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N° 18
septembre octobre 2006
 
Éditorial Écologie et inconséquences.
Le syndrome du laquais.
Le deuxième général (suite).
Le peuple suisse durcit les conditions d'immigration et d'asile.
Quel avenir pour la Belgique?
Ceux qui s'endettent et ceux qui remboursent
Choix de fin de vie à l'hôpital de Genève.
Les notaires de Savoie ne font plus Chambre à part.
C'est vous qui le dites... Rectificatif.
Message aux jeunes qui se sentent français.
Deux nouveaux collèges en Savoie du nord.
TOS départementalisés sans douleur.
Margencel, pôle de formation.
Pesticides: un nouveau plan très médiatique.
Libérer sa voie? Libérer la Savoie? Libérer Sa Voie!
Souvenir à Méribel
Bloc-notes.
La Haute Maurienne,
Cette vilaine Sasson!
Citation.
Le déficit de la sécurité sociale:
Zakopane, ville montagnarde polonaise.
En Tchétchénie vers 1810.
La Ligue savoisienne accueille de nouveaux membres.
 
 
 
Éditorial
 
Écologie et inconséquences.
 
Climat plus brutal, menaces de pénuries d'énergie, de blé, de poisson, prix des approvisionnements à la hausse: les contraintes naturelles se font de plus en plus visibles. Le populaire Nicolas Hulot a donc été bien entendu quand il a menacé de se présenter à la présidentielle si les candidats ne prenaient pas au sérieux l'état alarmant de la planète. Les campagnes électorales seront sans doute fortement barbouillées de vert. Mais les barbouilleurs qui nous parlent si fort se dérobent à leurs responsabilités, au devoir de vérité, et dissimulent leurs dérobades. Deux constatations le prouvent.
Premièrement, aucun parti, aucun candidat, de peur de perdre des voix, ne va oser reprendre la proposition de l'expert Jean-Marc Jancovici (1): augmenter régulièrement, fortement et durablement la taxe sur les énergies non renouvelables (pétrole, charbon, gaz naturel). On aura beau retourner le problème dans tous les sens, c'est pourtant le seul moyen de nous obliger à y renoncer progressivement, en rendant plus avantageuses les énergies renouvelables et en nous incitant fortement à modifier notre mode de vie. Cette formule n'a rien à voir avec un matraquage fiscal: il suffit de diminuer ou supprimer d'autres impôts, cotisations, contributions, pour rétablir l'équilibre ou réduire la pression. Mais les candidats ont toujours peur du coup de colère de l'automobiliste à la pompe...
Deuxièmement, aucun parti, aucun candidat n'évoquera la question démographique. Pourtant, il est évident que plus la densité de population augmente, plus les désordres écologiques deviennent graves et difficiles à résoudre, même dans les pays qui n'ont pas atteint, et de très loin, notre niveau de consommation. On ne voit pas bien, d'ailleurs, ce qui autoriserait les pays développés à interdire aux autres peuples l'accès au confort...
En Europe la densité commencerait à baisser d'elle-même dans quelques années par le vieillissement naturel. Mais voilà, personne ne veut renoncer à la croissance démographique (ni à la croissance économique, mais c'est un autre sujet, quoique souvent lié au précédent).
À la gauche de la gauche et chez les Verts, on veut donner "des papiers" à tous ceux qui se présentent, on est pour le droit des habitants du tiers-monde à venir vivre chez nous. Au PS, à l'UDF et à l'UMP, on est pour l'immigration plus ou moins contrôlée mais forte et régulière. À la droite de la droite, les "nationaux" préconisent l'immigration zéro (un slogan facile, dont on attend toujours les détails d'application pratique), mais insistent sur la relance de la natalité. Et bien sûr, tous ces gens réunis sont d'accord pour que la population française (et européenne et d'ailleurs) immigre en masse en Savoie, dont la population vient de doubler en 50 ans!
Sur ce sujet comme sur tant d'autres, la Savoie n'a rien de bon à attendre des prochaines joutes électorales: elle doit mettre en oeuvre ses propres réponses à ses propres défis écologiques. Le Savoisien y contribue, et il continuera.
Patrice Abeille.
(1) Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, Le plein, s'il vous plaît, la solution au problème de l'énergie, éditions du Seuil, 2006, 190 pages, 18€. Voir notre analyse dans Le Savoisien n°13, page 12.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le onzième Congrès de la Ligue savoisienne
(ouvert au public, entrée libre)
aura lieu à Saint-Gervais (Faucigny)
le samedi 4 novembre, de 9h à 19h
et le dimanche 5 novembre, de 9h à 13h
Le onzième Congrès
Espace Mont-Blanc
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le syndrome du laquais.
 
