son auteur, l'ingénieur Jean-Marc Jancovici, donne des informations très pertinentes sur le réchauffement climatique, l'épuisement des énergies fossiles, et tous les autres sujets relatifs à ces thèmes. Il considère que l'humanité ne peut pas se passer d'énergie nucléaire aujourd'hui, sauf à remettre en cause son mode de vie de manière dramatique. Il relève en particulier que les anti-nucléaires ne proposent pas un plan concret de repli sur les énergies renouvelables.
Je n'ai pas consacré tout mon temps à ce sujet, mais je te suggère de passer deux ou trois heures à lire les textes de Jean-Marc Jancovici, et puis nous en reparlerons.
Ces questions sont assez complexes, il serait dommage de donner une orientation avant d'avoir une bonne connaissance du dossier. Pour la Savoie, le problème est assez simple, puisque la Savoie est excédentaire en électricité avec son hydroélectricité sans nucléaire (il faut quand même penser à se passer du pétrole et du gaz!) mais pour la France et l'Europe, j'avoue que le problème me dépasse par son ampleur.
Bertrand Lefebvre:
J’ai bien pris note de ta réserve quant à mon article en faveur du réseau "Sortir du nucléaire". Cela me pousse évidemment à te répondre!
Tout d’abord, même si comme tu le dis nous n’avons pas de centrales en Savoie, nous sommes concernés! Nous avons appris à nos dépens, "grâce" à Tchernobyl, que les nuages radio-actifs se fichaient pas mal des frontières. En cas d’accident nucléaire aux centrales du Bugey, ou d’autres parmi celles le long du Rhône, ou même à Superphénix, (bien qu’en voie de démantèlement), nous en subirions aussi les conséquences. Les centrales sont une part du problème, mais il y a aussi les transports de matières radio-actives, les sites de stockage, etc.
 
Je suis étonné de tes propos quand tu dis vouloir éviter de diviser les Savoisiens sur ces sujets oh combien passionnés. Mais il y a bien d’autres sujets "qui peuvent fâcher", et que la Ligue aborde sans complaisance! Dans Le Savoisien, Jean de Pingon parle de l’Islam sans langue de bois, ce sujet est trop souvent tabou en France, et c’est bien qu’à la Ligue on puisse en parler de cette manière! Jean de Pingon exprime ses idées personnelles, d’autres à une époque ont parlé de l’Islam en termes beaucoup plus nuancés, voire favorables. Je me rappelle que les articles de Thierry Mudry ont suscité pas mal de réactions dans L'Écho de Savoie. Pour revenir à ce qui nous occupe, libre à chaque Savoisien s’il le souhaite de réagir à mes arguments, à ceux du Réseau. Mais il me paraît indispensable de parler d’eux, pour essayer de contrer le rouleau compresseur de la propagande officielle. Il s’agit plus de susciter la curiosité, de pousser les gens à s’informer autrement.
Maintenant concernant le cœur du débat, à savoir peut-on se passer de l’électricité nucléaire, ou le nucléaire est-il le seul moyen pour éviter l’émission des gaz à effet de serre, je préfère à mon tour te renvoyer à la brochure du Réseau, que je te joins à mon courrier. Leurs arguments m’ont convaincu depuis longtemps, mais leur travail s’affine, et devient de plus en plus pertinent, d’après moi. Ils font notamment la différence entre l’énergie globale consommée en France, et la consommation d’électricité. Comme JM Jancovici. Le flou est entretenu, la propagande parle du nucléaire comme seule alternative aux gaz à effet de serre, alors que ce sont les transports qui en produisent le plus. Mais j’empiète sur leur travail, alors j’espère que toi aussi tu trouveras cette brochure claire, argumentée, réaliste, pertinente! Bonne lecture, j’espère que tu seras convaincu de leur faire une petite place dans nos colonnes.
 
Patrice Abeille:
Cette brochure ne m'a pas "convaincu", parce que je connaissais déjà ses arguments dont beaucoup me paraissent depuis longtemps fondés, et d'autres assez contestables (que j'évoque ci-après). Il ne s'agit pas de me convaincre en tant qu'individu, mais de savoir ce qu'il convient de faire de ces arguments à l'intérieur de la Ligue savoisienne et de notre journal.
Comme tu le constates, Le Savoisien ne craint pas de traiter des sujets qui passionnent et qui peuvent fâcher. Encore faut-il qu'ils concernent la Savoie. Certes le risque radioactif ne s'arrête pas aux frontières, mais le risque climatique non plus, lié à l'effet de serre et probablement aux émissions humaines de gaz issus de la consommation des combustibles fossiles. Or "Sortir du nucléaire" propose, pour une période transitoire (de plusieurs décennies tout de même) soit la construction de centrales au gaz, soit la remise en service massive de centrales au fioul et au charbon...
Dans très peu d'années, la privatisation inéluctable d'EDF permettra de vérifier l'affirmation de "SdN" (p.23): "les investisseurs privés américains (...) savent que sans aide publique le nucléaire n'est pas rentable". Mais "SdN" s'oppose (p.33) à la privatisation. Où est la cohérence? Dans un monopole public sans nucléaire, bien sûr, mais chacun sait qu'EDF est plus puissante que l'État, pourtant son propriétaire, et ne fera pas marche arrière.
Pour en revenir à notre Savoie, nous devons continuer à prendre position sur les sources d'énergie et leurs usages. Plusieurs fois nous avons condamné le projet de ligne à 400 000 volts de Montmélian à l'Italie par la Maurienne. Nous avons encore à travailler sur les transports, le chauffage, l'aménagement du territoire. Bien sûr nous devons citer "Sortir du Nucléaire" lorsque nous reprenons un de leurs arguments; mais pourquoi soutenir en bloc son engagement et lui signer un chèque en blanc?
Ces gens manifestent-il le moindre intérêt pour le projet savoisien? L'Écho de Savoie a publié de très nombreux articles d'inspiration écologiste, notamment sur les transports, l'incinération et le stockage des déchets, l'énergie. Des Savoisiens sont engagés aux côtés des écologistes et militent dans des associations locales. Quel écologiste a seulement fait l'effort de s'intéresser au statut de la Savoie?
Je refuse de servir la soupe de ceux qui trouvent notre cuisine malodorante. Nous n'avons pas besoin de ces gens-là pour défendre la Savoie contre les agressions qu'elle subit, pour construire une vie meilleure en Savoie. Nous sommes parfaitement capables de nous préoccuper de l'environnement sans eux. Nous avons besoin de tout le peuple savoisien dans sa diversité.
Bertrand Lefebvre:
Pour ma part, et pour résumer, je refuse de rentrer dans la logique simpliste imposée par la propagande officielle, à savoir: le nucléaire ou les gaz à effet de serre. C'est de la désinformation malhonnête. Je refuse d'avoir à choisir entre la peste et le choléra, car contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, le choix ne se résume pas à cela, heureusement!
Pour ce qui est des relations avec les écolos, il faut bien reconnaître qu'ils sont tous ou presque de gauche; que nous avons une étiquette de droite pour ne pas dire plus! Cela suffit largement à nous rendre suspects, infréquentables. C’est du pain béni pour nos adversaires, de quelque bord politique qu’ils soient. Mais qu'est-ce que la Ligue a pu faire pour mériter ça? Je le vérifie malheureusement trop souvent. Aussi ces gens sont-ils bien embarrassés de constater que nous pouvons nous aussi être soucieux de la protection de l'environnement, que nous aussi nous pouvons sincèrement oeuvrer pour un avenir meilleur sur une planète préservée... Si nous prenons position sur ces sujets, ce n'est toutefois pas pour s'attirer leur bonne grâce, c'est parce que c'est notre conviction. Peu importe leur réaction. C'est dommage, mais le politique au sens idéologique prend (presque) toujours le dessus chez eux. Leur méfiance à l'égard de tout ce qui est un tant soit peu différent d'eux est instinctive! La peur de se "compromettre", de se "dé-crédibiliser" avec des impolitiquement corrects est maladive! C'est du moins ce que je crois constater en public; mais quand on discute ensuite en plus petit comité, ce peut être très différent.
Il y a écolo et écolo! Il y a les socialo-communistes repeints en vert qui parlent plus des sans-papiers et du mariage homosexuel que de la nature, et il y a les vrais environnementalistes, qui ne devraient pas avoir d'étiquette politique! Il y a les extrémistes qui à force de parler de décroissance et de taper sur l'économie libre oublient qu'il faut de la prospérité pour apporter du bonheur et du "social" au peuple. Et il y a les réalistes qui argumentent raisonnablement, froidement... Je persiste à croire que les gens du Réseau en font partie. Tu vois moi aussi je traque la récup' politique dans ces assoc', j’y suis extrêmement attentif. Pourtant je me fais sûrement avoir quelquefois; mais quand des intérêts que j’estime supérieurs sont en jeu, je n’hésite pas! Comme toi avec JJ Queyranne du temps où tu étais au Conseil Régional.
 
