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N° 12
mars  2006
 
Éditorial : Retour de flamme.
Regards sur les J.O. de Turin.
Cherchez l'erreur!
Pétrole apocalypse.
Découvrez la Sardaigne avec la Ligue savoisienne
Libérer sa voie? Libérer la Savoie? Libérer Sa Voie!
Marianne fait des dettes, Conte immoral.
Tribune libre. Outreau et le Droit de l'Environnement.
C'est vous qui le dites.
Le Pape et les loups de Maurienne.
Bloc-notes.
Comment renforcer la Ligue savoisienne?
Les philatélistes ont aimé...
Gros succès de la 11ème célébration de la Fête nationale de la Savoie.
La vie de Joseph de Maistre.
Sant’Orso 2006 et tradition.
Manif monstre à Barcelone pour la nation catalane.
Déficit commercial de la France: 26 milliards d'euros. Tout va très bien...
La Belgique et l'Estonie ratifient la Constitution européenne.

 

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Éditorial : Retour de flamme.
Le Piémont a fait des efforts considérables pour accueillir les Jeux Olympiques d'hiver en 2006, et la réussite a été au rendez-vous sur le plan sportif.
Le passage du flambeau à Grenoble et Albertville, célèbres pour les J.O. de 1968 et de 1992, a été l'occasion de recueillir de nombreuses déclarations d'anciens sportifs de très haut niveau, qui ne manquent pas de profiter de l'occasion qui leur est offerte de se refaire une promotion publicitaire gratuite.
On pourrait disserter longuement sur l'intérêt que portent nos contemporains au sport, à tous les sports et à certains plus qu'à d'autres. Si le sport peut développer certaines valeurs morales, individuelles ou collectives, on ne saurait manquer de critiquer le comportement d'ex-sportifs qui entrent en compétition pour obtenir la médaille d'or de l'hypocrisie. Devant l'autel de "Saint-Fric", les adorateurs aux poches remplies arborent la tunique de l'équipe de France, placent leurs gains chez nos voisins helvétiques, mais félicitent nos "cousins piémontais" pour l'organisation des compétitions. De la Savoie, qui les a vu naître, grandir et se former au cœur des Alpes, de leurs familles qui les ont soutenus jusqu'à la gloire olympique, pas un mot! Quelle ingratitude pour nos montagnes et nos vallées qui sont aujourd'hui les plus beaux territoires de ski du monde!
Dans ces grands jeux du cirque des temps modernes, les exemples ne sont pourtant pas rares de courageux athlètes qui, du haut d'un podium, servirent la cause de l'émancipation de leurs peuples.
Que les futurs championnes et champions savoisiens puissent s'en inspirer en laissant parler leurs cœurs avant leurs porte-monnaie.
Joël Ducros.
 
 
 
Regards sur les J.O. de Turin.
Une fois n'est pas coutume, Le Savoisien met à sa Une des sujets sportifs. En février, les Jeux Olympiques de Turin animaient toutes les conversations, heureuses de se dégager pour un temps des angoisses suintant des autres rubriques (grippe aviaire, chikungunya, "gang des barbares", Mahomet). Les Savoisiens n'ont pas oublié que Turin, quand l'Italie n'était pas encore un État, était autrefois notre capitale. Pourtant Turin est aujourd'hui bien loin de la Savoie annexée. Ses Jeux ont accordé à l'occitan le statut de langue officielle. Un médaillé italien du Sudtirol, Gerhardt Plankensteiner, a déclaré à la télévision (avec un fort accent germanique) qu'il ne connaît pas l'hymne national italien. Ce n'est pas en Savoie qu'on verrait des choses pareilles, car ici les champions sont solidement encadrés et ont appris depuis longtemps à crier "Vive la France!" dès leur premier succès...
Le sport n'est pas une planète isolée de notre système, ni une utopie dans laquelle ne règneraient que de nobles sentiments. Les affaires de dopage, de tricherie, de corruption ne manquent pas pour nous le rappeler. Mais le sport reste porteur d'un idéal qu'aucun être humain ne saurait récuser: à chacun ses mérites, et que le meilleur gagne!
 
Humiliation olympique.
La ville d’Annecy voulait être candidate pour accueillir les Jeux Olympiques en 2014. Que cette initiative nous excite ou nous laisse de marbre, personne ne peut nier le fait qu’un tel évènement aurait eu, sur le plan économique, des effets plus que bénéfiques. En effet, il est connu que les JO drainent un très grand nombre de visiteurs qui seront amenés à consommer une fois sur place, permettant à tous les acteurs de l’économie locale de réaliser une hausse substantielle de leur chiffre d’affaires, et éventuellement d’embaucher plus de personnel afin de faire face à l’importante demande que suscitent habituellement les JO. De plus, bien que disposant d’ores et déjà d’infrastructures routières et sportives importantes et de qualité, la ville avait réussi à obtenir le soutien financier du département et de la région, ce qui aurait permis d’améliorer encore nos installations. Pourtant, Annecy ne sera pas candidate aux Jeux Olympiques d’Hiver en 2014. Cela semble étonnant et les Savoisiens sont en droit de s’interroger sur les raisons de ce cette annulation. Ces raisons sont simples: toute ville française souhaitant déposer sa candidature pour les JO doit obtenir en premier lieu l’accord du Ministre des sports et du président du Comité National Olympique Français. Or, ces messieurs de Paris, après avoir demandé à Annecy de ne pas ébruiter sa candidature pendant deux ans afin de ne pas gêner celle de Paris pour 2012, ont refusé de signer la candidature annécienne, estimant qu’après l’échec de Paris la candidature d’Annecy serait prématurée. Cela revient donc à dire que les dirigeants français, effrayés à l’idée qu’une ville de Savoie puisse réussir là où Paris a échoué, ont préféré bafouer une fois de plus notre liberté en usant de leur pouvoir despotique, et cela au détriment des intérêts de la Savoie. Cette attitude apparaît d’autant plus inacceptable que l’Espagne et la Russie, qui ont vu leurs capitales échouer pour les JO de 2012, ont cependant autorisé la candidature d’autres de leurs villes pour les Jeux de 2014. La France s’illustre donc une fois encore par une attitude bien singulière, dictant autoritairement à la Savoie l’attitude qu’elle doit observer pour servir l’intérêt et l’ego parisiens, quand bien même cela se ferait contre nos intérêts, dont la nomenklatura de l’administration française ne s’est jamais souciée. Dès lors, une question se pose: jusqu’à quand les Savoisiens supporteront-ils que Paris décide à leur place? Jusqu’à quand les Savoisiens accepteront-ils de baisser la tête et d’observer servilement le diktat de la France? Notre destin pourrait n’appartenir qu’à nous, si seulement les Savoisiens se décidaient à ouvrir les yeux, et à se donner les moyens d’agir.
 
 
Adrien Fournier.
Cherchez l'erreur!
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Il y a une erreur sur cette photo, prise au cours du match de hockey USA-France disputé le 27 décembre 2005 à la patinoire de Saint-Gervais (Faucigny). Saurez-vous la trouver?
 
Réponse:
 
 
 
 
La Belgique et l'Estonie ratifient la Constitution européenne.
Après un deuxième semestre 2005 en points de suspension, après la victoire du NON aux référendums en France et aux Pays-Bas, certains États européens reprennent l'offensive et ratifient le projet de Constitution, car ils considèrent que l'Union européenne ne saurait se satisfaire du calamiteux traité de Nice.
C'est le cas de la Belgique. Il n'y a pas eu de référendum dans le royaume, mais aucune opposition sérieuse à la ratification ne s'est manifestée, et sept assemblées distinctes se sont prononcées positivement, fédéralisme oblige: parlement de la Région Wallonie, parlement de la Communauté francophone, parlement de la Région bruxelloise, parlement de la Communauté germanophone, parlement flamand, Chambre des députés et Sénat de Belgique. Le fédéralisme c'est compliqué, mais ça marche mieux que le centralisme français!
L'Estonie, de son côté, est en train de ratifier le traité constitutionnel par la voie parlementaire. Il n'y a pas d'opposition notable dans ce pays non plus. La ministre des affaires étrangères de l'Estonie, madame Urmas Paet, a déclaré: "Avec ce processus de ratification nous voulons montrer aux autres pays membres que l'UE a besoin d'une Constitution".
Ainsi, après la pause inévitable qui a suivi le fiasco référendaire de deux anciens États membres, le processus de ratification redémarre, ce qui ne saurait déplaire à l'Autriche, qui préside actuellement l'Union.
Les crises actuelles, autour des "caricatures de Mahomet" et des prétentions atomiques de l'Iran, démontrent que l'Europe a besoin d'institutions plus solides et plus fermes.
Avec les ratifications en Belgique et en Estonie, le traité est accepté par 15 des 25 États membres. Il n'est plus impossible qu'ils soient 20 à la fin de 2006. Dans ce cas le Conseil (des chefs d'États) devrait, selon les termes mêmes du traité, "se saisir de la question". Il n'est donc pas impossible que la Constitution européenne soit à nouveau proposée aux Français et aux Néerlandais.
 