La question de l'émancipation de la Savoie serait-elle devenue un tabou?
Certes, depuis la fondation de la Ligue savoisienne en 1995, l'idée d'une Savoie libre de toute domination française trotte dans les esprits. Mais la puissance annexante, comme elle avait peu à peu étouffé, après 1973, la revendication d'une Région Savoie, ne lésine pas sur les moyens pour faire disparaître les sujets qui fâchent. Et comme toujours les meilleurs alliés du pouvoir sont les élus et les notables savoyards qui préfèrent faveurs et honneurs à la défense de la vérité. Hélas, ils sont nombreux.
La France ne veut pas que l'on sache qu'elle a trahi tous ses engagements pris lors de l'annexion de 1860. Au bord de la faillite, elle ne veut pas que l'on voie ce qu'elle perdrait en lâchant sa poule aux oeufs d'or, une proie qu'elle convoitait depuis toujours et qu'elle annexa à huit reprises. La France voudrait nous faire croire que l'annexion de 1860 est DÉFINITIVE! Dans l'histoire, il y a si peu de faits définitifs...
L'incohérence et le désordre qui s'étalent dans la France d'aujourd'hui ne laissent rien présager de bon pour les temps qui viennent, tout le monde en parle et s'en désole, mais prendre ses responsabilités publiquement c'est une autre paire de manches! Comme toujours dans une grande crise morale ou de civilisation, l'individualisme triomphe avec la lâcheté, ce qui aggrave encore les choses.
Les paradoxes s'étalent sans complexes. Ainsi, certaines mairies savoyardes pavoisent leurs frontons du drapeau du Tibet tout en refusant d'arborer les couleurs savoisiennes! Pourtant, que de similitudes entre ces deux vieilles nations: installées au pied de hauts sommets, elles occupent des positions géostratégiques, que leurs puissants voisins se sont appropriées en violant le droit international et en asservissant, voire en tentant d'évincer, les autochtones.
Mais il est bien plus facile de réclamer un Tibet libre à des milliers de kilomètres de la Chine que de travailler à l'émancipation de la Savoie face à Paris! Il n'y a pas qu'à propos de l'Algérie ou des Antilles que la mémoire de la colonisation est refoulée...
(Je note que le sénateur Thierry Repentin fait encore plus fort: lors d'une visite au Tibet il a admiré les efforts de la Chine pour la mise en valeur de ce pays. Lui, au moins, est logique avec lui-même: pour Paris et pour Pékin. Cela rappelle le voyage en URSS d'Édouard Herriot, qui avait vu l'Ukraine comme "un jardin"...)
Les laquais de la République, ayant perdu tout courage, mettent toute leur ardeur à cirer les chaussures de leurs chefs politiques et des hauts fonctionnaires qui s'amusent à leur filer de grands coups de pied aux fesses. Et ça marche! La preuve: la vraie-fausse décentralisation, qui transfère aux collectivités territoriales des charges financières qu'un État moribond ne peut plus assumer. Le comportement des présidents de nos deux Conseils généraux est édifiant de soumission. Ils prennent la gestion des personnels d'entretien et de service des collèges, des routes nationales, des personnels de la DDE, du RMI, de l'APA, en sachant très bien que, comme pour les collèges, les routes départementales ou l'aide sociale, les dotations de l'État ne suffiront pas, et de loin, à couvrir les services dont la population a besoin. Mais ils se gardent bien d'exiger, en échange, la décentralisation du pouvoir politique et fiscal, alors qu'avec l'Assemblée (des Pays) de Savoie ils ont l'instrument tout prêt!
Avec des "patrons" de cette trempe, les préfets n'ont aucun mal à mener les affaires à la baguette, alors qu'ils ne sont pourtant élus par personne. En bons premiers flics de leurs départements ils commandent tout le monde, sauf les délinquants, avec lesquels ils ne savent plus quoi faire...
Les laquais ont toujours peur du maître et se complaisent dans leur soumission: oh oui, seigneur, encore un coup de fouet, c'est tellement bon! Le contraire de l'indépendance, c'est la dépendance, avec son double sens d'obéissance et d'addiction: on en redemande jusqu'à la fin!
Trop rares sont les élus qui osent tenir tête aux préfets: il faudrait quand même leur rappeler que leur fonction antidémocratique est une spécificité française qui plaît beaucoup aux pouvoirs dictatoriaux (Vladimir Poutine a supprimé il y a deux ans l'élection des gouverneurs).
Le syndrome du laquais se diffuse dans la population. On l'a vu notamment cette année avec l'affaire du loup et des "lupicides baujus" (voir Le Savoisien n°14). Alors que seul notre journal avait publié un article du Code de l'Environnement (art. 427-9) utile à la défense des éleveurs qui protègent leur troupeau, personne n'a osé reprendre cette simple information légale: ni les responsables agricoles, ni les représentants des chasseurs, ni les élus locaux, ni les parlementaires pourtant théoriquement législateurs!
Pendant ce temps l'État français, à force de donner dans le superflu, manque à l'essentiel, incapable de réformer ses institutions. Mais à part ça... tout va très bien, madame la marquise!
Dans son ouvrage La Savoie dans la balance politique de l'Europe, l'avocat chambérien Adolphe Berthet posait, en 1860, quatre questions pertinentes:
1. La Savoie peut-elle rester unie au Piémont?
2. La Savoie peut-elle être constituée en un État indépendant, sous une forme quelconque de gouvernement de son choix?
3. La Savoie doit-elle être réunie à la France?
4. La Savoie doit-elle être annexée à la Suisse, avec la garantie de sa neutralité armée sous la protection de toutes les grandes puissances de l'Europe?
On ne le dira jamais assez, l'histoire ressert toujours les mêmes plats. L'indépendance récente du Monténégro est là pour le prouver, une fois de plus.
Joël Ducros.
 
 
 
 
 
 
 
 
Le deuxième général (suite).
Très peu de lecteurs ont répondu à mon appel, lancé dans un éditorial en Une du numéro précédent (n°17, août-septembre), qui comportait la question suivante: Thomas-Alexandre Dumas nous a été présenté comme le premier général noir de l'armée française; qui fut le deuxième général noir, et quand?
Je rappelle que Thomas-Alexandre Dumas, fils d'un petit noble français et d'une esclave noire d'Haïti, père du romancier français Alexandre Dumas, a fait l'objet d'une cérémonie au col du Petit Saint-Bernard, voulue par le ci-devant ministre des Finances Hervé Gaymard, célébrée par les Chasseurs Alpins et le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres le 24 juin dernier, et fortement contestée, au son puissant des cloches de vaches, par les Savoisiens.
L'écrivain Claude Ribbe, qui était l'invité principal des réunions organisées par la FACIM (présidée par Hervé Gaymard), nous a communiqué ceci:
 
Je n’aime pas beaucoup le terme général "noir", ce vocabulaire n’étant pas dans ma culture. Mais s’agissant d’officiers généraux ayant des ascendances africaines liées à l’esclavage aux Amériques, j’ai le souvenir que le 23 juillet 1795, soit à peu près deux ans après la nomination du général Dumas, sur le rapport du conventionnel Defermon, quatre Français de Saint-Domingue que d’aucuns qualifieraient aujourd’hui de "noirs": Toussaint Louverture, Villatte, Rigaud et Beauvais, devinrent le même jour généraux de brigade de l’armée française. Pour la place de second général noir, il y eut donc quatre ex-aequo.
Dont acte. Il y eut donc quatre ex-aequo au titre de "deuxième général noir". On sait que Toussaint Louverture, après la répression de la révolte d'Haïti, finit ses jours en forteresse dans le Jura. Nous ne savons rien de la fin de carrière de ses trois collègues...
J'ai donc demandé à Claude Ribbe ce qu'il fallait écrire si on voulait éviter l'expression "général noir". Sa réponse fut très succincte:
 
On écrit ce qu'on veut, la plume savoisienne n'étant point serve, je présume.
Un autre lecteur, Gérard Théobald, nous indique ceci:
 
Le dernier général de descendance africaine fut Adolphe Diagne, qui était médecin militaire; il a obtenu ses étoiles en 1963. Son père fut le premier député africain en 1914, et sous-secrétaire d'État à l'Outre-mer, et ami de Clémenceau. Aussi, c'est à cet homme, Blaise Diagne, que l'Afrique doit le sang versé de ses contemporains à Verdun ou ailleurs...
Nous en sommes donc à six officiers "noirs", ou "de descendance africaine" promus au rang de général par l'armée française en plus de deux siècles. C'est très peu, et cela indique que les militaires français et un ministre étaient mal fondés à venir parader en Tarentaise en se glorifiant de la non-discrimination et du respect de la diversité.
À moins que d'autres lecteurs ne viennent augmenter la liste... Sait-on jamais?
Patrice Abeille.
 
 
 
 
 
 
 
 
Le peuple suisse durcit les conditions d'immigration et d'asile.
 