Patrice Abeille:
Pour continuer brièvement:
Je ne t'ai pas dit que je ne suis pas convaincu par les arguments de "SdN", j'ai même écrit que beaucoup me paraissent depuis longtemps fondés. Mais je n'adhère pas à 100% et je t'ai donné deux exemples parmi d'autres.
Tout à fait d'accord pour refuser le choix "nucléaire ou gaz", qui fait un chantage pour la construction de l'EPR, car c'est dans les transports et le chauffage qu'il faut réduire les émissions. Cet EPR serait peut-être le prochain Superphénix, mais je crois qu'EDF de toute façon ne pourra pas se le payer...
D'accord à 100% avec tes analyses sur les écolos et les relations avec eux, qui évidemment ne sont pas faciles: c'est de la politique, pas de la tarte!
 
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Éoliennes: la France
est très loin derrière
le Danemark, l'Allemagne
et l'Espagne.

 

Superphénix (Creys-Malville,
tout près de la Savoie):
350 personnes travaillent
à la déconstruction, dont
la planification est prévue
pour 20 ans encore...

Souvenir de 1953.
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert les deux photos de montagne du premier numéro du Savoisien. On y voyait des membres du Club Alpin Savoisien au sommet de la Bérangère.
Je me suis souvenu que j'avais fait cette escalade en été 1953 à l'âge de 12 ans!
Sur la photo que j'ai retrouvée, on voit en arrière-plan le dôme de Miage et le Mont-Blanc. Je suis le 3e. en partant de la gauche.
Jean Jacquier, chancelier du Chablais.
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"Petit, méfie-toi des Français"!
par Guy Martin.
Le 28-12-1960, après 3 Noëls passés sous les drapeaux, ce jeune Savoisien de Tarentaise quitte Alger en "Caravelle" pour Marseille. Ce voyage en avion, il a pu se le payer avec sa solde de Brigadier-Chef ADL (Après la Durée Légale). L’air est léger, il est heureux, après 28 mois, enfin il a la quille! Quitter ce pays de misère pour celui des droits de l’homme? Oui, surtout pour son village de Savoie!
Marseille. Gare Saint-Charles, il prend le train destination Bourg Saint-Maurice. Il voyage avec un tarif militaire, lui donnant droit à une réduction de 75% (pour l’Algérie, l’aller était gratuit, le retour payant!). Il passera par Lyon: c’est plus simple, plus rapide, un seul changement et beaucoup moins d’attente que par Valence, Grenoble et Montmélian (3 changements et correspondances aléatoires).
Au cours du trajet, un contrôleur de la SNCF, tatillon, zélé et hargneux, n’admet pas qu’on fasse quelques kilomètres de plus (le billet avait été délivré via Grenoble), même si cela fait gagner du temps! Tout en maugréant, il calcule les km supplémentaires additionnés de l’amende. Tiens, tiens! Dans les grands discours emphatiques de De Gaulle ou de Mitterrand, le soldat était pourtant le "sauveur de la patrie", le "défenseur de la Démocratie et de la Liberté"! Il l’a entendu au transistor dans le bled. Pour le centième de ce qu'il a vécu là-bas, aujourd’hui au 21e. siècle il aurait droit à un "suivi psychologique"; en place, il est mis à l'amende, lui qui croyait avoir fait son devoir.
Son uniforme, son ordre de démobilisation et son billet ne laissent aucun doute sur sa provenance, comme sur sa destination. L’espace d’une seconde, il croit jeter cet homme en bas du train! Puis, cherchant une circonstance atténuante, il murmure: "je viens d’Algérie"... et il paye! Comment comprendre ce qui lui arrive? Il sort de la guerre d’Algérie et le voilà délinquant!
Après 2 ans en A.F.N., où amitié et solidarité n’étaient pas de vains mots; où leur jeunesse était sacrifiée au nom de la Liberté; où la mort faisait partie du quotidien; il débarque tout d’un coup dans un autre monde, fait de petites choses sans gloire, sans ambition, sans idéal! Un tout petit monde fonctionnarisé, mesuré, borné, tarifé, où se meuvent des nabots anesthésiés, formatés et irresponsables. Un tout petit monde triste, fade, sans relief, où le conformisme est élevé au rang de valeur suprême. Un tout petit monde à réintégrer, où dix kilomètres de train ont plus d’importance que les deux plus belles années de sa vie!
Ce jour-là, tout d’un coup, en perdant ses illusions, il redécouvre la France!
Pourquoi faut-il qu’à cet instant précis lui revienne cette recommandation de son arrière-grand-père: "Petit, rappelle-toi bien: il faut toujours se méfier des Français"?
Quelque chose s’entrouvre dans son esprit, remettant en cause son éducation, ses convictions, son appartenance! Cette porte ouverte ne se refermera plus!
C’était le 28-12-1960, le retour dans ce pays qu’il croyait sien lui a laissé un goût si amer qu’aujourd’hui encore il ne peut l’oublier!
 
Savoie du sud = 156 Soldats Savoyards tués en Algérie.
G.M.