Déficit commercial de la France: 26 milliards d'euros. Tout va très bien...
Le chiffre n'a fait que passer très rapidement au sommaire de l'actualité médiatique, car il n'est pas brillant et même très inquiétant. Le commerce extérieur de la France en 2005 s'est soldé par un déficit de 26,5 milliards d'euros, résultant de la différence entre les importations et les exportations. Rappelons que le solde commercial de la Savoie est positif depuis des temps immémoriaux. Les chiffres de 2005 ne sont pas encore disponibles. Mais en 2004, alors que les comptes français s'enfonçaient déjà de 8 milliards dans le rouge, le solde de la seule Haute-Savoie grimpait à 1,4 milliards.
Les ministres concernés, Thierry Breton (Finances) et Christine Lagarde (Commerce extérieur) ont invoqué, bien sûr, l'augmentation de la facture pétrolière, et ils ont glissé sur des chiffres gênants en assurant qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Tout va très bien, madame la marquise.
Pourtant les résultats du commerce extérieur n'ont rien de surprenant.
D'une part les efforts de relance de la consommation (par les donations "Sarkozy" et les incitations à la baisse de l'épargne) ont produit leurs effets: les Français ont consommé davantage de marchandises importées.
D'autre part les analystes relèvent que les entreprises françaises demeurent des nains à l'exportation. En 2005, l'Allemagne demeure le premier pays exportateur mondial, elle exporte deux fois plus que la France et dégage un solde positif de plus de 160 milliards d'euros. L'Allemagne a pourtant subi le même choc pétrolier que la France.
 
Manif monstre à Barcelone pour la nation catalane.
 
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Le Premier Ministre espagnol José-Luis Rodriguez Zapatero a la volonté d'innover au Pays Basque et en Catalogne. Pour rénover le statut d'autonomie de la Generalitat de Catalogne (la puissante et prospère communauté autonome dont Barcelone est capitale) il a passé un accord de compromis avec le chef de l'opposition catalane, Artur Mas. Un nouveau statut pourra donc entrer en vigueur, accordant une plus large autonomie fiscale. Mais il mettra au second plan l'affirmation pourtant votée par presque tous les députés du parlement de Barcelone, qui voulait inscrire dans le statut que les Catalans sont une nation européenne à part entière.
L'émotion est grande en Catalogne. Pour s'affirmer en tant que nation, des centaines de milliers de manifestants ont défilé à Barcelone le 18 février pour adresser à l'Europe le message suivant: "Nous sommes une nation et nous avons le droit de décider". La manifestation, la plus massive depuis longtemps sur le sol européen, était organisée et animée par environ 600 associations. Un seul parti politique y a participé: ERC (Esquerra Republicana de Catalunya, membre comme la Ligue savoisienne de l'Alliance Libre Européenne). Les dirigeants d'ERC ont annoncé que leur parti s'opposera à la version édulcorée du nouveau statut, qui selon eux ne va pas assez loin sur la voie de l'émancipation de la nation catalane. Le député européen Bernat Joan (ERC) insiste sur le caractère pacifique de la nation catalane, et accuse les conservateurs espagnols de faire l'amalgame entre sa volonté d'émancipation et le terrorisme qui sévit encore au Pays Basque.
 
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Sant’Orso 2006 et tradition.
Comme chaque année depuis plus de mille ans la foire d’hiver de la vallée d’Aoste a rassemblé les Valdôtains ces 30 et 31 janvier. Elle a attiré aussi des milliers de visiteurs dont quelques centaines de Savoisiens.
Beaucoup de Valdôtains vont à la Foire, mais pas tous. J’en connais qui vont tous les jours à Aoste pour y travailler mais ne vont jamais à la Foire: trop de monde, trop de bruit, trop d’Italiens et d’étrangers, trop de commerces de toutes sortes, trop de tout!
Il y a encore des Valdôtains, comme mon ami René, qui préfèrent le silence de leur montagne aux bruits de la ville, qui aiment la solitude et fuient la multitude, qui apprécient de faire eux-mêmes ce dont ils ont besoin plutôt que de l’acheter. Planter son maïs, l’irriguer, le voir grandir de semaine en semaine, mesurer de l’œil la croissance des épis, les récolter quand ils sont mûrs, les voir dorer en séchant au soleil, égrener les épis et broyer les grains à la meule de pierre pour en faire une belle farine dorée qui file entre les doigts... Tous ces plaisirs valent bien plus que 2 euros le kilo de polenta achetée au Gros Cidac (1), sans compter que la polenta est cent fois meilleure!
Peut-être que pour toi, lecteur, René passe pour un fossile, un rétrograde à qui le passé tient lieu d’avenir? Non, René n’est pas vieux, il est seulement sage. Depuis son village au soleil qui domine la Vallée, bien au dessus de la brume jaunâtre de pollution, il a le recul qui manque à beaucoup d’autres à notre époque où tout doit aller vite, très vite, trop vite... Il a choisi de prendre le temps de vivre, il sait encore apprécier ce qui est calme et lent. Il n’est pas venu à la soirée musicale au théâtre Giacosa qui clôture chaque année la foire de Saint Ours et il a bien fait.
Moi, j’y suis allé, ému d’avance du plaisir d’entendre à nouveau chanter Liliane sur la musique traditionnelle de Sandro, Jean-Marc et leurs amis du Trouveur valdotén, de la Kinkerne et du Grand Orchestre des Alpes. Ils étaient bien là, le poil un peu blanchi mais toujours la trogne rubiconde, cascadant sur les touches des accordéons et des vielles, faisant jaillir des geysers nasillards des piféro et des musettes. La musique magique des Alpes était encore une fois descendue des alpages, du bord des lacs et des glaciers, pour tenir la salle sous le charme! Mais il s’est brisé, le charme, et j’ai brusquement vieilli de trente ans quand les trouvères ont cédé la place aux frénétiques.
Place à la nouvelle génération! "Elle est arrivée, finalement. Inéluctable et nécessaire, la nouvelle génération du folk italien est ici avec nous [qui]… à la différence de nos pères refusons une identification géographique précise, ce qui traduit aussi une contemporanéité capable de porter des projets vers d’autres frontières, qu’elles soient physiques ou métaphoriques" (2). Elle est arrivée en effet: le rythme est devenu frénétique et le son assourdissant, saturé de synthé et de guitare basse, permettant tout juste de reconnaître quelques bribes des mélodies traditionnelles.
L’avenir dira si cette mutation était vraiment "inéluctable et nécessaire", si elle participe un tant soit peu à l’évolution qui conduit le progrès du genre humain ou bien ne représente qu’un aléa sans lendemain. La mondialisation de la culture, comme celle du commerce, ne se traduit-elle pas par une perte des repères identitaires? Ne rend-elle pas nécessaire, contrairement à ce qu’écrivent ces jeunes Valdôtains, un ancrage plus solide encore dans la tradition?
 
Pierre Ottin Pecchio.
 