Les questions posées au peuple suisse le 24 septembre ont été tranchées nettement, en faveur d'une restriction des possibilités d'immigration et d'asile en Suisse.
Les nouvelles règles entreront en vigueur progressivement en 2007 et totalement le premier janvier 2008. L'immigration de non-européens ne sera permise que pour occuper un emploi précis de spécialiste pour lequel aucune personne suisse ou européenne n'aura pu être recrutée. Les demandeurs d'immigration ou d'asile qui fourniront de faux renseignements ou se présenteront volontairement dépourvus de preuves d'identité seront refusés. Les mariages de complaisance seront punissables. Les aides aux requérants d'asile seront réduites à 600 euros par mois. Voilà quelques-unes des mesures, au demeurant fort nombreuses, qui ont été définitivement adoptées par le peuple, par votation, pour réformer une loi qui datait pour l'essentiel de 1931.
Le peuple suisse a donc rejeté une initiative de la gauche (soutenue par les Églises et l'ensemble des media) qui tendait à abroger une loi proposée par le Conseil Fédéral et adoptée par le Parlement.
Tous les cantons ont approuvé les restrictions à l'immigration et à l'asile, avec des majorités variables, de 80% à Schwytz à 52% à Genève.
 
 
 
 
 
 
 
Quel avenir pour la Belgique?
 
Le 18 août 2006, le quotidien français Libération a publié un entretien avec Yves Leterme, ministre-président de la Flandre, qui a fait scandale en déclarant: "apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais"...
Les Belges francophones se sont sentis insultés, mais ils ne peuvent nier que bien peu d'entre eux parviennent à maîtriser la langue des Flamands. C'est d'ailleurs la même chose en Suisse: les Suisses romands ne font pas d'effort pour apprendre le suisse-allemand, alors que beaucoup d'Alémaniques instruits parviennent à parler un assez bon français.
Yves Leterme, lui-même d'origine wallonne par son père, précise l'origine ancienne de la frontière linguistique belge:
"Lorsque nous avons fixé définitivement cette frontière entre les néerlandophones et les francophones, en 1963, on a consacré une réalité qui remonte à la chute de l'Empire romain, lorsque les Gallo-Romains ont été repoussés par les peuples germaniques. La différence linguistique entre le Nord, qui a adopté la langue des envahisseurs, et le Sud, qui a continué à employer le latin, date de cette époque. La réalité, très simple, est que la Belgique est une construction infiniment plus récente que la frontière linguistique".
La Belgique, en effet, a été créée en 1830 sous influence française.
Cet État belge s'affaiblit à mesure que ses régions et ses communautés assurent leurs pouvoirs. Yves Leterme: "Nous sommes passés d'un État unitaire à un État fédéral, et chaque entité fédérée conquiert, au fil des ans, toujours plus de pouvoirs. C'est ce que j'appelle le "fédéralisme centrifuge". Il faut aussi bien voir que cette autonomie grandissante de la Flandre est tout à fait conforme à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui estime qu'un peuple a droit à un territoire incontesté, ce qui est valable pour les Flamands et les Wallons. (...) Les différences s'amoncellent, le fossé se creuse. Que reste-t-il en commun? Le Roi, l'équipe de foot, certaines bières..."
Yves Leterme, ministre-président de la Flandre, ne s'angoisse pas du tout de la disparition éventuelle de la Belgique:
"La Belgique n'est pas une valeur en soi, ce sont des institutions au service d'une population. Si les institutions n'évoluent pas pour s'adapter aux désirs des citoyens, ce pays n'a pas d'avenir. Je veux être clair: mon parti n participera pas à un gouvernement, après les élections de 2007, s'il n'y a pas de nouveaux transferts de compétences vers les régions. La nécessité d'avoir un gouvernement fédéral passe au second plan par rapport aux intérêts de la Flandre. Vous savez, des gens ont vécu ici depuis des siècles sans être Belges... La Belgique est née d'un accident de l'histoire, il ne faut pas l'oublier."
De même, on peut dire, sans crainte d'être démenti, que des gens ont vécu pendant des siècles en Savoie sans être Français...
Le ministre-président Yves Leterme envisage ensuite un statut à part pour Bruxelles, une grande ville majoritairement francophone en territoire flamand. Selon lui, Bruxelles pourrait devenir une ville européenne, échappant à la souveraineté belge pour être gérée par les Bruxellois et par l'Union européenne.
Mais le chef du gouvernement flamand conclut avec une grande prudence sur l'option d'une indépendance de la Flandre:
"Cela changerait très peu de chose, c'est vrai. Mais je ne suis pas séparatiste par principe: je ne vois pas la valeur ajoutée à court terme d'une Flandre indépendante, même si elle pourrait parfaitement se débrouiller seule. Il y a certaines choses que l'on peut encore faire en commun, comme par exemple la solidarité interpersonnelle pour les retraites et les malades. Et puis, vous savez, pour divorcer il faut être deux."
 
 
 
 
 
 
 
Ceux qui s'endettent et ceux qui remboursent.
En France, la gauche et la droite, qui ont alternativement exercé le pouvoir central depuis 1981, n'ont cessé d'accroître l'endettement du pays, qui a dépassé 65% du PIB, à moins que ce ne soit le double si on y incorpore les engagements pris par l'État pour les retraites des fonctionnaires et les emprunts des entreprises publiques. En Italie et au Japon, la dette publique dépasse les 100% du PIB.
Mais cette année, plusieurs États ont remboursé par anticipation l'essentiel de leur dette extérieure. Il s'agit de la Russie, du Brésil, de l'Argentine, du Mexique et de l'Indonésie.
La Russie se distingue par le fait que, depuis le remboursement record de 22,3 milliards de dollars décidé en juin dernier, elle n'a presque plus aucune dette à l'égard des pays développés.
C'est évidemment l'envolée des cours du pétrole qui permet à ces États de rembourser leur dette par anticipation. Mais c'est aussi la détermination politique qui donne la priorité au désendettement, qui garantit la possibilité d'emprunter ultérieurement des capitaux à des conditions avantageuses pour réaliser des investissements.
Les remboursements anticipés sont tellement massifs que le FMI (Fonds Monétaire International) doit envisager des mesures d'austérité, car il se finance principalement par les intérêts versés par les États emprunteurs...
Ces faits ne signalent évidemment pas que l'on vit plus à l'aise dans les pays qui remboursent que dans les pays qui s'endettent. Les populations ne sont guère concernées par les opérations des grands argentiers. Mais il est certain que les États capables de rembourser leur dette extérieure par anticipation sont désormais mieux armés pour financer leur développement, alors que les États qui continuent à s'endetter sont de plus en plus incapables d'investir.
 