Comment on se forme à l'Université de Savoie.
Début Décembre 2004, l’occasion m’a été donnée d’assister à une conférence-débat organisée par un groupe de 6 étudiants (Mlle. Retica, MM. Akasriou, Bene, Buet, Leang, Sanchez et Thierion) de 2e. année à L’IUT d’Annecy (Section Techniques de Commercialisation) sur la politique prix/produit des marques de véhicules de tourisme 4x4 de luxe.
Ce type de conférence-débat est une étape importante dans le cursus de ces étudiants. Cela les met en contact avec le monde professionnel et leur permet de montrer leurs capacités d’organisateurs, leur débrouillardise, leurs qualités d’animateurs à leurs professeurs (le Directeur de l’IUT d’Annecy M. Heidsieck était présent) qui les noteront à l’issue du débat.
Cette séance bien préparée était de bon niveau, donc intéressante. Deux professionnels invités (M. Pianet de la concession Volkswagen de Seynod et M. Schwam de la concession Porsche d'Annecy) ont fait de très bonnes interventions. Bien que le débat ait duré près d’une heure trente, nulle trace d’ennui, les questions ont été nombreuses de la part de l’assistance (étudiants, professeurs, journaliste). Les étudiants/animateurs ont su recentrer les questions posées dans le cadre du sujet du débat.
Les invités ont su illustrer avec gentillesse et compétence les données générales du marché du 4x4 en France présentés par les étudiants, grâce à des informations claires et sans langue de bois sur les deux meilleures 4x4 haut de gamme du moment, la TOUAREG de Volkswagen et la CAYENNE de Porsche, qui battent tous les records de vente en Savoie, mais aussi en Europe et aux USA.
Je profite aussi l’occasion pour dire quelques mots sur notre jeune Université de Savoie (naissance officielle en 1979). Elle compte aujourd’hui 12000 étudiants sur 2 sites (Annecy et Chambéry). L’IUT d’Annecy (un des plus importants de France) compte 1600 étudiants. Depuis Septembre 2003 notre université est une des premières universités européennes habilitées à délivrer les nouveaux diplômes européens (licence, master, doctorat). De plus en plus d’étudiants étrangers viennent étudier chez nous, dont un important contingent d’étudiants chinois. La plupart de ces étudiants étrangers, avant de venir, ne savent pratiquement rien sur la Savoie et sur sa longue histoire de pays libre avant l’annexion de 1860.
Justement parlons-en de cette annexion, qu’on continue à nous présenter comme une chance historique pour la Savoie. Qu’a fait le gouvernement français dans le domaine universitaire après l’annexion? Eh bien il a fermé toutes les écoles universitaires de Savoie qui enseignaient la théologie, le droit, la médecine, etc. à Chambéry, Annecy, Saint-Jean de Maurienne, Moutiers, Bonneville, Thonon. Les professeurs ont été mis à la retraite d’office avec interdiction d’enseigner. Nos jeunes ne pouvaient plus étudier au pays après le bac. S’ils voulaient poursuivre leurs études, ils devaient partir à Lyon ou plus loin. À travers cet exemple, on voit que la Savoie a perdu plus que son indépendance, sa liberté, en étant annexée frauduleusement par un État centralisateur.
Aujourd’hui encore cet État continue à nous garder sous tutelle. Notre Université de Savoie, qui a su renaître 120 ans après sa disparition forcée, est un exemple encourageant pour notre avenir de pays qui veut redevenir maître de son destin, dans le cadre de la nouvelle Europe qui se bâtit.
Bernard Fauvelais, ingénieur commercial.
 
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Professionnels et étudiants autour de
M. Heidsieck, Directeur de l'IUT d'Annecy.

Magie républicaine.
Voici comment un manuel scolaire expliquait aux écoliers, vers 1890, l'organisation administrative de la France.
 
I. Provinces et départements. — Autrefois la France était partagée en un certain nombre de provinces: Bourgogne, Champagne, Normandie, Dauphiné, Languedoc, etc.
Chacune de ces provinces avait été primitivement un petit peuple distinct qui, peu à peu, s'était fondu dans l'unité de la France. Après 1789, les distinctions de traditions et de mœurs qui séparaient encore les provinces disparurent, et il n'y eut plus sur toute l'étendue du territoire que des citoyens français. Le pays fut partagé en un certain nombre de parties à peu près égales, ni trop grandes, ni trop petites, qu'on appelle des départements, et qui sont chacun comme une petite France étroitement rattachée à la grande (...).
Ce que le manuel d'instruction civique ne dit pas, c'est comment "les distinctions de traditions et de mœurs" ont fait pour disparaître. Lorsque ce livre fut publié, la République était quasiment en guerre pour éradiquer les langues régionales (encore parlées par toute la population rurale), effacer la connaissance de l'histoire des provinces et embrigader toute la jeunesse par trois ans de service militaire décervelant.
Ce qu'il ne dit pas non plus, c'est comment "disparurent", après 1860, les " distinctions de traditions et de mœurs" de la Savoie. Mais on peut imaginer que la magie républicaine fut encore plus efficace chez nous qu'ailleurs...
(Maximes morales de l'écolier français, par J. Gérard, Recteur de l'Académie de Montpellier)
 
Islam et Europe.
Nous avons reçu le 22 janvier (après le bouclage de notre n°2) un e-mail d'une lectrice de Bretagne:
 
Bonjour,
Je me permets de réagir à la publication dans le n°1 du "Savoisien" de la photo de Ste Sophie à Istanbul car vous l'annotez de la manière suivante: "elle est aujourd'hui une mosquée". C'est faux. Si elle a été transformée en mosquée en 1453 elle ne l'est plus depuis 1934: c'est un musée, "Aya Sofya Müzesi" avec un droit d'entrée (je l'ai visité), contrairement à la Mosquée Bleue, à l'entrée gratuite. Donc ce ne saurait être un argument pour attaquer l'Islam comme vous le faites (et non l'islamisme politique, c'est à dire l'utilisation de l'Islam à des fins politiques).
Vous écrivez: "que reste-t-il de Byzance, la première capitale de la chrétienté?". Rappelez alors que Byzance (et en particulier Ste Sophie) a d'abord été pillée par les croisés de la 4e croisade en 1204 (en particulier par les Vénitiens) lui donnant, ainsi qu'à l'Empire byzantin, un coup fatal. Leur sac embellit aujourd'hui la basilique St Marc de Venise.
Enfin, dois-je vous rappeler que la très belle mosquée de Cordoue en Andalousie a été transformée en cathédrale en 1236 au moment de la Reconquista et défigurée en 1523: elle est toujours une cathédrale très chrétienne.
Alors disons qu'un peu de vérité historique et un peu de tolérance ne nuiraient pas au débat sur l'Europe et la Turquie.
Nicole Logeais, professeur d'Histoire,
membre de l'UDB (Union Démocratique Bretonne).
Ce courrier a incité Jean de Pingon à reprendre la discussion:

La mosquée de Cordoue.
"La mosquée de Cordoue en Andalousie a été transformée en cathédrale en 1236 au moment de la Reconquista..."
La Reconquista, avec un R majuscule, cela veut dire la reconquête! Sur ces terres les musulmans étaient des envahisseurs, ils ont brûlé les monastères, profanés des églises, les chrétiens qui résistaient furent réduits en esclavage, crucifiés ou empalés. Les pendaisons de Grenade, les décapitations de Tolède, de Barcelone, de Séville et de Zamora, les crucifixions de Cordoue sont bien le fait d'envahisseurs musulmans. On ne s'étonnera donc pas que les Espagnols, au lendemain de la Reconquista, n'aient pas désiré conserver une mosquée à Cordoue. Cela semble naturel. Pour Sainte-Sophie de Byzance la chose est différente puisqu'il ne s'agissait pas d'une reconquête, mais d'une conquête.
Mais en Europe les choses changent et les mentalités évoluent: ainsi l'année dernière, en Andalousie, furent inaugurés la grande mosquée de Grenade et son Centre islamique. La cérémonie fut ouverte par le fils du sultan de Sharjah, l'édifice fut financé par les pétrodollars des royaumes musulmans.
On ne peut pas dire que les pays musulmans aient évolué de même manière et fassent preuve aujourd'hui d'un esprit d'ouverture et de tolérance à l'égard des chrétiens. À ma connaissance on ne construit pas de cathédrales dans les pays musulmans, pas même dans la "laïque" Turquie, en revanche on continue à y détruire et profaner les monuments chrétiens.
Une partie du territoire de Chypre est occupée depuis 1974 par la Turquie. En 1973 il y avait sur ce territoire 82 églises chrétiennes, aujourd'hui il n'en reste aucune. Soixante-huit églises ont été transformées en mosquées, trois en casernes, deux en habitations, quatre en musées et cinq en écuries. Le patrimoine religieux a été pillé, les fresques, les icônes et les mosaïques vendues ou détruites, certaines chapelles transformées en toilettes publiques.
On voit ici qu'encore aujourd'hui les Turcs savent faire preuve d'ouverture d'esprit pour recycler les églises chrétiennes qui tombent sous leur domination.

 

La quatrième croisade.

  Les croisades (il y en eut huit, de 1096 à 1270) furent la première manifestation de l'éveil de l'Europe chrétienne: émergeant du chaos féodal, elle prenait conscience d'une nouvelle identité qui se cristallisait dans l'idée chrétienne.

Cette Europe était désireuse de reprendre à l'islam les terres qu'il avait conquises depuis le septième siècle, et surtout de contenir sa nouvelle poussée. Les Almoravides, venus du Maghreb, menaçaient Alphonse VI de Castille tandis que Byzance était harcelée par les Turcs Seldjoukides qui avaient conquis Jérusalem en 1078.
À l'initiative du pape Urbain II, Français et Espagnols combattirent côte à côte.
À Byzance l'empereur demandait l'aide du pape Urbain II, laissant entrevoir un possible rapprochement entre orthodoxes et catholiques.
Les croisades naquirent donc d'une réponse de l'Europe à la menace que faisaient planer sur son intégrité les envahisseurs musulmans.
Il est nécessaire d'établir que l'agression première était incontestablement le fait de l'islam car, avant d'être une série d'expéditions visant à récupérer le Saint Sépulcre, les croisades furent la riposte à quatre siècles d'invasion musulmane et à de nouvelles menaces de sa part.
Le 27 novembre 1095, au concile de Clermont, en Auvergne, le pape Urbain II lance la première croisade dont le but est la délivrance de Jérusalem. Comme toujours dans ce genre de conflit les excès des uns entraînent les excès des autres. Les opérations qui suivront seront, comme la plupart des faits guerriers, une défaite pour l'humanité.
La quatrième croisade, qui fut menée par de simples chevaliers, était dépendante de la flotte vénitienne pour son transport. Incapables de payer les 85.000 marcs d'or qu'exigeait Venise pour ce transport, les chevaliers acceptèrent de prendre Byzance en gage de paiement. Byzance n'était pas seulement la rivale commerciale de Venise, elle était aussi sa créancière.
C'est ainsi que, pour un prétexte commercial, les croisades, qui devaient réunir chrétiens d'Occident et d'Orient dans la lutte contre l'envahisseur musulman, ne firent que rendre irrémédiable le schisme de 1054 entre les deux églises.
Byzance ne se relèvera jamais de l'assaut des croisés. La Secunda Roma qui était peuplée de plus d'un million d'habitants à l'époque de Justinien en comptait à peine plus de cinquante mille lorsqu'elle tomba aux mains des Turcs en 1453.
Cependant on ne saurait prendre prétexte de la division des Européens, qui a été une constante dans l'histoire de l'Europe, pour excuser ou minimiser l'invasion musulmane. Car c'est bien d'une invasion qu'il s'agit. Le résultat de cette invasion étant une substitution de population, et de civilisation.

 

Le "musée de Sainte-Sophie".
Mme. Logeais est en accord avec tous les éléments historiques que j'ai développés dans mon exposé sur la Turquie, puisqu'elle n'en conteste aucun. La seule chose qu'elle conteste, et sur laquelle elle s'appuie pour tomber dans l'excès, c'est la légende d'une photo.
Bien que je ne sois pas l'auteur de cette légende je l'assume volontiers. Cette photo représente un vaste bâtiment entouré de quatre minarets. Si l'on présente cette photo à quiconque en demandant de la décrire, la réponse sera toujours: "une mosquée". Tous les ouvrages contemporains qui présentent des images de cet édifice le définissent comme une mosquée. Selon Mme Logeais "c'est faux".
Mme Logeais vient en effet nous apprendre que qualifier cet édifice de mosquée n'est pas une "vérité historique", et que, selon la vérité historique, l'ancienne cathédrale de Sainte-Sophie n'est pas aujourd'hui une mosquée mais un musée!
Cela me fait penser à ce tableau du peintre surréaliste René Magritte qui représentait une pomme et sur lequel l'artiste avait écrit: "ceci n'est pas une pomme".
Ce qui est aimable en art ne l'est pas forcément en histoire.
Le camp d'extermination d'Auschwitz est aujourd'hui un musée. Si l'on suivait la démarche intellectuelle de Mme. Logeais, tous les ouvrages qui présentent des photos du camp d'Auschwitz ne devraient donc pas les légender autrement qu'ainsi: "Le musée d'Auschwitz". Ils seraient ainsi conformes à la vérité historique selon Madame Nicole Logeais, professeur d'histoire!
Ici le surréalisme devient du négationnisme, même le révisionniste-musulman-sunnite Roger Garaudy n'a jamais imaginé une telle démarche intellectuelle!
 
Islam et Islamisme politique.
 