(1) Hypermarché d’Aoste
(2) Extrait du texte de présentation du groupe ABNOBA sur la pochette du CD " Vai facile " www.abnoba.it (traduit de l’italien par l’auteur)
 
 
 
La vie de Joseph de Maistre.
(Suite du récit tiré de la biographie de Joseph de Maistre par François Vermale, parue en 1927 dans les Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie.)
Résumé de l'épisode précédent:
(Note: dans notre numéro précédent (n°11, janvier-février 2006) les chapitres I et II du Livre VI ont été malencontreusement numérotés III et IV. Merci de rectifier)
Joseph de Maistre rêvait depuis sa jeunesse à la restauration de l'unité du christianisme. À partir de 1808 il devient à Saint-Petersbourg le protecteur du catholicisme en Russie. Allié aux Jésuites, il favorise les conversions, combat les protestants et les francs-maçons, cherche à séduire les orthodoxes. En 1815 le Tsar chasse les Jésuites. En juin 1817 Joseph de Maistre doit, la mort dans l'âme, quitter Petersbourg et rentrer en Savoie.
Livre VII: J. de Maistre et Louis XVIII.
Chapitre I: J. de Maistre agent secret de Louis XVIII.
Pendant son séjour en Russie, J. de Maistre servit non seulement Victor-Emmanuel Ier et le tzar Alexandre Ier, mais encore Louis XVIII, roi de France. Cela est si vrai, c'est que J. de Maistre avoue dans une lettre que l'Empereur de Russie le considérait comme un agent secret de Louis XVIII. Il était d'ailleurs courant dans le monde de l'émigration de servir plusieurs maîtres à la fois. (...)
***
À l'occasion de cette collaboration, J. de Maistre se lia d'amitié avec le jeune représentant de Louis XVIII à Saint-Petersbourg, le comte de Blacas d'Aulps, ancien officier. Quoique de quinze ans plus âgé, J. de Maistre fut conquis par l'esprit et la distinction impertinente du brillant émigré français qu'il chaperonna dans la haute société de Saint-Petersbourg. Blacas fut de son côté complètement séduit par le "génie" de J. de Maistre. Plus tard, dans les "Soirées de Saint-Petersbourg", il se plut à faire parler son ami Blacas sous les traits du chevalier de B... N'allez pas en conclure que J. de Maistre ait joué au père noble vis-à-vis de Blacas. Il riait au contraire de ses aventures amoureuses, de son talent de moquerie et d'ironie légère. Maître et disciple vécurent, dans cette société russe si hospitalière, sur le pied de la plus grande camaraderie.
***
Une des vues politiques de J. de Maistre était que tant que le Bourbon de Paris ne serait pas remonté sur son trône, les autres souverains, chassés de leurs États par la Révolution française, ne seraient pas restaurés dans leur puissance. Aussi souffrait-il de voir que le Tzar avec ses alliés n'avaient pas reconnu comme roi de France Louis XVIII réfugié à Mittau sous le nom de comte de Lille. Les coalisés auraient dû suivre, à son avis, l'exemple de Louis XIV à l'égard de Jacques II Stuart, qui, émigré en France, y fut jusqu'au bout traité en roi. C'est pourquoi il fut un de ceux qui conseillèrent à l'entourage d'Alexandre Ier d'obtenir de lui, un peu avant Friedland, qu'il rendît visite, en tant que tzar, au comte de Lille à Mittau. Cette visite eut lieu en mars 1807; elle impliqua par elle-même reconnaissance du frère de Louis XVI comme roi de France.
(...)
***
Après Tilsitt, Blacas quitta brusquement Petersbourg en juin 1808, afin de rejoindre son roi passé en Angleterre. J. de Maistre se chargea de régler les affaires personnelles de son jeune ami aussi bien dans le domaine matériel que, semble-t-il, dans le domaine sentimental!
À Hartweld, Blacas remplaça, auprès de Louis XVIII, d'Avaray, tombé gravement malade. La correspondance entre les deux amis devint très active. De Petersbourg, J. de Maistre s'efforça, malgré les difficultés de communication, de renseigner le mieux qu'il put le favori de Louis XVIII sur les évènements qui se produisaient en Russie et en Europe.
(...)
Chapitre II: Une polémique religieuse entre J. de Maistre et Blacas.
À partir du 3 juillet 1811, une polémique très vive s'engagea entre J. de Maistre et son ami Blacas pour amener Louis XVIII à condamner le gallicanisme, cher à la royauté et à l'Église de France.
L'ancien sénateur de Chambéry, depuis qu'au lendemain de Wagram le pape Pie VII avait eu l'audace d'excommunier Napoléon, maître de l'Occident, était revenu à une sorte d'ultramontanisme intégral. S'il avait blâmé durement Pie VII admettant, en 1804, de se rendre à Paris pour sacrer empereur Bonaparte, couvert du sang du duc d'Enghien, il ne conçut que de l'enthousiasme pour Pie VII préférant, en 1809, l'exil de Savone plutôt que d'admettre la confiscation des États pontificaux par le pouvoir impérial. Cette résistance du Pape émut J. de Maistre. Cette lutte entre l'Empire et la Papauté le passionna. (...)
J. de Maistre écrivit: "Un grand spectacle de cette époque est le "Concile de Paris", qui ne montre jusqu'à présent ni l'intrépidité qu'on avait droit d'attendre de lui, ni la lâcheté que se promettait le Maître. La base du nouvel édifice que veut élever Napoléon est la célèbre "Déclaration du Clergé de France" en 1682".
À partir de cette année 1811, cette "Déclaration" devint la bête noire de J. de Maistre. Il commença à l'étudier et en vint à penser qu'elle était une source d'hérésie, qu'elle constituait un schisme. Il importait au plus vite que Louis XVIII condamnât le gallicanisme. Les Bourbons, qui avaient favorisé cette hérésie à partir de Louis XIV, payaient peut-être ce crime religieux de la Révolution et de la mort de tant de victimes innocentes?... Qui sait? Pourquoi pas?
***
Blacas ayant répondu à J. de Maistre, le 20 octobre 1811, que Louis XVIII ignorait que Louis XIV avait désavoué tardivement la déclaration gallicane de 1682 et qu'il tenait ce prétendu aveu comme "une invention des novateurs ultramontains", ce dernier envoya à son ami un Mémoire sur cette question. Ce travail était le résumé du pamphlet "De l'Église gallicane", qu'il devait publier en 1818.
Sur cet envoi une polémique religieuse commença entre Hartweld et Petersbourg. (...)
Conformément au 1er article de la déclaration de 1682, Blacas ne croit pas que le Pape fasse les rois, car alors, faisant allusion au sacre de Napoléon par Pie VII, le Pape "aurait eu le droit de faire ce qu'il a fait en France et il en résulterait que le sieur Buonaparte serait souverain légitime, puisqu'il a été reconnu et déclaré tel par le Pape". (...)
À ce propos il protestait avec indignation que Pie VII, prisonnier à Fontainebleau de Buonaparte, fût prêt à le soutenir encore, moyennant, disait-on, la signature d'un nouveau Concordat et la restitution de Rome. Blacas se félicitait, en conséquence, d'avoir soutenu contre son ami et les libertés de l'Église gallicane et la non-infaillibilité du Pape.
C'était retourner le fer dans la plaie et raviver la douleur que J. de Maistre avait éprouvée quand il avait senti que Louis XVIII ne condamnerait jamais l'hérésie gallicane.
(...)
Cette polémique devait avoir une autre conséquence en 1814. Logiquement, en cette année qui vit l'occupation de Paris par les armées alliées et la réunion d'un Congrès des puissances de Vienne, J. de Maistre aurait dû représenter à un titre quelconque à Vienne, soit Victor-Emmanuel Ier, soit Louis XVIII, soit même Alexandre Ier.
Dès juillet-août 1813, il avait acquis la certitude que, pour traiter de la paix, la Cour de Cagliari se passerait de ses services et, malgré ses relations avec Alexandre Ier, lui préférerais un noble piémontais. Alors il écrivit à Blacas, le 24 août 1813, pour offrir de servir Louis XVIII. (...)
À Hartweld on fit la sourde oreille à cette proposition de J. de Maistre. La polémique antigallicane avec son ami Blacas y était certainement pour quelque chose... C'était écrit! J. de Maistre ne devait pas assister au Congrès de Vienne.
Chapitre III: Première Restauration. Le Ministère de M. de Blacas. Waterloo.
Le 3 mai 1814, Louis XVIII entrait à Paris en sa qualité de Roi de France. On peut dire qu'à partir de cette date, les idées de J. de Maistre ne cessent d'influer soit les Conseils du Roi, soit l'opinion publique française.
Le 13 mai, lors de la formation du Cabinet du Roi, Louis XVIII donna le ministère de sa Maison à son favori, le comte de Blacas, lequel ne tarda pas à jouer au premier ministre. Blacas écrivait le 14 août 1814 à J. de Maistre: "Combien j'eusse été heureux de vous trouver ici, mon cher Comte! Combien de conseils à vous demander, combien de sages avis à prendre de vous, combien votre esprit m'eût été utile, combien de services m'aurait rendus votre expérience et j'oserai ajouter votre amitié pour moi!"
Ce rôle de conseiller, nous savons que J. de Maistre l'aurait volontiers rempli. À Saint-Petersbourg, il attendait d'un moment à l'autre à être appelé à Paris dans un poste important. Rien ne vint. Ce fut une déception dont il fit part à Blacas quand son ami eut perdu le pouvoir. (...) J. de Maistre avait été profondément déçu.
Cette nomination à Paris aurait été d'autant plus admise par les royalistes français que J. de Maistre jouissait, en 1814, d'une très grosse autorité auprès de l'opinion publique. (...)
***
Le retour de Bonaparte (17 mars 1815), la fuite de Louis XVIII à Gand, furent fatals au comte de Blacas, favori du roi. Il s'était fait deux ennemis redoutables dans la personne de Talleyrand et de Fouché, qu'il entendait bien rendre à leurs études le plus vite possible. Mais ces deux crapules géniales avaient de nombreux tours dans leur sac et se cramponnaient. Talleyrand le fit accuser d'imprévoyance par les Alliés, Fouché fit circuler des accusations de concussion. Blacas, finalement, donna sa démission de ministre de la Maison du roi, le 27 juin 1815. Louis XVIII le nomma duc et ambassadeur à Naples. En outre, il lui accorda les fonds personnels qu'il avait en dépôt à Londres, soit 7 millions. C'était un dédommagement. (...)
Chapitre IV: La Charte. L'Essai sur le principe générateur des Constitutions politiques.
Après Waterloo et la deuxième Restauration des Bourbons, J. de Maistre, à son corps défendant, fut englobé dans l'opposition du groupe Chateaubriand-Bonald à la Charte. (...)
La publication de son "Essai sur le principe générateur des Constitutions politiques" le rangeait fatalement dans le camp des ennemis de la Charte. Par là-même, il devait déplaire à Louis XVIII, pour lequel elle était un traité de paix, un gage de tranquillité "et qui ne cachait pas son ferme propos de s'y tenir". Aux yeux du Roi, la charte qu'il venait d'accorder aux Français "n'était pas une loi transitoire, une concession passagère à l'esprit public, une satisfaction aux exigences du Sénat, mais un acte définitif destiné à consolider la monarchie loin de l'affaiblir". J. de Maistre, venant affirmer qu'"une des grandes erreurs du siècle, qui les professa toutes, fut de croire qu'une constitution politique pouvait être écrite et créée a priori, tandis que la raison et l'expérience se réunissent pour établir qu'une constitution est une oeuvre divine, et que ce qu'il y a précisément de plus fondamental et de plus essentiellement constitutionnel dans les lois d'une nation ne saurait être écrit" se mettait en opposition directe avec la volonté et la politique de Louis XVIII.
J. de Maistre devait d'autant plus déplaire que, dans l'entourage royal, il n'avait plus Blacas pour le défendre. Que, d'autre part, le groupe des ultramontains royalistes qui, à la Chambre introuvable, se proclamaient ses disciples, était fortement critiqué et accusé d'irrespect vis-à-vis du Roi. Le voyage que J. de Maistre fit en 1817 allait lui permettre de mesurer sa disgrâce.
***
Le 24 juin 1817, à 6h. du soir, J. de Maistre arrivait de Calais dans "la grande Lutèce, cette sage, folle, élégante, grossière, sublime, abominable cité avec laquelle il avait longtemps cru ne jamais faire connaissance". Le lundi 7 juillet, il obtenait une audience particulière de Louis XVIII. Le mardi 8 il était présenté diplomatiquement, c'est-à-dire officiellement, au Roi de France et aux Princes. Le 13, il fut reçu en audience particulière par Madame la Duchesse d'Angoulême qui remplaçait la Reine de France... Mais l'accueil fut plutôt froid. (...)
Le 7 août 1817, J. de Maistre quittait Paris à 6h. du matin, se dirigeant sur Lyon et Chambéry. Son départ fut triste. Il disait définitivement adieu au rêve qu'il caressait, sans oser trop l'avouer, d'être employé à la Cour des Bourbons de France. Ses regrets étaient d'autant plus amers qu'il avait été accueilli d'une façon flatteuse dans les salons parisiens où il avait rencontré beaucoup de gens qui, sans l'avoir vu, ne l'en connaissaient pas moins par ses écrits ou par ceux de son frère. Il en coûte quelquefois d'être auteur!
(à suivre)
 