 
 
 
 
 
 
 
Choix de fin de vie à l'hôpital de Genève.
Euthanasie? Suicide médicalement assisté? La bataille des mots tourne à la confusion. Un chien dangereux ou malade n'est plus "piqué", comme disaient prosaïquement les anciens, mais "euthanasié"! Pour les personnes qui souhaitent mettre un terme à leurs souffrances incurables, la presse suisse évoque sans complexe "l'assistance au suicide", alors que l'image du suicide garde pour nous un relief fortement violent et tragique. Laissons donc de côté ces mots problématiques, pour rendre compte des faits.
En Suisse il était déjà permis, depuis plusieurs années, d'obtenir à domicile une assistance médicale pour mourir dignement, en cas de maladie incurable et trop difficile à supporter. Cette pratique restait interdite à l'hôpital, alors que de nombreux malades en fin de vie sont dans un état qui ne permet pas de les ramener chez eux pour mourir.
L'hôpital universitaire de Genève vient d'adopter le même règlement que celui de Lausanne. Faisant droit à une pétition de l'association EXIT, revêtue de plus de 10 000 signatures, le conseil d'administration des HUG a donné son accord pour que des médecins de cette association viennent assister, à l'hôpital, les personnes qui veulent en finir avec la vie. Évidemment cette possibilité est encadrée par des conditions et des procédures très rigoureuses. L'association EXIT préfère toujours agir au domicile des malades, mais la récente décision des HUG répond à des cas exceptionnels.
 
 
 
 
 
 
 
 
Les notaires de Savoie ne font plus Chambre à part.
Depuis le 14 mars 2006, les notaires de toute la Savoie sont organisés dans une Chambre interdépartementale. Comme d'autres professionnels, ils ont estimé logique et avantageux de se regrouper en ignorant la division en deux départements. La Savoie devient ainsi l'espace naturel de nombreuses activités économiques. Nous avons posé quelques questions à Me. Jean-Yves Camoz, notaire à Chambéry, qui préside la nouvelle Chambre interdépartementale. Me. Camoz préside également le CFPN (Centre de Formation Professionnelle Notariale) de Lyon, où il dispense régulièrement des cours.
 
Quelles sont les fonctions principales de la nouvelle Chambre interdépartementale des notaires? À quoi servent vos locaux de Pringy?
— La fonction principale est celle de la formation, préoccupation constante du Notariat puisqu'il existe une obligation légale de mise à jour régulière des connaissances, tant pour les notaires que pour leurs collaborateurs. En Savoie, nous sommes 185 notaires et près de 1200 collaborateurs à qui il faut donner une formation régulière.
La Chambre des notaires est aussi un ordre professionnel qui a pour mission de veiller au respect des règles déontologiques, à celui des intérêts des clients et à une qualité de service. Sur demande des Parquets, elle émet un avis sur la moralité et la valeur professionnelle des accédants à la profession.
Depuis de nombreuses années la formation était assurée à Pringy, en raison de la capacité d'accueil des locaux de la Chambre départementale de la Haute-Savoie. Les habitudes des notaires et collaborateurs de Savoie du sud ne seront donc pas changées, puisqu'ils se rendaient déjà depuis longtemps à Pringy.
Ces locaux sont très bien adaptés: nous disposons de 650 mètres carrés (et bientôt 1100 mètres carrés) à proximité de l'échangeur autoroutier d'Annecy-nord. La salle de conférence peut accueillir 250 personnes, et diverses salles de réunion permettent à nos commissions de travailler dans des conditions optimales.
 
Quelle était votre organisation antérieure? Pourquoi ce regroupement?
— Il y avait trois organismes: une Chambre de Savoie, une de Haute-Savoie, et une Chambre régionale regroupant les notaires dans le ressort de la Cour d'appel de Chambéry, c'est-à-dire les deux départements. Donc trois conseils d'administration, impliquant plus d'une soixantaine de notaires au total. Notre regroupement en une seule Chambre est donc une simplification et un allègement des fonctions électives.
L'idée de cette "fusion" a germé il y a une quinzaine d'années et a prospéré, notamment grâce à l'utilisation des locaux de Pringy pour la formation: les notaires et collaborateurs des deux départements se sont rencontrés régulièrement et ont appris à se connaître.
Le principe du regroupement était déjà majoritairement approuvé en 1999, mais nous avions décidé de ne le mettre en oeuvre que si au moins 65% des notaires étaient d'accord, et ce n'était pas le cas. En 2005, le regroupement a été approuvé très largement (à plus de 80%) et nous avons pu obtenir le décret du ministre de la Justice, daté du 14 mars 2006, instituant la "Chambre interdépartementale des notaires de la Savoie et de la Haute-Savoie".
 
Quels services offre la Chambre des notaires aux particuliers, aux entreprises?
— Notre Chambre est principalement une organisation interne, pour les notaires, leurs collaborateurs. Mais la nouvelle organisation permet des actions plus ambitieuses en direction du grand public.
Nous organisons les journées de consultation gratuite (journées "Maillot", d'après le nom de la salle de Congrès de la Porte Maillot à Paris), la prochaine devrait avoir lieu le 18 novembre. Nous avons organisé à Annecy-le-Vieux, le 16 septembre, l'opération "études éphémères" pour renseigner les étudiants et le grand public sur le fonctionnement de notre métier.
Nous nous investissons beaucoup pour faire face au renouvellement de la profession: en France, 2800 notaires (sur 8200) prendront leur retraite d'ici 2010, et 11000 collaborateurs (sur 48000). Nous sommes partenaires d'une "Opération Jeunes" décidée au niveau national, pour attirer des étudiants vers nos professions, non seulement afin d'assurer le remplacement des départs en retraite, mais aussi pour augmenter le nombre des notaires en activité. Les notaires de Savoie se sont engagés à intégrer 60 nouveaux membres dans les cinq années à venir.
En principe, les services de la Chambre des notaires ne sont pas destinés au grand public, sauf lorsque survient un litige entre un client et son notaire, car dans ce cas nous faisons notre enquête. Mais il est toujours possible d'obtenir des renseignements en nos bureaux de Pringy ou sur internet.
photo 18-01: Me. Jean-Yves Camoz.
Chambre interdépartementale des notaires de la Savoie et de la Haute-Savoie.
Proméry
74370 PRINGY.
tel. 04 50 27 24 56
www.notaires-des-savoie.com
 
 
 
 
 
 
 
 
C'est vous qui le dites...
Rectificatif.
Sur Le Savoisien d'août-septembre, on a pu lire un très intéressant développement de Patrice Abeille sur la Maison de Savoie et les péripéties de l'unité italienne. Toutefois je voudrais signaler une erreur d'attribution. La phrase "L'Italie est faite, mais maintenant il faut faire des Italiens" n'a pas été énoncée par Cavour mais par son adversaire politique, Massimo d'Azeglio. Celui-ci, pressentant la difficulté d'un "melting-pot" italique (en effet près d'un siècle et demi plus tard cela est loin d'être réalisé) était opposé à une expansion vers le Sud.
Massimo d'Azeglio était également l'un de ceux qui penchaient pour la thèse que l'héritier de Charles-Albert avait péri dans son berceau à la suite d'un incendie dans sa chambre, et avait été remplacé par le fils d'un boucher. Le commérage ne précise pas si c'est avec l'assentiment ou à l'insu de Charles-Albert. Les défenseurs de la légitimité de Victor-Emmanuel II affirment que l'incendie a bien eu lieu, mais que le bébé a été sauvé par sa "nounou", qui avait d'ailleurs subi des brûlures et le bébé aussi. Il paraît que le Roi avait des traces de brûlures sur un bras!
Comme Jean de Pingon le propose, la vérité pourrait finalement émerger des analyses d'ADN, s'il y avait vraiment, de la part des descendants, la volonté de résoudre l'énigme une fois pour toutes...
Tersillo, Turin (Piémont)
 
 
 
 
 
 
 
 
Message aux jeunes qui se sentent français.
 