Mme Logeais n'a pas lu l'ouvrage de Mme. Delcambre —que je pense plus qualifiée qu'elle en matière d'islam— auquel je faisais référence dans mon exposé. Je vais donc la citer à nouveau:
"Comment ne pas voir que dans la plupart des pays musulmans se développe ce que certains continuent d'appeler "islamisme", "intégrisme", "Islam politique"... en le qualifiant de "courant déviationniste", de "maladie de l'Islam", de "terrorisme", de "totalitarisme", alors qu'il s'agit purement et simplement d'application intégrale et rigide de l'Islam des textes, laquelle est demandée par une partie du peuple, y compris la jeunesse, dans ces pays."
Mme Logeais fait partie des "certains" auxquels fait ici allusion Mme. Delcambre, ceux-là pêchent soit par ignorance, soit par excès de tolérance, soit par les deux à la fois.
Maxime Rodinson, récemment décédé, sociologue et orientaliste, directeur d'études à la Sorbonne et marxiste invétéré, était un grand connaisseur du monde arabe et de l'islam. Il a rédigé une remarquable biographie de Mahomet et voilà ce qu'il écrit: "Il fallait à l'Arabie une religion monothéiste qui ne soit ni le judaïsme ni le christianisme, un État cimenté par une idéologie adaptée aux attentes de ses habitants."
Une idéologie! Maxime Rodinson ne croit pas que le Coran soit inspiré par Dieu, Rodinson est marxiste, mais il voit en l'islam une idéologie politique parfaitement adaptée au monde arabe, un communisme qui aurait réussi. L'islam n'est pas une religion mais une idéologie politique totalitaire dont les musulmans sont les premières victimes et nos libertés les secondes.
Je l'ai déjà écrit, il y a un point commun entre fascisme, communisme, nazisme et islamisme: ce sont tous des totalitarismes. Pour ce qui est de l'islamisme, ce n'est pas une dérive de l'islam mais seulement son application littérale. Or il n'y a qu'un islam: celui prêché par Mahomet, un prophète qui voue aux Juifs la même haine que le prophète Hitler, (prophète de l'homme nouveau), et dont la doctrine s'apparente à celle du prophète Marx (prophète de la société nouvelle).
La tolérance ne doit pas tolérer l'intolérance, or l'islam est intolérant par nature. La tolérance a ses limites, lorsqu'elle défend un totalitarisme, alors cela devient de l'angélisme... ou de la collaboration!
Alors disons qu'avant d'évoquer la vérité historique et la tolérance, madame Nicole Logeais serait bien avisée de songer à l'honnêteté intellectuelle, de lire quelques ouvrages et de réfléchir aux conséquences que pourrait engendrer sa dialectique si elle faisait école, ce qui est, heureusement, fort improbable si l'on en croit les propos publiés en décembre dernier par "Le Peuple Breton", mensuel de l'Union démocratique bretonne:
"Le seul colonialisme duquel Imazighen (les Berbères) n'ont pu encore se débarrasser est l'arabo-islamisme, puisqu'à ce jour il domine en Afrique du Nord et continue à coloniser cette terre et son peuple. Contrairement à ce que l'on veut faire croire, l'islamisation de l'Afrique du Nord s'est faite dans le sang et la violence la plus sauvage..."
Comme toujours, comme partout! Merci à l'U.D.B de nous rappeler cette vérité historique.
JdP.

Le Canada va-t-il devenir un État islamique,
pour une partie de sa population dans un premier temps?
par Jocelyne Cheul Chatrian,
d'après des informations recueillies sur des sites québécois et kabyles.
Stupeur au Canada! Dans la province de l’Ontario, fin décembre 2004, Marion Boyd, ex-ministre de la Condition de la femme de l’Ontario, a rendu son rapport sur le bien-fondé de la création de tribunaux islamiques en droit familial basés ouvertement sur la charia.
Il est rassurant de constater une opposition farouche et totale du président du Conseil des musulmans du Canada Tarek Fatah et de bon nombre de musulmanes, une pétition est lancée par Homa Harjomand, Torontoise d’origine iranienne, qualifiant ce projet de "folie pure". La gazette des femmes, mensuel féministe québécois, n’est pas en reste en alertant ses lectrices: "Ce qui se passe en Ontario est une sonnette d’alarme pour nous, Québécoises. Ce n’est pas parce que le Code civil québécois exclut les matières familiales de toute forme d’arbitrage que nous sommes à l’abri de telles situations."
Le côté très inquiétant réside dans la personnalité de l’initiatrice du projet, Marion Boyd, féministe et ex-ministre, mais aussi dans les déclarations d’une convertie à l’islam, Kathryn Bullock, professeure en sciences politiques à l’université de Toronto: "De nombreuses musulmanes n’ont pas recours aux tribunaux canadiens, parce qu’elle n’en comprennent pas le fonctionnement et craignent de ne pas être respectées dans leur culture". Que des imams considèrent ainsi la chose est on ne peut plus logique, mais n’est-il pas possible d’envisager d’autres analyses et surtout d’autres conclusions de la part d’intellectuelles nord-américaines?
Le souhait du président autoproclamé du conseil musulman de Montréal est lui aussi très clair: "Une institution islamiste approuvée par le gouvernement donnerait à cette dernière une autorité morale sur la communauté musulmane". L’imam aurait par exemple le pouvoir moral de répudier une femme et lui enlever la garde de ses enfants. Cette dernière est censée pouvoir contester sa décision mais dans un tel contexte cette largesse procédurière laisse un sentiment de supercherie.
Le plus inquiétant réside dans la position du ministre Jacques Dupuis, à qui a été remis ce projet, et qui compte des milliers d’électeurs musulmans dans son comté, dont de nombreux islamistes favorables à la reconnaissance de la Charia. L’opportunisme des politiques est la seule donnée dont nous soyons sûrs et cela explique probablement que ce haut personnage de l’État tarde à rendre sa réponse.
À l’instar de l’avertissement de la Gazette des femmes du Québec qui conclut de manière très prosaïque: "Ce débat nous amène à réfléchir sur les limites du négociable face à l’expression de la diversité religieuse". Le Savoisien se fait le relais des inquiétudes féminines québécoises mais aussi canadiennes et peut-être aussi savoisiennes!
Il semble bien que malheureusement dans notre vieille Europe la situation ne soit guère plus sécurisante compte tenu de la duplicité des politiques.
NB: La Gazette québécoise reconnaît, avec un certain cynisme, la supériorité de l’homme sur la femme en relevant dans les rangs des féministes une personnalité telle que Marion Boyd, "qui s’entend avec les plus réactionnaires des hommes sur l’infériorité de la femme" (sic)!
J.C.C.
 
Les riches heures du projet REACH.
 
La législation européenne des substances chimiques comportant de nombreuses lacunes, la Commission Européenne a adopté le 29 octobre 2003 un projet de règlement intitulé Registration Evaluation and Authorisation of Chemicals, plus connu sous le nom de projet REACH.
Destiné à réglementer les quelques 30.000 substances chimiques fabriquées ou importées sur le territoire de l’Union Européenne, le projet REACH avait une portée considérable:
— Il rendait obligatoire l’enregistrement des produits concernés auprès d’une Agence européenne des substances chimiques.
— Il soumettait à une autorisation préalable l’utilisation des produits les plus dangereux tels les cancérigènes et les PRT (produits persistants, bio-accumulatifs et toxiques).
— Il obligeait les industriels à apporter la preuve de l’innocuité des produits avant de les commercialiser.
— Il donnait à la Commission le pouvoir d’interdire les utilisations comportant des risques "inacceptables".
— Il autorisait la publication des informations non confidentielles sur les produits enregistrés.
L’application de ces mesures permettrait de connaître les risques liés à l’utilisation de produits chimiques, dont la plupart (plus de 90%) n’ont jamais fait l’objet d’une étude de leur impact sur l’environnement ou de leur nocivité pour la santé. Ces substances entrent pourtant dans la composition de la plupart des produits de consommation courante comme les cosmétiques, les produits ménagers, les peintures, les vêtements, etc. etc. Ces mesures permettraient aussi de mieux prévenir les maladies professionnelles dont sont victimes plusieurs millions de travailleurs européens.
Cependant une démarche conjointe (1) des chefs de gouvernements ou d’État d’Allemagne, d’Angleterre et de France auprès du président de la Commission européenne, se disant "préoccupés" par le projet REACH en raison de son approche "trop bureaucratique et inutilement compliquée", aura pour effet de repousser en 2006 la promulgation d’une version édulcorée de la directive.
Il est vrai que cette réglementation coûterait aux industries chimiques entre 0,1% (évaluation des associations) et 1,35% de leur chiffre d’affaires (évaluation du lobby chimique). Elle coûterait probablement des emplois, mais combien? Le Dr. Geneviève Barbier pose ainsi cette question: "Personne ne s’est-il jamais demandé combien la généralisation des tests créerait d’emplois ou éviterait de cancers, d’infertilités et de maladies chroniques?" (2)
Pierre Ottin-Pecchio,
Union Santé Contre Pollution, 98 route de Corbier 74650 Chavanod.
 