 
 
Gros succès de la 11ème célébration de la Fête nationale de la Savoie.
 
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Près de 400 convives ont banqueté à Chambéry le 19 février, pour célébrer ensemble la Savoie, reconnue comme État européen depuis 1416. Dans la morosité ambiante, dont pâtissent toutes les associations, la force de ce rassemblement fait contraste et réchauffe le cœur. Beaucoup de Savoisiens ont découvert à cette occasion la Une de L'Essor Savoyard (édition de Chambéry) qui publiait, avec l'hebdomadaire associé La Savoie, deux photos de Patrice Abeille et un long entretien qui exposait sur deux pages le parcours des dix ans de la Ligue savoisienne.
Michel Vibert, chancelier de la Savoie Ducale, souhaitait la bienvenue à l'assemblée et remerciait l'équipe d'organisation, qui avait bien fait les choses: en effet les tables et la salle des Conventions étaient magnifiquement décorées. Patrice Abeille fit lecture des messages envoyés par quelques amis absents: Odette et Suzanne Duborgel, Joseph Duchosal, Guiu Sobiela-Caanitz. Michel Jazarguer prononça l'allocution historique et politique. Le banquet fut apprécié de tous les participants, et joyeusement animé par Los Aglietons, par le tirage de la tombola, et bien sûr par Valérie et ses musiciens, venus des Bauges pour faire danser le monde jusqu'à une heure assez avancée de la journée, sans oublier de faire retentir par deux fois la mélodie des Allobroges, dont les paroles furent reprises en chœur par toute la salle.
photos:
 
     
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Michel Vibert vérifie sa caisse
sous l'œil attentif d'une jeune fille.
On se presse au stand du Savoisien.
Michel Vibert, Michel Jazarguer,
Patrice Abeille.
 
 
Fête nationale: allocution de Michel Jazarguer,
membre du Bureau exécutif de la Ligue savoisienne.
Cher(e) s Ami(e) s Savoisiennes et Savoisiens,
C’est non loin d’ici, il y a 590 ans, dans le château de Chambéry, que celui qui, jusqu’à ce jour du 19 février 1416, n’était que le comte Amédée VIII, fut fait duc par l’Empereur du Saint-Empire, Sigismond IV de Luxembourg, Suzerain sur les terres de Savoie.
De retour d’un déplacement en Avignon, l’Empereur fait escale à Chambéry où il est magnifiquement reçu. Il peut mesurer la puissance des Humbertiens et le brillant de leur civilisation. Par lettre patente, dont je vous traduis un extrait en français de ce jour, il érige le comté en duché:
"Si quelque téméraire osait attaquer le présent décret d’illustration, érection, sublimation et décoration, outre notre indignation la plus grave, il encourrait l’amende de 1000 marks d’or pur, applicable moitié à notre trésor impérial, moitié à celui des successeurs des ducs susdits."
En euros de nos jours, cela représente une assez jolie somme, mais comme nous sommes magnanimes, nous ne réclamerons pas aux Gaulois la somme qui nous est due, ne voulant pas creuser un peu plus le déficit de leur budget...
Hélas, trop de nos compatriotes, à ce jour, ignorent jusqu’à l’existence du duché de Savoie.
La France, qui donne des leçons de démocratie au monde entier, a su annihiler, dans les cœurs et les esprits des braves et naïfs Savoyards, jusqu’à la moindre parcelle du souvenir de ce que nous fûmes. Mais son arrogance a échoué à effacer pour toujours le souvenir de la dignité de la Savoie, car la Savoie n'est pas morte, elle continue, elle reprend peu à peu confiance, elle vit et entreprend, elle espère, et vous le prouvez aujourd'hui avec une assurance tranquille, puisque vous êtes ici rassemblés, unis, pour que vive la Savoie!
Combien de fois ai-je entendu dire: "vous parlez français, vous êtes donc Français"! Comme si le fait de parler la même langue incluait une histoire commune. L’identité d’un peuple ne se mesure pas à ses moyens d’expression mais à ses mythes fondateurs, lesquels ne sont pas, en Savoie, ceux de l’Ile de France. Le critère linguistique doit être manié avec précaution. D’ailleurs le français était parlé à la cour du Duc Amédée VIII alors qu’il ne fut introduit à la cour de France que sous François 1er en 1539 par l’ordonnance dite de Villers-Cotterêts et sous la pression de sa mère, Louise de Savoie, fille du Duc Philippe II.
Lausanne, Montréal, Québec, Namur, Charleroi sont-elles des préfectures de la France? Non, bien sûr, et c'est tant mieux. Et pourtant on y parle français...
Nous entendons tous les jours tellement de sottises qu'il est difficile de ne pas perdre son calme, mais il le faut pourtant, il nous faut expliquer sans relâche, réfuter tous ces pseudo-arguments qui ne tiennent pas la route, rabâcher les raisons qui fondent notre droit à la liberté, des raisons qui sont pour nous des évidences mais qui demeurent malheureusement inconnues de trop de gens. Persévérons sur cette voie, et nous convaincrons!
Le combat que nous avons entrepris sera long et semé d’embûches. Plus nous deviendrons dangereux pour l’occupant, plus nous aurons à faire face à des tentatives de déstabilisation.
C'est pourquoi nous devons raison garder et ne pas oublier que notre volonté est: sans armes, sans haine, sans violence, mais avec détermination.
Faisons fi de nos ressentiments personnels, de nos griefs vis-à-vis d’un tel ou d’une telle.
Seule une minorité de personnes constitue l’élément actif de toute communauté humaine et lui imprime une direction. C’est une minorité qui écrit l’histoire. La grande masse des populations ne fait que suivre le mouvement et reste passive. Les plus dynamiques, ceux dont la volonté est la plus claire et la plus affirmée, dirigent les autres. C'est ainsi depuis toujours, et aujourd'hui, une nouvelle fois, votre présence manifeste que vous constituez cette minorité agissante dont la Savoie a besoin et dont la Savoie attend beaucoup. Soyez courageux! (...)
Chacun d’entre vous doit être le porte-parole de notre renouveau et donner courage à ceux qui pensent: "ça sert à rien, on n’y arrivera jamais".
Enfin, petite anecdote, au mois de septembre 2005, lors d’un séjour au Col des Saisies, j’ai remarqué que le drapeau de notre pays ne flottait plus sur le monument commémorant le parachutage en août 1944 d’armes au profit du maquis du Beaufortain. J’ai donc demandé, par écrit, des explications au Maire de la commune. Pas de suite, mais je suis patient. Fin janvier je suis allé chercher, à la Mairie, la réponse. Une personne très aimable m’a répondu: je me souviens de votre lettre, mais nous ne pouvions vous donner une réponse écrite, le préfet nous a donné l’ordre de retirer le drapeau, même le mât, nous ne pouvions faire autrement que d’obéir.
Je vous laisse juges...
Chers amis, il y a tant de choses que je voudrais partager avec vous qu’il me faudrait faire un discours à la Fidel Castro, ce que je ne vous imposerai pas, et je terminerai donc en citant l'écrivain Georges Bernanos: "On n’attend pas l’avenir comme on attend le train. L’avenir on le fait".
 