À vous, jeunes amis qui n'avez pas d'ancêtres en Savoie, dans ces montagnes et ces vallées qui connurent l'arrivée des Allobroges, des Romains, des Burgondes, la christianisation, les incursions sarrasines, les comtes puis les ducs de Savoie...
À vous, jeunes amis dont les origines sont plus ou moins éloignées des nôtres et dont la vie s'est un jour dirigée vers notre belle Savoie: n'oubliez pas de vous instruire sur l'histoire de votre nouveau pays. C'est une histoire particulière, originale et belle. Avec nous les Savoyards, vous serez fiers de ce pays où vos enfants vont grandir, et ils sauront bientôt que là est leur patrie.
À vous dont les parents ou grands-parents sont venus du Piémont exercer ce métier de constructeurs où ils excellent, ou ont dû fuir leur Italie, chassés par le totalitarisme: depuis ces années vous vous sentez français, comme nous-mêmes quand nous ne connaissions pas l'histoire de notre vraie patrie.
À vous aussi dont la famille vient d'au-delà des mers, abandonnant la terre natale et prête à bien des sacrifices au nom de l'espoir d'une vie meilleure...
À vous tous qui aimez la justice, l'indépendance, le travail dans le calme et la prospérité: sentez au fond de votre cœur que vous êtes devenus savoisiens. Montrez-le en nous rejoignant dans notre action juste pour notre juste cause.
Avec nous soyez fiers de ce pays de Savoie!
Agissez avec nous pour que cette Savoie prospère soit un État indépendant au même titre que les autres États européens: ensemble nous serons un peuple sensé, sage, qui saura choisir des représentants intelligents et honnêtes.
Rejoignez la Ligue savoisienne, unissez votre action à la nôtre: nous vous attendons.
Germaine Rosaz, Tresserve (Savoie Ducale).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Deux nouveaux collèges en Savoie du nord.
 
"Face à la montée des violences scolaires, qui affectent aussi la Haute-Savoie, il importe d'avoir de beaux collèges et de les garder propres", déclarait le président Ernest Nycollin à Margencel (Chablais) le 1er septembre. Le Conseil Général avait organisé deux "points de presse" sur les chantiers en voie d'achèvement de deux nouveaux collèges: Saint-Pierre en Faucigny et Margencel.
Depuis quelques années le nombre de collégiens est stable en Haute-Savoie. Mais les deux nouveaux collèges permettent, dès cette rentrée 2006, de soulager des établissements surchargés d'élèves: Douvaine et Évian en Chablais, La Roche et Marignier en Faucigny. Le Conseil Général organise lui-même, depuis cette année, la "carte scolaire" des collèges (que Sarko et Ségo voudraient supprimer) qui échappe ainsi des mains de l'Éducation Nationale. Le Conseil Général n'a enregistré aucune réclamation à ce sujet.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
TOS départementalisés sans douleur.
 
Autre transfert en douceur: les TOS (personnels techniciens, ouvriers et de service) des collèges font maintenant partie du personnel départemental. 468 postes (emplois) ont été transférés par l'État au Département, qui a immédiatement créé 38 postes supplémentaires (+8%): 17 pour le fonctionnement des deux nouveaux collèges, 15 pour renforcer les équipes de collèges existants, et une équipe mobile de cuisine pour assurer les remplacements et le soutien des équipes fixes. Ces postes ont été pourvus par l'embauche de personnes en situation précaire (emplois contractuels à temps partiel, chômage).
La réussite de ce transfert des TOS laisse songeur: il y a deux ans, les syndicats et la gauche vociféraient contre cette "régression sociale"...
Le Conseil Général se vante même d'avoir assumé ses tâches nouvelles (carte scolaire, intégration et gestion des TOS, construction de deux collèges) sans augmentation de son personnel administratif: si c'est vrai, c'est peut-être une spécificité savoyarde...
 
 
 
 
 
 
 
 
Margencel, pôle de formation.
 
Jean-Pierre Rambicur, maire (Ligue savoisienne) de Margencel, est très heureux de l'ouverture de ce collège, sur un terrain voisin du Centre de Formation d'Apprentis. L'offre nouvelle de formation s'ajoute aux 5 classes élémentaires et 2 classes de maternelle de cette commune de 1800 habitants.
L'inauguration aura lieu plus tard, après l'achèvement du gymnase qui appartient à la Communauté de communes du Bas Chablais.
Le coût de construction du collège s'élève à 14 millions d'euros avec le mobilier et les équipements.
Tout était prêt, ce 1er septembre, pour accueillir les collégiens et les collégiennes. Il ne manquait qu'une infirmière, que l'Inspecteur d'académie s'avoua incapable de recruter...
 
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Le collège de Margencel.
 
 
"L'autorité vient d'en haut, la confiance vient d'en bas" (Sieyès)
La relation entre autorité et confiance est le ressort même de l'action politique. La confiance exige la fidélité à la parole donnée, la continuité dans les orientations et la conformité entre paroles et actes. Elle se perd lorsque les citoyens ne voient pas leurs problèmes suffisamment compris et pris en charge. Enfin, pour restaurer la confiance, les hommes politiques devraient donner le sentiment qu'il n'y a pas de coupure entre la réalité qu'ils vivent eux-mêmes et celle de leurs concitoyens.
Pierre Rosanvallon, sociologue.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pesticides: un nouveau plan très médiatique.
 
Le gouvernement Villepin continue à avoir de l’audace pour fixer des objectifs ambitieux et faire des annonces fracassantes… qui n’ont aucune chance d’être suivies d’effets autres que médiatiques. Faire des titres dans les journaux: voilà le but recherché!
Depuis des années la France tient la place peu enviable de troisième consommateur de pesticides au monde, des produits chimiques destinés à améliorer le rendement des cultures, qui sont utilisés principalement par les grandes exploitations agricoles. Ils sont malheureusement nocifs: ils représentent 50% des risques en santé-environnement (la santé des agriculteurs en premier) et sont très persistants. La conséquence de leur utilisation massive depuis des années c’est qu’il y en a partout: dans les aliments, le sol, l’air et l’eau. Rappelons les chiffres officiels: 80% (quatre-vingts pour cent!) des eaux de surface sont contaminées et 57% (seulement!) des eaux souterraines, qui nous fournissent l’eau de boisson.
Mais que fait le gouvernement? Un nouveau plan interministériel présenté le 28 juin par les ministres de l’agriculture et de l’écologie pour réduire de moitié d’ici à 2009 (en seulement trois ans?) la vente des substances les plus dangereuses. C’est la preuve pour le directeur de l’eau au ministère de l’écologie que les pouvoirs publics "cessent de se voiler la face" bien qu’il déplore d’avance que le prochain bilan montrera une nouvelle détérioration. À part quelques petites mesures bienvenues (renforcement des contrôles de résidus, réforme de la procédure d’autorisation des nouveaux pesticides, etc.) une taxe devrait être votée avec la future loi sur l’eau… mais son examen a été une nouvelle fois reporté.
Pour l’essentiel ce "nouveau" plan Pesticides ne fait que prolonger les mesures en vigueur qui ont déjà montré qu’elles étaient inefficaces. Pire, il laisse tout le pouvoir de décision au ministère de l’agriculture, toujours plus soucieux de défendre les intérêts du lobby agricole que de protéger l’environnement! Il n’est absolument pas question d’un partage de la tutelle des pesticides avec les ministères de la santé et de l’écologie… À votre santé!
Pierre Ottin Pecchio.
 