(1) Lettre du 20 septembre 2003 signée T. Blair, J. Chirac et G. Schröder.
(2) Geneviève Barbier, La société cancérigène, p. 136, Éditions de La Martinière (2004)

Chimie shame...(1)
Il n’a pas de vergogne le président de l’Union des Industries Chimiques, pour avoir osé appeler "Chimie Pride" les premiers états généraux de la chimie qui ont eu lieu le 6 décembre à Paris! On peut comprendre que les homosexuels qui ont inventé la Gay Pride en aient eu plus qu’assez de vivre dans l’ombre pour vouloir revendiquer en plein jour leur différence… mais s’agissant de chimistes? Sont-ils victimes de discrimination, de chimiophobie? Sont-ils victimes d’agressions? De vexations? Pas à ma connaissance! Mais ne seraient-ils pas tentés d’en rajouter, par mauvaise conscience?
Quand Madame Michèle Rivasi, présidente de Greenpeace-France et députée européenne, constate que sur les deux cent mille produits chimiques commercialisés en Europe il n’y en a que deux mille dont la toxicité a été étudiée, elle ne montre pas d’un doigt accusateur les chimistes qui ont fabriqués ces produits! Elle déplore les insuffisances de la réglementation.
Quand Monsieur Serge Lepeltier, actuel ministre de l’écologie de la République française, apprend qu’une analyse de son propre sang montre qu’il contient 35 substances chimiques qui n’ont rien à y faire, il ne porte pas plainte pour empoisonnement contre l’industrie chimique! Peut-être déplore-t-il les insuffisances de la réglementation?
Mais quand la Commission Européenne adopte un projet de règlement appelé REACH(2) qui s’appliquerait aux 30.000 substances chimiques produites ou importées sur le territoire de l’Europe en quantité supérieure à une tonne par an, que se passe-t-il?
Eh bien, les industries chimiques déclenchent l’offensive de leur groupe de pression à Bruxelles pour contrer ce projet! Elles font jouer à plein leurs relations auprès de leurs amis politiques à Berlin, à Londres et à Paris ce qui déclenche l’intervention de leurs amis Blair, Chirac et Schröder auprès de la Commission Européenne, forçant celle-ci à revoir sa copie pour en limiter la portée.
Ce n’est qu’un nouvel épisode du combat sans merci que livrent, au nom du Profit, les groupes industriels aux instances européennes qui se préoccupent de la protection de la santé publique. Il a l’intérêt de mettre en évidence, même pour le public le moins averti, la collusion qui existe entre nos dirigeants politiques et le pouvoir industriel. Combien de bons Français croient encore que la Maffia c’est en Italie?
Cet accroc a eu pourtant une heureuse conséquence: déclencher l’intervention d’un quatrième protagoniste, l’opinion publique, alertée par la Déclaration internationale sur les dangers sanitaires de la pollution chimique, connue sous le nom d’Appel de Paris.(3)
Avec déjà 100.000 signataires l’Appel de Paris est beaucoup plus qu’un appel au secours lancé par quelques médecins et scientifiques inquiets. C’est la preuve d’une mobilisation de gens comme vous et moi qui ont compris que leur santé est en danger et qu’ils ont eu tort de faire confiance à des hommes et à des partis qui les trahissent.
C’est aussi une bonne raison pour que la Chimie soit moins fière d’elle-même et qu’elle convainque ses dirigeants de rabattre leur caquet.
 
Jean Aymard.
 
(1) Mot anglais signifiant honte, le contraire de pride qui signifie fierté.
(2) Abréviation de Registration Evaluation and Authorisation of Chemicals, soit Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques.
(3) Voir Le Savoisien, n° 1, p.11, janvier 2005.
 

Libérer sa voie? Libérer la Savoie? Libérer Sa Voie!
Morceaux choisis n°2
 
Commencer par se libérer soi-même pour pouvoir libérer son pays, c’est le sens du message que nous adresse Michel Fontaine dans son ouvrage Libérer Sa Voie (à paraître) dont Le Savoisien publie de larges extraits.
Michel Fontaine, né en 1947, Docteur en Médecine, vit à Chamonix où il exerce la médecine générale depuis une vingtaine d’années après avoir consacré plus de dix ans à la recherche médicale en immunologie.
C’est de sa réflexion de chercheur, de praticien au contact des malades et de Savoisien passionné de montagne qu’il tire le message fort qu’il nous adresse aujourd’hui.
 
Je vis en Haute-Savoie, face au Mont-Blanc, dans un environnement naturel encore merveilleux malgré les injures que les hommes n’ont pas manqué de lui faire subir. J’y ai découvert l’importance de vivre dans un décor naturel "vrai", d’y entretenir des rapports "vrais" avec moi-même, avec les gens et de refuser de nouer ceux qui ne pouvaient l’être. Dans ce milieu dur, qui ne témoigne par bonheur d’aucune complaisance envers l’être humain, qui renvoie à soi-même abruptement dans le positif comme dans le négatif, je crois avoir acquis, au moins pour moi-même, la notion aiguë de ce qui sonne juste ou faux en terme de vie.
La vie est en fait une plénitude à conquérir et non un vide à combattre. Tel est pour moi le résultat le plus patent de mon expérience. De même la personne humaine est douée naturellement d’une richesse et d’une plénitude potentielles que sa vie sociale doit aider à exprimer et non pas à réprimer. Seule la vanité de l’homme occidental qui croit tout savoir avec les résultats dévastateurs que l’on peut constater partout sur la planète et dans les sociétés humaines, le pousse à prétendre qu’il peut faire mieux que la nature et son ordre.
Il est pathétique de voir à quel point, aujourd’hui, toute décision d’informer, d’agir, de légiférer prise par n’importe quelle institution officielle française, "tombe à côté de la plaque" et même provoquera l’inverse du but recherché. On a l’impression qu’une malédiction implacable condamne irrémédiablement tous les pouvoirs officiels à l’échec et que, malgré toute l’obstination qu’ils pourront mettre à agir en dépit de ce "sort", ils n’en resteront pas moins cloués à confronter leur impuissance, sans aucune échappatoire possible. Cette compulsion d’échec constitue l’un des symptômes majeurs de la crise de la société française de ce début du XXIe. siècle.
Dr Michel Fontaine.
 