 
 
 
Vive la Savoie!
Les philatélistes ont aimé...
... ce timbre-poste français illustré par une "orchidée de Savoie". Avec une valeur faciale de 0,35€, il ne vous permettra pas d'affranchir votre courrier ordinaire, mais pensez-y pour compléter l'affranchissement de vos colis et autres envois pesant plus de 20 grammes.
 
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Naissance.
(Tarentaise) Guylaine et Jérôme Gaimard ont le bonheur de vous faire part de la naissance de leur fille Jade Fleur Léane. Viviane et Guy Martin, les grands-parents, partagent leur joie.
Mariage.
Le samedi 18 février 2006 a été célébré l'union de notre fidèle adhérent Roland Guazzoni avec Catherine Narbon. Tous deux sont savoyards puisque Roland est originaire d'Ugine et Catherine de la cité voisine d'Albertville, fondée par le roi Charles-Albert. Les consentements mutuels ont été échangés en la mairie de Faverges (province du Genevois), où résident les deux amoureux, en présence des familles et de nombreux amis. La Ligue savoisienne souhaite bien des années de bonheur à Catherine et Roland.
 
 
 
Comment renforcer la Ligue savoisienne?
Depuis 1995 la Ligue savoisienne travaille à l'émancipation de la Savoie pour répondre aux préoccupations multiples de ses habitants.
La Ligue n'a pas d'autre force que celle que lui donne la réunion de ses adhérents: plus ils seront nombreux, plus l'émancipation de notre cher pays avancera, plus les effets négatifs de l'annexion reculeront.
Si vous souhaitez contribuer à l'effort, demandez les documents d'adhésion (statuts, bulletin d'adhésion, projet de Constitution, etc.) au secrétariat:
Ligue savoisienne
2 avenue de la Mavéria
74940 Annecy le Vieux.
tel. 04 50 09 87 13
<secretariatls@free.fr>
Le tarif de la cotisation annuelle est le suivant:
individuelle: 40€
couple: 55€
étudiant, apprenti: 15€
moins de 18 ans: 5€
 
 
 
Bloc-notes.
Chablais:
la prochaine réunion des membres de la Ligue savoisienne de la province du Chablais aura lieu
Vendredi 24 mars 2006
à 20 heures
à Margencel
Salle des associations
Place de la Mairie
Forum savoisien le 23 avril
Le premier Forum savoisien s'est réuni le 28 août 2005 à Saint-Germain la Chambotte (Savoie Ducale). C'est une réunion conviviale (avec repas sur place moyennant une participation modique) ouverte à tous les adhérents et sympathisants de la Ligue savoisienne. Tous les sujets savoisiens peuvent y être abordés. C'est une journée de formation politique générale, animée par les dirigeants de la Ligue savoisienne. Le premier Forum a été très apprécié par les participants (plus d'une centaine) qui ont souhaité deux rendez-vous réguliers chaque année.
Le Comité du Chablais organise le deuxième Forum savoisien
le 23 avril 2006
à Margencel
Salle des Fêtes (derrière la Mairie)
Réservez votre journée!
 
 
Le Pape et les loups de Maurienne.
Le magazine des élus des Pays de Savoie (Les Mairies... n°124, janvier 2006) publie une intéressante étude, signée par Francis Tracq, sur les démêlés séculaires des paysans de Savoie avec les attaques des loups. De nombreuses mentions historiques attestent que les loups, pendant les hivers rigoureux, en arrivaient à dévorer des humains, de préférence des jeunes filles, dont la chair était plus appétissante que le cuir des vieux montagnards.
Francis Tracq nous apprend que la commune de Termignon, particulièrement exposée, demanda vers 1760 l'intervention du Pape Clément XIII, par l'intermédiaire de l'évêque de Maurienne. Et le Pape fit répondre, en 1764, ceci: "la paroisse doit se repentir de ses péchés, se convertir, faire un jeûne de trois jours, une procession, une aumône publique". Défense est faite aux animaux nuisibles et aux esprits immondes de nuire à la communauté, aux personnes et aux possessions de biens de toutes sortes. Les loups, mal informés de l'interdiction papale, continuèrent de harceler les paysans jusqu'au 20e. siècle: un loup fut encore abattu en 1956 près de Rumilly.
Patrice Abeille suggère d'adapter la réponse papale de 1764 à notre époque. La Ligue savoisienne pourrait répondre aux Mauriennais qui la sollicitent: "Que les Mauriennais se repentent de leur francophilie, qu'ils adhèrent à la Ligue savoisienne, qu'ils lisent Le Savoisien sans allumer la télé pendant trois jours, qu'ils participent au Congrès et à la Fête nationale, et paient leur cotisation. Défense est faite aux animaux nuisibles et aux esprits immondes de nuire à la communauté, aux Savoisiens et à leurs possessions de biens de toutes sortes".
Une solution est donc en vue...
 