 
 
 
 
 
 
Libérer sa voie? Libérer la Savoie? Libérer Sa Voie!
 
Commencer par se libérer soi-même pour pouvoir libérer son pays, c’est le sens du message que nous adresse Michel Fontaine dans son ouvrage Libérer Sa Voie (à paraître) dont Le Savoisien publie de larges extraits.
Michel Fontaine, né en 1947, Docteur en Médecine, vit à Chamonix où il exerce la médecine générale depuis une vingtaine d’années après avoir consacré plus de dix ans à la recherche médicale en immunologie.
C’est de sa réflexion de chercheur, de praticien au contact des malades et de Savoisien passionné de montagne qu’il tire le message fort qu’il nous adresse aujourd’hui.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le déficit de la sécurité sociale: une manipulation pour rançonner les Français, les asservir et nationaliser la médecine...
 
À travers les médias inféodés au système, le citoyen français n’entend qu’un seul son de cloche en ce qui concerne le déficit de la Sécurité Sociale, qui lui est présenté comme dépendant uniquement de sa surconsommation médicale et de la sur-prescription de certains médecins, alors que le coût de la médecine de ville ne représente qu’une part infime de son budget global. Pourquoi ce mensonge et cette manipulation? Tout d’abord, rappelons que ceux qui gèrent ce système sont les as de "l’ouverture de parapluie", de comment masquer leur propre incompétence ou impuissance en en attribuant la responsabilité à une victime qui ne pourra pas se défendre, de comment se défausser des faux problèmes qu’ils créent et des vrais problèmes qu’ils sont incapables de résoudre ou qu’ils ne veulent pas résoudre. De plus ce déficit orchestré et manipulé comme il convient avec les résonances médiatiques adéquates est un outil majeur de la mainmise idéologique totale sur le pays par ceux qui tirent les ficelles.
En accusant, en rançonnant, en contrôlant, en fonctionnarisant les médecins, cela leur permet de mettre doucement en place la nationalisation de la médecine et la disparition de ce dernier bastion du libéralisme. Ils savent très bien que la médecine fonctionnarisée n’a jamais marché dans les pays où elle avait été instaurée, mais ils sont tellement bornés et incapables de tirer les leçons du passé qu’ils s’entêtent quand même. Ils se contre-fichent de ce que cela va encore coûter à la France et aux Français que d’avoir à supporter une énième fois la démonstration de leur incompétence.
Le système veut bien entendre parler de mesures d’économies de santé mais seulement des siennes, de celles qui servent sa politique et son idéologie et il bannit toutes les autres même si cela se fait au détriment de la santé publique et des finances de la nation. Cela veut dire que les Français sont les otages du système de protection sociale. Ils sont ses choses. Ils sont là pour le justifier au détriment de leur vie, de leur personne et de leur portefeuille. Les Français ne sont plus propriétaires de leur système de protection sociale, mais lui est propriétaire d’eux! Il détermine même leurs droits et leur façon de vivre, de se soigner et de mourir; il met hors la loi ceux qui veulent déroger à cet emprisonnement.
Qu’on ne vienne pas dans ces conditions nous rebattre les oreilles avec le déficit de la sécurité sociale et l’attribution de sa responsabilité à l’excès des dépenses de santé des Français, à l’inconséquence de rares médecins trop gros prescripteurs: ce déficit est le fait de la sécurité sociale elle-même qui ne fait pas son travail, qui utilise le pouvoir et le savoir qui sont dans ses mains à ses propres fins et ce contre l’intérêt des Français et de la France. De plus elle est mauvaise gestionnaire de l’argent des Français: la gestion catastrophique de la Sécurité Sociale s’est tellement banalisée qu’on n’y pense plus.
Docteur Michel Fontaine.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La trace.
 
 
Pauvre montagnard, qui laissas ta belle,
Chassé par la rude et noire misère,
Tu traversas campagnes, vallons et plaines!
Par tous les temps, tu colportes ta peine.
Égayant les villages, tu apportes la joie aux filles.
Tel un prestidigitateur, tu étales tes marchandises,
Et tu repars vers d'autres horizons,
Avec ton grand et grossier bâton.
Les Alpes sont à toi, c'est ta maison.
Savoyards, Valdôtains, Valaisans,
Colporteurs, sus à vos grands bâtons
Pour poursuivre le grand voyage
Qui dure plusieurs et longues années
Pour en fin de courses, à la chaumière,
Apporter en solde un bien-être mérité
Et entendre le premier cri de ton bébé.
Mais lorsque tu cheminais de par le monde,
Brave colporteur, ignorant le canon qui gronde,
Vers Milan, tu entendis parler de grandes batailles
Pour une soi-disant unité: combien de maux
Qu'offrit ce grand carnage, Magenta, Solferino?
Et quand tu revins, pour rentrer dans ta Petite Patrie,
Toujours par le même chemin, par nos Alpes
Du Val d'Aoste, fidèle, tu suivais la même TRACE.
Mais à l'entrée de la Savoie tu fus tout étonné
Qu'entre temps, hélas, on avait fait un TRACÉ
Que l'on nomma Frontière: nous voici divisés
Et étrangers au nom de l'italique UNITÉ.
Mais les clochers et les châteaux du Val d'Aoste
Comme autrefois regardent la sœur Savoie,
Et d'elle nous viennent les souffles neigeux
Qui nous rappellent que nous vécûmes huit cents ans avec eux
Et qu'en dépit des frontières,
Valdôtains et Savoyards sont frères.
Guy de Saint-Pierre.
 
En hommage à Bernard Favre pour son film La Trace.
 
 
 
 
 
 
 
 
Souvenir à Méribel
 
 
Le beau temps était de la partie pour cette commémoration de la bataille de Méribel (près de Sallanches), en Faucigny, qui opposa le duché de Savoie à l'armée révolutionnaire française en septembre 1793.
Les Savoisiens furent heureux de se retrouver dans ce petit village le samedi 16 septembre, autour de la plaque commémorative.
Merci à tout ceux qui étaient présents.
Le Chancelier du Faucigny, Gilles Rosset.
 
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Bloc-notes.
 