Quand le Droit fut courbé contre la Ligue savoisienne.
 
On trouve encore, dans nos villes et nos campagnes, quelques naïfs qui croient que la loi est la même pour tous. Qu'ils prennent connaissance de l'anecdote qui suit.
C'était en 1999. La Ligue savoisienne existait publiquement depuis quatre ans. S'estimant diffamée par le professeur Guichonnet, qui avait proféré des horreurs contre elle sur la chaîne locale TV8 Mont-Blanc, la Ligue avait entamé une procédure judiciaire le 2 février 1996 en déposant une plainte avec constitution de partie civile.
Le juge d'instruction Mollin, à Annecy, déclara cette plainte irrecevable, au motif que la Ligue savoisienne n'était pas une association française ou déclarée dans une préfecture de France. Le 26 juin 1996, la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Chambéry confirma sa décision. Un pourvoi en cassation fut formé.
D'ordinaire, la Cour de cassation motive sa décision (son "arrêt") en l'appuyant sur la loi, guidant ainsi la jurisprudence.
Or il existait une jurisprudence constante qui reconnaissait aux associations étrangères, non déclarées en France, le droit d'ester en justice. Le bulletin "Juris associations", édité par une filiale des éditions Dalloz, mentionne dans son n°239 (15 mai 2001) deux décisions en ce sens de la Cour de cassation: 4 novembre 1952, 12 novembre 1990.
Mais au-dessus de la Cour de cassation et de sa jurisprudence, il y a l'intérêt supérieur de la République française: cet intérêt supérieur commanda de mettre le professeur Guichonnet à l'abri pour qu'il puisse continuer à diffamer les Savoisiens.
La Cour de cassation rejeta donc, le 16 novembre 1999, le pourvoi formé par la Ligue savoisienne!
Commentaire du rédacteur (B. Rigaud) de "Juris associations":
"Il s'agit d'un revirement de jurisprudence qui prive dorénavant les associations étrangères non déclarées de leur droit d'agir en justice."
Pauvres associations "étrangères", qui n'ont jamais entendu parler de la Savoie ni des Savoisiens! Elles ne savent pas que, si elles ont perdu le droit de demander justice devant les tribunaux français, elles sont les victimes collatérales de l'acharnement de la France à faire taire ceux qui contestent ses droits de propriété sur la Savoie! Cet impératif valait bien un "revirement de jurisprudence", et les sévères juristes de la Cour de cassation en trouvèrent de l'appétit pour avaler leurs hermines...
Heureusement, fin 1999, la Ligue savoisienne avait gagné sa notoriété et quelques combats électoraux. La lutte ne se menait déjà plus sur le terrain judiciaire ou dans des confrontations absurdes avec des historiens mercenaires, mais dans l'arène politique et plus largement dans l'opinion publique de Savoie.
Patrice Abeille.
 
 
Qui a assassiné Joseph Fontanet?
Le 2 février 2005, le journaliste Michel Lévy, de Chambéry, publiait dans le "Dauphiné Libéré" une pleine page en l'honneur de Joseph Fontanet, ancien ministre savoyard décédé il y a 25 ans. Michel Lévy tresse longuement des couronnes au défunt, chrétien social, centriste, gaulliste, européiste et anticommuniste, en se gardant bien de rappeler que Joseph Fontanet fut l'homme qui fit capoter la création d'une Région Savoie en 1973-1974. Puis il recueille pieusement les hommages sans réserves de Louis Besson, Michel Barnier et Jean-Pierre Vial, trois des successeurs de Fontanet à la présidence du Conseil général de la Savoie.
Mais là où Michel Lévy nous étonne, c'est quand il se lance dans le journalisme d'investigation pour tenter d'expliquer l'assassinat de Joseph Fontanet dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1980 sur un boulevard de Paris. Le commissaire Leclerc, qui dirigea l'enquête, "soutient l'hypothèse comme quoi le meurtre aurait été perpétré par un membre d'un groupe de délinquants connu sous le nom de "la bande à Pupuce", qui avait comme cible préférée des automobilistes".
Bigre!
Et Michel Lévy de préciser les sources: "Un certain Stéphane D. faisant partie de cette bande, emprisonné pour d'autres causes, aurait avoué à un compagnon de détention avoir tué un homme dont il ignorait le nom et les qualités et qui aurait été Joseph Fontanet. Mais Stéphane D. se suicidera en prison en 1983".
Cette "bande à Pupuce" fait penser à l'histoire "de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours". Les aveux d'un suicidé rapportés par un codétenu, c'est bien commode pour clore une enquête.
 
 
Le lobby turc de Jacques Chirak.
Monsieur Jules Mardirossian avait attiré l'attention des Savoisiens, lors du 9e. Congrès de la Ligue, sur un certain Jean Antoine Giansily, qui dirige la mission économique française à Ankara. Ancien adjoint au maire de Paris, ce monsieur est le lobbyiste attitré de quelques grandes entreprises françaises qui convoitent le marché turc. En tant que proche compagnon de Jacques Chirak, il est bien placé pour soutenir leurs stratégies.
Eh bien il y en a un autre. La presse nous apprend en effet que le récent voyage de Michel Debré et quatre autres parlementaires français en Turquie a été longuement préparé avec un certain Paul Poudade, ambassadeur de France à Ankara, et que ce M. Poudade est l'ancien chef du protocole de l'Élysée.
À ce titre il sait comment on déroule les tapis rouges.
Bien encadré par Giansily et Poudade, le président Chirak n'a plus qu'à prononcer les discours pro-turcs préparés dans leurs officines. Et tant pis s'il s'emballe au point de soutenir que "les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes"...
Et tant pis si personne d'autre que quelques grands financiers n'a intérêt à ce que la Turquie entre dans l'Union européenne!
 
 
 
Invitation chablaisienne.
Très souvent, les réunions d'adhérents de la Ligue savoisienne du Chablais ont lieu dans les communes du bord du Léman. Nous croyons nécessaire d'aller à la rencontre des "montagnis" en organisant une journée à la neige:
dimanche 3 avril 2005
Terrasse du Morclan, Super Châtel.
Notre délégué Denis Millet, de la Chapelle d'Abondance, s'occupe de la logistique.
Au programme:
le matin, ski ou raquettes jusqu'à 12h
apéritif à 13h suivi d'un repas
après-midi réunion des adhérents de 15h à 16h30
Coût à prévoir: 12,50€ pour la télécabine (ouverture 8h30) et 12,50€ environ pour le repas.
Présence éventuelle d'un Conseiller général et de maires de la vallée.
Cette journée n'est pas réservée aux seuls Chablaisiens; tous les Savoisiens qui désirent passer une excellente journée à la montagne sont les bienvenus, en espérant que l'enneigement soit encore favorable.
Renseignements et réservation au 04 50 09 87 13.