C'est vous qui le dites.
L'Hellène et la France.
C'est en lisant l'article sur la condamnation de la Grèce par la CEDH (Le Savoisien n°10 — La Grèce a été condamnée pour avoir suscité une émeute contre les locaux du parti de la minorité macédonienne, NDLR), que m'est revenue à la mémoire, et s'est éclaircie, une histoire que j'ai vécue il y a de ça deux ans. À cette époque, j'ai rencontré une Grecque, à qui j'ai fait visiter un peu notre pays, et à qui j'ai exposé notre problématique, concernant le manque de respect de la "République" vis à vis des engagements qu'elle prend en signant des traités. Celle-ci, après m'avoir écouté, m'avait répondu: "Mais, tu dois te soumettre!!". Je comprend mieux maintenant, à la lecture de l'article, pourquoi elle a eu cette réaction.
L'écrasement des minorités n'est pas qu'une caractéristique de l'impérialisme français.
Maintenant, je dois aussi vous relater la fin de l'histoire. Cette fille rêvait depuis toute petite de venir vivre en France. Elle rêvait de se trouver un mari français, et de devenir française. C'était pour ça qu'elle était là. Eh bien, au bout de deux ans passés en France, tous ses rêves avaient disparu dans la fange. Au bout de deux ans, elle m'avouait que les Français étaient de gros prétentieux insupportables, persuadés d'avoir tout inventé, de la justice aux droits de l'homme. Elle repartait dégoûtée, ou plutôt, guérie. Et moi je savourais l'instant: il avait suffi de laisser le temps passer pour lui montrer que j'avais raison.
Le Ptiou d'Sbliossy.
Baie des Anges et lac des Mesques.
À Nice, plusieurs légendes circulent quant à l'origine du nom de la "Baie des Anges". Celle qui me paraît la plus vraisemblable, la voici. La baie de Nice, un temps fort poissonneuse, fut exploitée par les pêcheurs ligures de façon inconsidérée, jusqu'à en épuiser les bancs d'anchois alors existants. Anchois, en ligure, se dit "ance". Il est de toute évidence que, d'une part la francisation de la région, d'autre part la disparition des anchois ont conduit à retenir un nom apte à attirer le touriste, qu'indispose l'odeur de la marée. "Baie des Anges" est incontestablement beaucoup plus romantique que "Baie des Anchois"!
En remontant vers le col de Tende, nous rencontrons sur la gauche le Vallon de la Minière. À l'endroit où celui-ci croise la Valmasque, les deux cours d'eau de ces vallées se mélangent, au confluent, dans un lac appelé "lac des Mesques" depuis sa francisation. En réalité, son vrai nom est, en piémontais, "ël lag dle Mës-ce", qui justement signifie "lac des mélanges".
Tersillo Fenocchio, Turin.
Réfléchir à la Justice, après Outreau.
Encore un désastre en France: un vilain petit juge a envoyé des innocents en prison.
Je ne développerai pas ici mon idée selon laquelle ce petit juge avait lui-même un problème psychologique. Je ne dirai pas comme certains que son audition télévisée a été un lynchage: a-t-il été livré en pâture à une arène hostile comme l'ont été les innocentés à quelques policiers bien intentionnés, quelques magistrats suivistes et tous ces compagnons d'incarcération toujours haineux envers les supposés délinquants sexuels? Et je n'accorderai pas une once de sincérité aux remords exprimés lors de cette audition par ce mauvais comédien dans un spectacle navrant où le despote (ceux qui ont entendu les innocentés parler du déroulement de certaines auditions devant le juge savent que ce terme n'est pas exagéré) a voulu paraître humain.
Non. Ici, il faut simplement avertir la future Savoie des dangers que représentent pour la démocratie les tares suivantes:
— la fonction de juge d'instruction. De nombreuses voix se sont élevées pour prendre la défense du petit juge et rappeler que de nombreux autres magistrats sont intervenus au cours de l'enquête. Mais quel délice que d'apprendre que le juge des libertés, M. Marlière, lui-même a déclaré à 1'un des mis en examen qui protestait de son innocence: "Monsieur, nous n'allons jamais à l'encontre du juge d'instruction" (cf. audition de P. Martel le 18 janvier à l'assemblée nationale). Ainsi, on peut refuser de mettre toute la responsabilité sur les épaules du juge, on peut reporter la faute sur le système, mais un homme sage, qui ne serait pas rempli de haine et de doute sur l'âme humaine, qui ne s'imaginerait pas omniscient, qui serait tout simplement empreint du désir de chercher la vérité et de rendre la juste justice, n'aurait pas agi comme ce petit juge. Quelles que soient les solutions de procédure pénale que choisisse la future Savoie, elle devra faire son possible pour que ce soit de tels hommes qui président à la conduite des enquêtes.
— l'instruction à charge. Les innocentés ont témoigné que, de nombreuses fois, le petit juge a refusé de prendre en compte des faits, de saisir des pièces qui créaient un doute ou même qui auraient pu les innocenter. Dans la future Savoie, il faudra que les hommes en charge des dossiers n'instruisent pas seulement à charge, que les éléments à décharge puissent être apportés au dossier sans blocage de juges tout-puissants.
— la détention provisoire. La présomption d'innocence est une notion en voie de disparition en France. On a entendu ces jours-ci que plus de 500 années de détention provisoire étaient effectuées chaque année par des innocents en France: est-il besoin de dire ce qu'un tel chiffre nous inspire?
— l'inégalité des citoyens devant la justice. Si le petit juge avait été en fonction à Toulouse, aurait-il placé en détention M. Baudis quand des accusations tout aussi fantaisistes avaient frappé cet homme politique?
Pour conclure, on peut se demander si le droit pénal français est digne d'un droit du 21e. siècle, à porter de telles tares en son sein. Mais la question, plus philosophique, peut se poser ainsi: les hommes qui écrivent le droit ne trahissent-ils pas leurs convictions sur l'Homme? Un droit répressif ne dévoile-t-il pas le doute du législateur sur la qualité de l'âme humaine?
Eh bien, même si l'homme est un loup pour l'homme, à cela il est un remède. Comme le disait un grand écrivain du 19e. siècle: "Cette tête [ ... ] du peuple: cultivez-la [ ... ], fécondez-la, éclairez-là... vous n'aurez pas besoin de la couper". Que les futurs concepteurs du droit pénal de Savoie soient empreints d'une saine foi dans les desseins de l'Homme, et je ne doute pas qu'aucun Outreau bis ne viendra jamais salir l'Histoire de notre nouvelle nation.
Gérald Wojtal-Aillaud.
 
Note de la Rédaction:
Le Projet de Constitution de la Fédération savoisienne (adopté par la Ligue savoisienne en 1998) n'entre pas dans les détails d'un code pénal et encore moins d'un code de procédure. Mais il stipule (articles 36 à 40) que tous les magistrats doivent être élus par le peuple pour un mandat limité dans le temps, les candidats ayant bien sûr les compétences juridiques suffisantes, et que l'administration de la justice en Savoie est placée sous l'autorité d'un Sénat de 9 membres, âgés d'au moins 40 ans, élus par le peuple pour un mandat de 9 ans. Il s'agit d'un véritable pouvoir judiciaire issu du peuple, alors qu'en France les magistrats, issus pour la plupart d'une école d'État unique, sont des fonctionnaires d'État dont la carrière dépend très largement du pouvoir exécutif. L'indépendance du pouvoir judiciaire élu n'est pas une garantie absolue contre les erreurs et les abus, mais c'est un garde-fou permanent, plus réaliste que la foi en l'Homme car moins susceptible d'égarements.
 
 
Opium ou cannabis?
"Il s’agit essentiellement de réfléchir aux implications politiques et civiles des religions, et non d’en discuter les dogmes" écrivait Patrice Abeille dans Le Savoisien de janvier–février 2006 (1) pour définir les limites du débat.
J’en suis d’accord, mais je suggère d’élargir ce champ aux implications pénales.
Le procès du gang de Roubaix, qui a été largement commenté dans la presse, a permis de découvrir la personnalité et le CV de Lionel Dumont, étudiant en histoire, converti à l’islam radical en 1991. Il participe aux combats des musulmans en Bosnie (1994) et, de retour en France, à des attaques à main armée, tentatives d’attentat, fusillades avec la police (1996) pour lesquelles il passe en jugement actuellement.
Au cours de son procès la psychologue Brigitte Bonafé déclare à la barre: "Il a laissé tomber le cannabis mais s’est shooté à la religion".
Si ça ne vous rappelle rien, relisez Le Savoisien de novembre.
Pierre Ottin pecchio.
(1) Dans la note 2. de l’article "Savoie souveraine et laïque"
 