 
Vendredi 6 octobre 2006 à 20h
Réunion des adhérents de la Ligue savoisienne du Chablais
à Yvoire, salle du Musée
Place du Thay, devant l'église.
Attention: les voitures sont interdites dans le village.
Parking à proximité.
 
Samedi 4 novembre 2006 de 9h à 19h
et dimanche 5 novembre de 9h à 13h
à Saint-Gervais (Faucigny).
11e Congrès de la Ligue savoisienne.
 
 
 
 
 
 
 
 
La Haute Maurienne,
 
d'après Henry Bordeaux, écrivain savoyard (1870-1963).
C'est une maison bâtie comme on bâtissait autrefois, en pierres de taille juxtaposées presque sans ciment. Bien que vieille (la date, 1630, est inscrite sur l'arc de granit au-dessus de la porte de la cour) elle fait la nique au temps. Une galerie de bois entoure le premier étage qui est presque enfoui sous le toit bas, comme un visage à demi caché par un chapeau trop enfoncé. Et ce toit penché, recouvert d'épaisses lames d'ardoise non taillée qu'on prendrait pour des blocs de pierre, achève de donner au bâtiment un aspect trapu, tassé, comparable à la carapace de ces tortues qui rentrent la tête et les pattes pour se mettre à l'abri.
Il y a un banc contre le mur. La cour est vide. Chacun peut entrer: la clé est sur la porte. On descend un peu, la valeur de deux marches, mais il n'y a pas d'escalier, par un large couloir de terre qui ouvre à gauche sur le bûcher, encore garni de bois, et ben garni en prévision d'un hiver rigoureux, à droite sur la cuisine où reluit dans l'ombre le cuivre des bassines et des coquemars, pour aboutir, au fond, à une immense pièce pavée, éclairée de deux fenêtres munies de volets pleins. Le pourtour, sur deux côtés, est occupé par les stalles réservées aux vaches et au mulet, avec une rigole pour les eaux. Le reste fait salle à manger et chambre à coucher. La salle à manger est représentée par une grande table de bois massif, fixée au mur, ainsi que des tablettes superposées pour la vaisselle et les ustensiles. Quant à la chambre à coucher, elle se compose, comme en Bretagne, de ces lits-armoires à deux étages, fermés par un rideau et occupant toute une paroi.
Comment trouve-t-on encore au vingtième siècle des maisons où bêtes et gens cohabitent? Mon Dieu! Oui, comme dans l'étable où Jésus est né. L'immeuble que j'ai dépeint est à Bessans, en Savoie. Bessans est un village de cent cinquante à deux cents feux, dans la Haute Maurienne, à plus de dix-sept cents mètres d'altitude. Les hivers y sont terribles et n'en finissent plus. La neige y tombe, épaisse, au point d'obstruer les portes et souvent les fenêtres. On voit, aux abords des chemins, des croix assez nombreuses qui signalent les morts sous les avalanches. Ainsi la chaleur d'une écurie n'est-elle pas méprisable en hiver.
(Extrait de La maison morte, écrit en 1922)
 
 
 
 
 
 
 
 
Cette vilaine Sasson!
 
 
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Chambéry la capitale historique de la Savoie, ne manque pas de beaux édifices ni de monuments. L'un des moins appréciés, depuis son installation en 1892, est la statue qui commémore l'annexion de la Savoie par la première république française en 1792. Cette femme à la silhouette lourde, étreignant de ses bras énormes un drapeau supposé français, fut et reste surnommée la Sasson (grosse femme sans grâce) par les Chambériens. Plantée en plein centre de la ville, à l'intersection du Boulevard du Musée et de la rue Saint-Antoine, elle est heureusement cachée par les platanes qui ont poussé autour et au-dessus, mais elle est toujours là.
Le sculpteur toulousain Falguière a réussi à donner au bronze la maladroite pesanteur du béton. Sa médiocre création était censée représenter Jeanne d'Arc et fut offerte aux Lorrains, qui la refusèrent. Elle fut donc expédiée en Savoie, et installée à Chambéry, inaugurée le 4 septembre 1892.
Voici ce que le régionaliste Paul Reboton écrivait en 1982:
"Lors de l'inauguration, monsieur Pierre de Montgex, maire de Planaise, protestait déjà très justement en déclarant: "L'annexion de 1792 a été imposée et n'a pas été consentie par le peuple savoyard tout entier". (...) Pour nous ce monument commémore surtout le début d'une période tragique pour les Savoyards: de 1792 à 1815, 56 000 d'entre eux, enrôlés de force, tombèrent pour les républicains et les impériaux français, dans la résistance, la déportation et pour la "gloire" du dictateur Napoléon. Ne serait-ce pas plutôt un monument aux morts?"
La Sasson fut enlevée par les Allemands en 1942 pour être fondue, mais on la retrouva en Allemagne après la guerre, sans sa tête, et elle revint en Savoie. Une souscription est lancée pour refaire la tête, mais elle n'aboutit pas et la lourde statue reste dans un entrepôt municipal jusqu'en 1982. Cette année-là, la ville de Chambéry (dont le maire est alors le socialiste Francis Ampe) trouve 200 000 francs pour compléter la statue et la réinstaller. Aujourd'hui il manque quelques lettres à l'inscription du socle, la Sasson se cache sous la verdure, mais elle est toujours là.
En 1982, les régionalistes manifestaient leur mauvaise humeur mais ne songeaient pas à s'opposer à la remise en place du vilain monument. Si la Ligue savoisienne avait existé, les choses auraient tourné autrement...
Paul Reboton terminait ainsi son article:
"Notons cependant au passage que les deux filles de Savoie qui symbolisent à Genève, sur un monument, l'entrée de la République de Genève dans la Confédération Helvétique, ont autrement de grâce naturelle et meilleure allure que cette encombrante créature".
À nos lecteurs de comparer. Le monument genevois se trouve sur la rive gauche, dans le Jardin Anglais, à proximité du pont du Mont-Blanc, derrière l'horloge fleurie. Son style, datant de 1869, est pompeux et officiel. Deux "filles de Savoie" furent peut-être les modèles du sculpteur, mais ces figures personnifient Genève et la Suisse: la première porte les armoiries de la ville (la clé de Saint-Pierre et l'aigle), la deuxième un écu sur lequel on peut lire "UN POUR TOUS, TOUS POUR UN". Le travail de sculpture est incontestablement plus élaboré que celui de Falguière. Pour la grâce et l'allure de ces femmes, chacun (et chacune) appréciera...
 
 
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La Suisse pose son bras protecteur sur Genève, qui s'accroche à sa taille.
 
L'article de Paul Reboton a été republié en juillet 2006 dans Présence Savoisienne (n°123-124), la revue du Cercle de l'Annonciade.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Citation.
 
"Le développement durable est souvent considéré comme théorique et doit aujourd’hui s’incarner dans la vie quotidienne des Français".
De la part d’un spécialiste des idées creuses et des promesses non tenues, cette déclaration solennelle serait risible (une de plus!) mais elle a été faite le 28 novembre 2002 par le Président de la République Française, Jacques Chirac, ce qui oblige les Français à la prendre au sérieux. Pas les Savoisiens!
Jean Aymard
 
 
 
 
 
 
 
 
Zakopane, ville montagnarde polonaise.
 