Permanence de Chambéry.
Erratum: le numéro pour contacter la permanence savoisienne de Chambéry comportait une erreur de chiffre. Le bon numéro est le suivant: 06 61 33 03 85. Toutes nos excuses à la personne qui a été dérangée pour rien!
La permanence vous accueille tous les mardis de 20h à 22h (sauf vacances scolaires) à la Maison Pour Tous de Bissy, 728 avenue de la Motte Servolex.
 
L'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.
Cette Association, fondée en 1980 par le sénateur Henri Caillavet, doit se développer largement en France car la vieillesse s'allonge de plus en plus avec ses faiblesses, ses souffrances... Souffrances physiques et morales: on est malheureux de donner des soucis à ses enfants, d'être une charge pour eux. On est malheureux de se sentir diminué, inutile, d'avoir un corps qui fait souffrir et n'obéit plus.
Il est en Europe des pays où cela a été compris, tels la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, et même certaines régions aux États-Unis. En France, nos gouvernants ne veulent pas comprendre.
Il est donc indispensable de renforcer l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, afin que l'euthanasie soit un droit reconnu pour tous ceux qui en ont fait la demande devant un témoin de bonne foi.
Adresse: ADMD, 50 rue de Chabrol. 75010 PARIS. tel. 01 48 00 04 16

Fête de la Savoie: une cuvée 2005 exceptionnelle!
C'était à Annecy le Vieux le 19 février!
 
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Pas de doute, les Savoisiens et leurs amis ont fêté la Savoie dans la bonne humeur, ce 19 février à Annecy le Vieux! Le temps des discours était volontairement plutôt bref, et réparti entre quatre orateurs. Evelyne Anthoine, chancelier du Genevois, souhaitait la bienvenue à tous et signalait des présences remarquées, notamment Pascal Dupraz, l'entraîneur de l'équipe des Croix de Savoie. Le docteur Bernard Bluteau expliquait l'appel de Paris (pour la réduction drastique des polluants qui menacent notre santé) qu'il invitait à signer sur place. Patrice Abeille reformulait certains principes de base sur lesquels se guide la Ligue savoisienne depuis le début (voir son résumé en page 12); Enfin Jean de Pingon donnait la primeur des explications qu'il publie dans ce numéro du journal sur l'affaire du jugement de Saint-Julien.
Autour des tables du banquet se retrouvaient des amis qui ne s'étaient pas vus parfois depuis un an ou davantage. Adhérents de base et cadres de la Ligue étaient au coude à coude pour assurer le service des mets et des boissons.
Et quand Marcel Mazout mit en marche sa "fioul miouzique", la piste de danse ne tarda pas à s'animer et l'ambiance se mit instantanément au beau fixe, c'est-à-dire aux éclats de rire et à l'euphorie.
Comme chaque année, on vient des six provinces de Savoie, et même de beaucoup plus loin (Turin, Marseille, etc.) pour cette occasion. La province du Genevois a fait un coup d'éclat en produisant ce big band authentiquement annécien et passablement déjanté. On s'en souviendra dans les chaumières. L'an prochain, ce sera au tour des Chambériens de Savoie Ducale de nous étonner...
 
 
Quelques principes de base.
 
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(Résumé de l'allocution de Patrice Abeille, Secrétaire général de la Ligue savoisienne, à la Fête de la Savoie, le 19 février 2005 à Annecy le Vieux)
Avant d'ouvrir les festivités, prenons quelques minutes pour faire le point sur quelques-uns des principes sur lesquels se guident les Savoisiens.
Depuis bientôt dix ans qu'elle existe, travaille et se développe, la Ligue savoisienne, soyez-en sûrs, n'a pas changé de bases. La Savoie que nous construisons, que nous avons l'ambition d'émanciper, n'exclut personne.
Aujourd'hui comme à nos débuts, nous n'établissons aucune hiérarchie entre les Savoyards de naissance et ceux d'adoption. Celui qui a cinq générations d'ancêtres au cimetière de sa commune, celui qui est né ici, celui qui est né ailleurs, avec ou sans racines chez nous, celui qui est arrivé il y a trente ans, celui qui n'est installé que depuis peu de temps, tous ont vocation à devenir citoyens de la Savoie libre. À une seule condition, bien sûr: qu'ils aiment la Savoie!
Évidemment la citoyenneté savoisienne ne dépend nullement de la couleur de la peau, ni de la religion: la Ligue savoisienne ne choisit pas les futurs citoyens d'un pays de liberté. Au demeurant, elle n'oblige non plus personne à souhaiter cette citoyenneté, à aimer la Savoie.
Depuis dix ans, dans nos réflexions et propositions, nous avons tenu le plus grand compte des réalités. La société dans laquelle nous vivons est multiethnique et multiculturelle, que cela plaise ou non: ce n'était pas le cas en 1860 ni même, pour l'essentiel, en 1950.
Donc nous nous sommes intéressés à deux groupes en particulier: les "gens du voyage" et les musulmans.
Pour les peuples du voyage, les choses sont relativement simples. Nous leur disons: vous êtes les bienvenus à condition que vous respectiez les règles d'ordre public, de circulation, et vos obligations envers les propriétaires des terrains. Comme tout le monde, en somme.
Pour les musulmans, c'est un peu plus compliqué, parce que l'islam n'est pas neutre sur les règles de vie en société, sur les règles juridiques, ni sur les choix politiques. Nous leur avons donc dit (c'était en 2002, à propos d'un projet de grande mosquée) que les cultes et enseignements religieux ne doivent rien contenir de contraire aux Droits de l'Homme ni aux valeurs européennes, et qu'il doit être possible de le vérifier. Je crois que nous avions raison. En somme, c'est aux musulmans de se demander si leur religion est compatible avec la civilisation européenne, et pas le contraire.
Sur la base de ces principes, les travaux de Thierry Mudry, puis de Jean de Pingon nous ont permis d'en connaître beaucoup plus sur l'islam, et en particulier sur la Turquie, un grand pays essentiellement moyen-oriental qui n'est plus un État laïc comme on voudrait nous le faire croire. Et je suis sûr que le peuple savoisien tout entier peut faire sienne cette formule que Jean de Pingon prononçait l'année dernière le jour de notre fête: non, la charia ne passera pas en Savoie!
 
 
Découvrez la Slovénie avec la Ligue savoisienne.
 
Du 9 au 15 mai, partez à la découverte de la Slovénie, splendeur des Alpes et de l'Adriatique. Villages et paysages splendides du littoral, grottes gigantesques, lacs, châteaux, la capitale Ljubljana et Trieste toute proche (villes chargées d'histoire austro-hongroise), la partie touristique vous charmera. Au programme nous aurons aussi des contacts politiques pour apprendre comment en 14 ans la petite république (deux fois la taille de la Savoie) est devenue le meilleur élève de la nouvelle Europe...
Transfert en autocar de Savoie à Zürich
Vol Adria Zürich-Ljubljana
Hébergement 3* et 4* à Portoroz et Ljubljana
Prix: 750€ par personne en demi-pension en chambre double (supplément pour chambre individuelle).
Renseignements auprès de l'Amicale Marguerite Frichelet (2 avenue de la Mavéria. 74940 Annecy le Vieux). tel. 04 50 09 87 13