 
Tribune libre. Outreau et le Droit de l'Environnement.
Il pourrait paraître provocateur d'associer dans le même éditorial Outreau et l'écologie. Pourtant le parallèle est saisissant si l'on prend en compte la réalité du "fiasco judiciaire" d'Outreau. Car, en réalité, Outreau n'est pas un fiasco. Au contraire, c'est l'un des rares procès qui a permis d'établir l'innocence de personnes injustement poursuivies. Ce qu'il faut bien comprendre, comme l'expliquait fort bien Me. Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des Droits de l'Homme, dans une tribune de Libération, c'est que le fonctionnement judiciaire dans ce dossier a été identique à ce qu'il est quotidiennement dans notre pays.
Il n'y a pas eu d'erreur judiciaire (qui aurait consisté à condamner des innocents) mais le déroulement ordinaire de la Justice en France aujourd'hui: dure aux faibles, sans contre-pouvoir sérieux, expéditive, strictement contrôlée au niveau des procureurs de la République par le pouvoir politique, fermement conditionnée par la peur d'apparaître laxiste (au moment où il n'y a jamais eu autant de prisonniers en France depuis la Libération), soumise à des contraintes de productivité infernales au lieu de donner les moyens nécessaires. Loin donc d'être une exception imputable à un mauvais "petit juge", Outreau met à nu le scandale quotidien de la Justice en France.
Et l'environnement, nous direz-vous?
Eh bien le Droit de l'Environnement pâtit de ce même fonctionnement ordinaire de la Justice en France.
Il faut aller vite, or les dossiers environnementaux nécessitent du temps, des investigations, des moyens; s'occuper d'environnement veut dire être mal noté sur ses feuilles d'activité.
Il ne faut pas gêner les puissants, or il suffit que l'entreprise délinquante argue d'une conséquence sur l'emploi pour que tout le monde s'affole, que le maire ou le Conseiller général téléphone au préfet, qui téléphone au procureur, pour que le dossier soit traité avec tout le sérieux du coude droit ou du coude gauche.
Travailler sur ces dossiers n'est pas une priorité, la priorité au ministère de la Justice c'est la délinquance des petites gens et des jeunes d'origine étrangère, celle qui permet d'afficher des sanctions records, des procédures de comparution immédiate, etc.
Et, au contraire, la politique de la Chancellerie est celle de la criminalisation des actions collectives citoyennes.
La mise en garde à vue de l'ami Jean-Pierre Coméliau, président de l'Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc (ARSMB), suite à leur action "anti-camions" du mercredi 8 février, en est un exemple parmi d'autres. L'objectif est clair: utiliser le fonctionnement "normal" de la Justice au service d'une répression systématique pour écraser les lanceurs d'alerte; les militants qui appliquent à la lettre le principe constitutionnel de précaution. On le voit pour les faucheurs d'OGM. On le voit pour les militants syndicaux trop actifs comme les conseillers prud'homaux de Thonon les Bains.
L'appareil judiciaire répressif strictement contrôlé par la Chancellerie via les Parquets est à l'œuvre pour dissuader les citoyens de militer.
Face à cela, la suppression des juges d'instruction serait une catastrophe pour les associations de défense de l'environnement. Magistrat indépendant, le juge d'instruction est aujourd'hui l'unique moyen des écologistes pour tenter d'obtenir justice devant le tribunal correctionnel. Alors ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain...
Les Amis de la Terre en Haute-Savoie.
(Ce texte a été d'abord publié dans "La baleine des lacs d'Annecy et du Léman" n°19, le 13 février 2006, bulletin internet des Amis de la Terre en Haute-Savoie. Contact: haute-savoie@amisdelaterre.org)
 
Marianne fait des dettes, Conte immoral.
Il était une fois une jeune fille de bonne famille qui, après avoir connu les malheurs de la guerre, trouva enfin le bonheur avec un Général qui l’aima passionnément. Hélas, elle fut rapidement veuve et, encore jeune et belle, attira l’attention de beaux messieurs pas toujours recommandables.
D’abord un banquier très riche mais déjà vieux et malade, puis un aristocrate beau parleur mais sans fortune, puis un avocat de gauche (caviar) et enfin, pour son malheur un arriviste un peu escroc, Chichi, qui la saoûla de belles promesses! Il avait des projets grandioses et il lui fallait toujours plus d’argent… Mais ses projets échouaient les un après les autres. Marianne qui avait déjà dû emprunter un peu pour couvrir les dépenses, emprunta de plus en plus et dut même commencer à vendre ses propriétés: petit à petit tous ses biens allaient y passer! Poussée par Chichi qui, lui, ne faisait toujours rien pour réduire les dépenses, elle continuait à faire des dettes et ses maigres revenus suffisaient tout juste à en payer les intérêts. Comment s’en sortir? Marianne n’en dormait plus…
Alors Chichi, qui avait des relations dans la Banque (et plus d’un tour dans son sac) lui proposa une solution: reporter leurs dettes sur les héritiers de Marianne. Il suffisait de signer des obligations! (1) Que faire? Elle signa. Mais ce que Chichi ne lui dit pas, c’est que ces obligations, que les héritiers de Marianne devraient rembourser, rapporteraient de l’argent à ses héritiers à lui qui feraient un confortable bénéfice…
C’est immoral, d’accord, mais… CE N’EST PAS UN CONTE. C’est bien comme cela que s’y prennent le Gouvernement et l’État français, qui ne seront plus longtemps les nôtres heureusement (2), pour faire payer leurs 3 000 milliards (trois mille milliards!) (3) d’euros de dette par les contribuables… Mais les plus aisés (les héritiers de Chichi) y gagneront car ils ont les moyens d’acheter des OAT et bénéficieront en plus de réductions d’impôts en 2007. Profitez-en bien, Messieurs, il n’y en a plus pour longtemps!
Jean Aymard.
(1) Il s’agit des obligations assimilables du Trésor public (OAT) remboursables au bout de 7 à 50 ans.
(2) C’est l’endettement écrasant de l’État qui avait obligé Louis XVI, en 1788, à convoquer les États Généraux avec les résultats que l’on sait dès 1789. Mais à l’époque, la Savoie n’était pas concernée!
(3) Chiffre probable de la dette quand on y inclut les engagements de l’État pour les retraites des fonctionnaires (voir l’article de Pascal Gobry, expert spécialiste du financement des retraites, dans Le Monde du 16/12/2005)
 
 
Libérer sa voie? Libérer la Savoie? Libérer Sa Voie!
Commencer par se libérer soi-même pour pouvoir libérer son pays, c’est le sens du message que nous adresse Michel Fontaine dans son ouvrage Libérer Sa Voie (à paraître) dont Le Savoisien publie de larges extraits.
Michel Fontaine, né en 1947, Docteur en Médecine, vit à Chamonix où il exerce la médecine générale depuis une vingtaine d’années après avoir consacré plus de dix ans à la recherche médicale en immunologie.
C’est de sa réflexion de chercheur, de praticien au contact des malades et de Savoisien passionné de montagne qu’il tire le message fort qu’il nous adresse aujourd’hui.
En se promenant sur les routes de France, il est facile de voir à certains symboles à quel point l’État français s’est constitué en une entité indépendante des Français. De voir comment il les programme à accepter cela afin qu’ils renoncent d’avoir un pouvoir sur lui.
Par exemple, à l’approche de travaux en cours, un panneau annonce: "Ici, l’État investit pour votre avenir". Qu’est-ce que cela veut dire? Quelles sont les significations d’un tel message? Tout d’abord, le premier message implicite, le plus fort, est "L’État est à l’État, il ne vous appartient plus". Ensuite: "Estimez-vous heureux qu’ici l’État condescende à investir pour vous, il pourrait ne pas le faire". Enfin: "L’argent investi ici n’est pas le vôtre mais celui de l’État". Cette séparation de l’État et des Français est manifeste à tous les étages de la société. Autre exemple: l’État a recapitalisé le Crédit lyonnais à hauteur de 20,5 milliards de francs après le scandale que l’on sait, scandale dont les gérants de l’État sont totalement responsables mais dont la réparation ne leur coûtera rien, bien au contraire pour certains qui ont réussi à s’enrichir grâce à lui. Il annonce alors que les Français n’auront à débourser que de 1 à 3 milliards de francs et que lui, État, mettra le reste. Il a complètement oublié qu’il est la propriété des Français. Il n’est que le gestionnaire de l’argent des Français et tout l’argent qui est entre ses mains est à eux! Leur argent ne lui appartient pas et il a des comptes à leur rendre pour ce qu’il en fait. Mais cela, il fait semblant de l’oublier.
De plus il aimerait bien que les Français l’oublient et, à cette fin, il met en place clandestinement toutes les manipulations psychologiques nécessaires. Ce serait gênant que les Français lui demandent des comptes parce qu’il a pris 35 milliards dans la caisse de retraite de France Telecom! Il en avait un besoin immédiat pour combler les trous de sa gestion à la petite semaine, mais payer ces retraites coûtera 240 milliards à l’avenir… Devinez quelles sont les victimes toutes désignées pour payer cette addition?
L’État fait les lois pour imposer la rigueur de gestion, la transparence et l’honnêteté aux autres, mais pas à lui-même. "Faites ce que je dis mais pas ce que je fais!" est une des grandes incohérences et perversités introduites par l’État dans la société française.
En toute logique, au regard des règles de fonctionnement du psychisme humain, cela ne marche pas et ne marchera jamais. Comment exiger des Français ce qu’il n’observe même pas lui-même? (1) C’est une aberration qui pour se maintenir est obligée de passer par la tyrannie. Ceux qui gèrent l’État d’une façon aussi abusive se disqualifient totalement pour assumer le pouvoir auquel ils ont l’arrogance de prétendre. Ils osent encore faire croire à "l’exemplarité de l’État" alors qu’il n’est plus qu’une machine sans conscience qui leur sert de paravent. Un masque commode pour se défausser de leur propre responsabilité, des dangers résultant de leur propre implication dans la gestion des affaires publiques... L’État montre sans cesse son inexemplarité comme celle de son secteur public, toujours moins performant, toujours plus coûteux et plus irresponsable que le secteur privé. La classe politique au pouvoir prétend donner des leçons de courage, de morale et de civisme aux Français, alors que tout ses actes témoignent qu’elle ne sait même pas ce que sont ces valeurs!!! Qu’il y a loin de la parole aux actes et combien les actes parlent plus que les paroles! Beaucoup d’hommes d’État aimeraient se présenter comme des repères de moralité et d’exemplarité, mais le fait même d’être au service de l’État les prive de jouir de l’intégralité de leur conscience d’individu.
 