Zakopane se trouve au sud de la Pologne, au pied des Tatras. Les Tatras sont le plus haut massif des Carpates, avec des à-pic vertigineux et des versants rocheux escarpés finissant dans des lacs glaciaires. Avec ses dizaines de villages peuplés de górale (montagnards), c’est une région où les traditions populaires font encore partie intégrante de la vie quotidienne.
Si vous comptez un jour faire un séjour touristique en Pologne, un bon conseil, faites un détour par Zakopane. Eté comme hiver, cette station de montagne, la plus célèbre de Pologne, vous recevra, comme deux millions de touristes! Et dans ses rues, vous pourrez croiser quelques górale qui portent fièrement leur costume traditionnel et qui vous proposeront une promenade en cariole.
La ville a été bâtie au 17e siècle, mais c’est au 19e que Stanislaw Witkiewicz (1851-1915) créa le style architectural dit de Zakopane et qui s’est imposé de façon remarquable dans la ville et aux alentours. La villa Koliba, première réalisation de Witkiewicz dans le style de Zakopane en 1892, est encore visible rue Koscieliska et abrite un musée. La villa Atma, rue Kasprusie, abrite le musée de Szymanowski, compositeur natif, et propose des récitals en été.
Allez aussi voir le vieux cimetière. De surprenantes et remarquables stèles en bois attirent de nombreux visiteurs, ainsi que la petite chapelle d’à côté.
Passez aussi au musée du parc national des Tatras (muzeum TPN), qui abrite des expositions temporaires. Par exemple, cet été 2006, on pouvait voir une exposition internationale de photos d’une qualité exceptionnelle avec un ensemble de clichés tous plus extraordinaires les uns que les autres.
Ne manquez pas de flâner entre les innombrables échoppes du marché d’artisanat. Il serait surprenant que vous ne trouviez pas un objet parmi toutes les créations proposées.
Les amateurs de promenade et de randonnées trouveront également leur compte. Des dizaines de sentiers de tout niveau pourront les accueillir. Si vous avez la forme et le cœur bien accroché, nous vous conseillons une des expéditions parmi les plus difficiles, l’escalade du mont Rysy, point culminant de la Pologne à 2499 mètres et situé à la frontière slovaquo-polonaise. Nul besoin d’emporter du matériel d’escalade, mais pensez aux denrées ou aux vêtements nécessaires à toute expédition en montagne. Après plus de 3 heures d’ascension difficile, vous contemplerez plus de 100 pics et une dizaine de lacs. Et si vous vous penchez du côté slovaque, accrochez-vous bien!
Enfin, si vous allez à Zakopane pendant la deuxième moitié d’août, assistez sans faute au festival international de musiques et danses traditionnelles qui donne des représentations chaque jour pendant au moins une semaine. Vous verrez des groupes bluffants de nombreux pays.
Il y a bien d’autres choses à voir, mais nous ne saurions être exhaustifs. L’hébergement ne pose aucun problème, car même en arrivant à l’improviste et en imaginant que tous les hôtels et pensions de la ville soient complets, ce qui est fortement improbable, vous trouverez sûrement à vous loger chez l’habitant tant sont nombreuses sur le bord de la route les personnes tenant à la main un petit panneau "wolne pokoje" (chambre libre): à visiter quand même avant de donner son accord!
Zakopane est une destination à conseiller pour plusieurs raisons: le coût de la vie (le plus souvent inférieur à celui que nous connaissons, parfois égal), l’accueil, la tranquillité (les polonais sont un peuple calme), l’authenticité (vous ne vous sentirez absolument pas cernés par les hordes anglo-saxonnes comme dans certains autres pays), la cuisine polonaise, les montagnes, la nature et j’en passe... Alors, à bientôt en Pologne?
Gérald Wojtal-Aillaud.
 
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       Vers le Mont Rysy                                                   Vieux cimetière de Zakopane
 
 
 
 
 
 
 
En Tchétchénie vers 1810.
 
L'éditeur Marc Mogenet vient de rééditer une nouvelle oubliée de l'écrivain savoisien Xavier de Maistre, frère de Joseph: Les prisonniers du Caucase.
Ce récit, inspiré de faits réels, conte l'aventure tragique de l'officier russe Kascambo et de son aide de camp Ivan Smirnoff, capturés par des Tchétchènes. En 40 pages d'un style vivant et sobre, l'auteur nous plonge dans la vie quotidienne de ce peuple redoutable que les Russes, déjà il y a deux siècles, n'arrivaient pas à dominer. Il nous tient en haleine jusqu'au dénouement dramatique du calvaire enduré par ses personnages.
La préface de Rémi Mogenet donne quelques indications sur le chambérien Xavier de Maistre, qui passa l'essentiel de sa vie en Russie (officier du tsar, peintre et époux d'une princesse), et nous explique que la nouvelle Les prisonniers du Caucase eut un grand succès et joua un rôle essentiel dans la naissance du roman russe.
La réédition, avec son prix modique, devrait à son tour être appréciée des lecteurs de Savoie.
Xavier de Maistre, Les prisonniers du Caucase, éditions Le Tour, ISBN 2-9519581-7-X, 5 euros. En vente à la Librairie du Savoisien.
 
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La Ligue savoisienne accueille de nouveaux membres.
 
La Ligue savoisienne, mouvement politique fondé en 1995, rassemble les femmes et les hommes, quelle que soit leur origine, qui souhaitent l'émancipation de la Savoie. Son but ultime est la souveraineté du peuple savoisien. Ce n'est évidemment pas un programme monarchiste, car souveraineté veut dire liberté, et non couronne: voir vos dictionnaires...
La Ligue savoisienne est pacifique et légaliste.
La Ligue savoisienne est gradualiste: elle ne veut rien imposer aux Savoyards et autres habitants de la Savoie; elle appuie tous les progrès, même minimes, vers l'émancipation, l'autonomie, la liberté du peuple de déterminer son avenir.
La Savoie, c'est 1 million d'habitants sur 10 000 kilomètres carrés, c'est bien plus que Malte et le Luxembourg: la Savoie a la "taille européenne".
Pour que la Savoie s'émancipe, et se dote d'institutions et de lois adaptées à sa dimension, il lui suffit d'un appui majoritaire de ses habitants. C'est pourquoi la Ligue savoisienne a besoin de l'adhésion d'un grand nombre de personnes.
Si vous voulez faire quelque chose pour la Savoie, la Ligue savoisienne vous appelle à la rejoindre.
Pour adhérer à la Ligue savoisienne, demandez un bulletin d'adhésion au secrétariat:
 
Ligue savoisienne
2 avenue de la Mavéria
74940 Annecy le Vieux
tél. 04 50 09 87 13
fax 04 50 09 95 80
mail: lscontact@free.fr
(ls comme ligue savoisienne)