Dr  MichelFontaine
(1) Seule la valeur de l’exemple peut conférer une autorité légitime aux hommes de pouvoir. L’arbitraire, jamais. Il se condamne toujours à être dévoilé et abattu...
 
 
 
Pétrole apocalypse.
 
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Yves Cochet, député Vert de Paris, a sorti ce livre en août dernier (chez Fayard), dans lequel il explique pourquoi et comment le pétrole (et accessoirement aussi le gaz) va devenir une denrée rare, dont le prix va monter sans jamais plus redescendre, et quelles en seront les conséquences sur nos vies.
Le phénomène est simple à comprendre. Les courbes de la production de pétrole et celles des découvertes de gisements sont corrélées, à 30 ans d’écart. Or, en 1977, nous avons franchi le maximum de la courbe des découvertes de gisements de pétrole sur Terre. Donc en toute logique, d’après Y. Cochet, nous allons franchir le pic de Hubbert en 2007, date après laquelle la demande sera toujours plus grande que l’offre et donc date après laquelle la flambée des prix ne pourra jamais s’éteindre. Le phénomène sera d’ailleurs amplifié par les croissances chinoise et indienne qui feront monter le volume de la demande. Yves Cochet nous met en garde contre nos réflexes d’idées toutes faites qui consistent à penser que "l’homme trouvera forcément quelque chose pour remplacer le pétrole". Il explique qu’on ne peut pas faire mieux que le pétrole en terme de rapport "énergie disponible/volume/énergie investie pour l’extraction", et que si nous voulions nous tourner vers des solutions nécessitant l’usage de l’électricité, pour ne remplacer par exemple, que le quart de la production actuelle de pétrole (avec les hypothèses les plus favorables en terme de rendements), il faudrait multiplier le nombre de centrales nucléaires par 4,5 (le triple avec des rendements plus réalistes). Donc sans même compter ni le coût faramineux des centrales, ni la dangerosité du nucléaire et de ses déchets, ni la perte du côté pratique du caractère liquide du pétrole, il faudrait de toute manière un jour ou l’autre faire face à une nouvelle pénurie, celle de l’uranium. L’installation massive d’éoliennes pour compenser serait tout aussi coûteuse.
Ce sont donc tous les domaines de l’économie dépendant du pétrole qui seront touchés: industrie, agriculture, transport, résidentiel-tertiaire, non-énergétique (plastiques). La rareté induira, à moins d’une coopération mondiale, obligatoirement des conflits, dont la gravité pourra prendre n’importe quel degré sur l’échelle allant de 0 au chaos total. Il convient donc, d’après Y. Cochet, de prendre les devants, en diminuant notre consommation d’énergie et en relocalisant dès maintenant nos économies, comme au bon vieux temps de nos grands-parents, que beaucoup d’entre nous ont encore bien vivant en mémoire. Et ceci pour éviter la disparition pure et simple de "la" civilisation. Les ruraux ont tout intérêt à prendre conscience de l’importance de leur civilisation pour la survie à long terme de "la" civilisation occidentale.
Quelles seront les conséquences pour la Savoie? De nombreux articles ont déjà paru ça et là à ce sujet, et je n’apporterai rien de bien nouveau en terme d’analyse: le tourisme de montagne deviendra une activité de luxe pour les clients éloignés, et la concurrence sur ce point sera très forte entre les stations des Alpes, tous pays confondus. L’effet de la raréfaction du pétrole sur cette concurrence sera d’ailleurs amplifié par les effets du réchauffement climatique. Pour les stations qui ne pourront pas retenir les clients consommant du grand luxe, la clientèle va donc se relocaliser, et elle sera moins fortunée. Pour le transport des voyageurs, un effet de compensation sur le rail est peu probable, vu d’une part les débits de voyageurs déjà élevés en période de vacances vers nos villes, et compte tenu du prix des billets pour les familles, le côté moins pratique lorsqu’il faut transporter des bagages, etc. Ceci dit, nous pourrions très bien voir les compagnies de chemin de fer changer leurs politiques de prix pour justement attirer ces familles qui ne pourront plus se permettre la voiture... si toutefois l’enneigement des stations en dessous de 2000m permet toujours l’accueil de tout ces "eskivants". Dans le sens inverse des flux, le bon côté des choses sera peut-être que les Savoyards, n’ayant plus les moyens de partir loin, réinvestiront la vie sociale locale pour leurs loisirs, plutôt que de laisser des vies de villages vides au moment des vacances.
Au niveau de l’agriculture, il me semble que, depuis plusieurs années déjà, la Savoie a su se rediriger vers une agriculture moins intensive et des produits de qualité, ce qui lui évitera la débâcle des agricultures fortement dépendantes du pétrole (engrais, nourriture importée). Il ne lui manque plus qu’une conscience globale active, pour développer ses boucles de distributions locales en priorité. Ceci aurait toutes les vertus, puisque la relocalisation associée à une production de qualité, comme celle de nos anciens, est moins sensible aux problèmes de coûts de transports, procure une bonne qualité de vie alimentaire, assure le maintien de la qualité de nos cadres de vie ruraux, et peut même, dans certains cas, relancer la vie sociale satisfaisante d’autrefois. Je suis assez confiant dans l’esprit de conservation savoyard, pour penser que beaucoup d’entre nous résisteront à la fièvre immobilière "au cas où" on aurait besoin des terrains agricoles pour survivre. Ceux là s’en sortiront sûrement mieux que les autres qui ont déjà bradé les héritages de leurs parents. Pour ce qui est des flux de transport en interne, tous les gens qui se sont endettés avec des maisons à prix exorbitant vont voir leur niveau de vie encore diminuer, puisqu'il leur faudra toujours parcourir les nombreux kilomètres séparant leur lieu de travail et leur domicile, mais ceux-ci leur coûteront toujours plus cher. Les couples où les deux époux travaillent loin risquent fort de disparaître. L’hémorragie immobilière en milieu rural se calmera, au profit d’une reconcentration urbaine, si toutefois l’économie permet toujours ce changement de cap. En termes énergétiques, la Savoie, avec tous ses barrages, est probablement relativement tranquille, mais le calcul précis reste à faire.
En conclusion, évidemment, il y aura forcément un ralentissement du niveau de consommation (fini les gros 4x4, les quads et les motos!), puisque les produits manufacturés vont cesser d’être produits à bon marché, et que les produits alimentaires d’importation vont devenir très chers. Mais la situation ne sera peut-être pas aussi catastrophique qu’on pourrait le penser. Pour tous les Savoyards qui auront été assez prévoyants pour préserver leur héritage de ruraux, la survie devrait être possible, s'ils n’attendent pas pour valoriser leur patrimoine. Pour les autres, et tous ceux dont les revenus dépendent d’activités liées au pétrole, cela risque d’être un peu plus dur, et le pays risque bien de se dépeupler un petit peu.
La lecture de ce livre est très instructive, même si monsieur Cochet, en bon monchu qu’il est (p. 230), essaiera de nous faire croire qu’il est lui-même l’inventeur de la vie rurale "relocalisée", et du même coup, de nous déposséder de notre héritage culturel...
E.Verney.
 
 
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